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13.05.2018 à 20 H 30 • Mis à jour le 13.05.2018 à 20 H 30
Par
Société civile

Le Mouvement Damir appelle les politiques à un sursaut démocratique

Un garde du mausolée Hassan II de Rabat (photographie d’illustration)
L’association « civile de réflexion et d’action » fondée en 2013 appelle dans un communiqué à « un débat national » susceptible de sortir le pays « face aux menaces qui se présentent ». Damir appelle le gouvernement à engager des investigations sur « les raisons de la colère populaire et de conduire les réformes qui s’imposent », citant entre autres, le boycott de certains produits, l’opération Saham-Sanlam et plus généralement du rapport de la politique aux affaires

« Notre pays traverse à l’heure actuelle une situation préoccupante au niveau politique, social, économique et diplomatique, dont le gouvernement, les partis de la majorité comme ceux de l’opposition ne semblent pas prendre toute la mesure », écrit le Mouvement Damir dans un communiqué daté du 10 mai dont copie est parvenue au Desk ce 13 mai au soir.


Le Mouvement Damir affirme ne pouvoir « rester impassible face aux menaces qui se présentent » et appelle ainsi à « un débat national sur ces enjeux ».


Aussi, l’association « constate à regret que les mouvements de contestations politiques et de revendications sociales d’une partie de nos concitoyens, n’ont pas été traités avec le discernement requis ».



« Si les actes de violence, qu’aucune injustice sociale ou négligence publique ne sauraient justifier, doivent être condamnés avec la plus grande fermeté, les manifestations pacifiques doivent en revanche être considérées comme parfaitement légitimes », estime le Mouvement, qui insiste pour dire que « celles-ci ne sauraient en aucun cas être entravées, et encore moins réprimées ou assimilées à des comportements de rébellion », citant dans ce contexte les procès « interminables » des jeunes du Rif et de Jerada « insupportables pour les démocrates de notre pays ».


Dans ce sens, Damir appelle le gouvernement à prendre « une initiative de sortie de crise par le haut pour toutes les parties concernées, dans un esprit de mansuétude et de réconciliation nationale ».

 

Par ailleurs, le mouvement qui regrette que « des circonstances objectives aient conduit une partie de nos concitoyens à entreprendre un appel au boycott (…) ».


« Sans être dupe de l’instrumentalisation de cette affaire par certaines entités aux agendas partisans, Le Mouvement Damir affirme avec force la primauté du libre choix des consommateurs et condamne avec la même force les propos véhéments ou injurieux proférés par des officiels à l’égard des citoyens acteurs de cette campagne de boycott », peut-on lire dans son texte, citant les propos de Mohamed Boussaid, ministre des Finances et de Saâdeddine El Otmani, chef du gouvernement ou encore « le ton intimidant et menaçant » du porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi.


Le Mouvement Damir demande au gouvernement « de mener les investigations nécessaires pour identifier les raisons de cette colère populaire et de conduire les réformes qui s’imposent en conséquence », invitant l’Exécutif à « déconstruire », « les situations de rente ou d’abus de position dominante dans l’agro-industrie, la distribution pétrolière, la banque, les télécommunications, la pêche côtière et hauturière, l’exploitation de carrières, de mines et de sources d’eau, et dans les autres filières concernées, et à garantir une meilleure protection des consommateurs, notamment en réactivant le Conseil de la concurrence et en le dotant d’un cadre juridique adéquat et des ressources humaines et financières nécessaires à son action ».


Il lui suggère aussi de « diligenter une mission d’enquête sur les conditions de proposition et d’adoption de l’exonération des droits d’enregistrement sur cession d’actions ou de parts de sociétés dans le cadre de la Loi de finances 2018 », faisant ainsi référence à l’opération controversée de cession de Saham Finances au sud-africain Sanlam, annoncée le 8 mai par Moulay Hafid Elalamy.


« Il s’agira notamment de vérifier l’existence d’éventuels délits d’initiés ou connivences entre deux ou plusieurs membres du gouvernement, comme de comprendre comment une telle mesure fiscale a-t-elle pu être approuvée en Commission des finances puis votée par les deux Chambres du Parlement sans prévoir un plafonnement de cette niche fiscale par contribuable », précise Damir.


Plus globalement, le Mouvement Damir appelle « le gouvernement à engager sans plus tarder les réformes courageuses susceptibles de mettre un terme de façon irréversible à l’économie de la rente, et de transformer le modèle de développement économique et social du Maroc au bénéfice de tous les citoyens ».


L’une des questions fondamentales que soulève ce mouvement de contestation est en fait « celle du rapport de la politique aux affaires et de l’impact néfaste de ce lien illégitime sur la construction démocratique », poursuit Damir, pointant « les risques inhérents à cette question fondamentale (…) ».