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15.08.2018 à 20 H 56 • Mis à jour le 15.08.2018 à 21 H 04
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Surveillance

Abdelhak Khiame demande un accès total au fichier Europol

Abdelhak Khiame, patron du BCIJ. AIC PRESS
Le Maroc a établi une nouvelle stratégie pour surveiller tous ses ressortissants établis à l’étranger afin de prévenir tout risque de radicalisation a déclaré le patron du BCIJ, Abdelhak Khiame dans une interview à l’agence EFE. Pour ce faire, il réclame un accès total au fichier d’Europol dans un souci d’équité en terme de coopération policière avec l’UE. Une exigence qui bute sur la législation marocaine en matière de données personnelles

Le Maroc a mis sous surveillance sa grande « diaspora » en Europe en coordination avec les services de police européens face aux nombreux cas de radicalisation de ses jeunes migrants, selon le chef de l’agence antiterroriste marocaine, Abdelhak Khiame.


Dans une interview avec l’agence espagnole EFE à l’occasion du premier anniversaire des attentats à Barcelone et Cambrils, qui ont fait 16 morts et 150 blessés, Khiame, directeur du Bureau central d’investigation judiciaire (BCIJ), a déclaré la nécessité pour le Maroc d’accéder aux bases de données de l’Office européen de police (Europol).


Une nouvelle stratégie pour surveiller les Marocains à l’étranger

Avec cette demande, le BCIJ souhaite avoir un accès direct à l’information sur tous ces jeunes, dont beaucoup sont binationaux et risquent d’être confrontés à l’extrémisme violent.


« Nous avons lancé une nouvelle stratégie pour surveiller les Marocains qui sont à l’étranger et, en fait, nous avons appelé nos homologues occidentaux à partager avec nous les données dont ils disposent », a ajouté Khiam.


Pour lui, l’un des principaux enseignements à tirer des attentats de l’année dernière en Catalogne est la nécessité de renforcer l’échange permanent d’informations entre les différents services de renseignement.


« Nous devons tirer des leçons de cas comme celui-ci, les services de sécurité espagnols devraient faire le décompte de tous les Marocains qui ont sur leur territoire et communiquer avec nous s’ils ont des soupçons à propos de quelqu’un », a-t-il déclaré.


La coopération entre les services de renseignement marocains et espagnols est « excellente » et « sans échecs » selon Khiame, qui a encouragé la collaboration avec les autres pays au même niveau.


En ce sens, le directeur de BCIJ a critiqué les services de sécurité français qui n’ont pas informé leurs homologues marocains sur un franco-marocain impliqué dans une attaque récente, alors qu’il était fiché S.


Une recommandation favorable du Parlement européen

Par conséquent, il a réitéré l’importance que son pays dispose d’un accès complet à la base de données de police Europol : « Je pense que la base de données de toutes les agences responsables de la sécurité en Europe comme Europol doit être partagée avec les pays d’Afrique du Nord, comme le Maroc », a-t-il déclaré.


Le Parlement européen a adopté une résolution le mois dernier recommandant que l’Union européenne (UE) signe un accord avec le Maroc pour l’échange de données personnelles.


L’ex- ministre française de la Justice et député européenne Rachida Dati, considérée comme l’une des lobbyistes les plus actives du Maroc, a appelé le 20 Juillet, dans une lettre écrite à la Commission européenne, d’ouvrir des négociations avec Rabat pour mettre en œuvre cette question, arguant que le Maroc est « un partenaire stratégique et essentiel de l’UE ».


Une source a déclaré à EFE qu’Europol a demandé des informations au Maroc à plusieurs reprises, mais a été réticente à donner accès à la leur au motif que la législation marocaine sur la protection des données n’était pas adaptée à l’européenne.


Le Maroc semble l’avoir compris et étudie en fait, avec les conseils de l’Union européenne, les futurs amendements juridiques visant à adapter sa législation sur la protection des données.


En ce qui concerne la recherche menée en Espagne sur les attaques de la Catalogne, Khiame a salué le « professionnalisme » de la police, mais a dit que certaines questions demeuraient en suspens telles que la nécessité de contrôler la sphère religieuse dans le pays ibérique.


« L’Espagne a une forte communauté de musulmans, y compris les convertis et ceux qui viennent d’autres pays. Toutes ces personnes doivent recevoir un encadrement religieux », a déclaré le directeur de BCIJ qui a rappelé que tous les lieux de culte en Espagne sont « sous la tutelle d’une institution gouvernementale »


Quant à savoir si son corps partage des données avec la police catalane (Mossos d’Esquadra), Khiame a précisé que toute sa collaboration avec l’Espagne « transite par Madrid ».


« Je suis contre la division et la diversité des services en charge de la sécurité d’un pays. Pour qu’il y ait cohésion, il convient d’unifier le pouvoir de décision d’une personne ou d’un service », a-t-il déclaré.


Depuis sa création en 2015, le BCIJ a démantelé 55 cellules terroristes (presque toutes fidèles à l’État islamique) et arrêté 877 personnes, dont 21 étrangers et 18 binationaux (dont deux hispano-marocains).