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28.08.2018 à 14 H 56 • Mis à jour le 28.08.2018 à 14 H 56
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Mobilisation

Un appel de jeunes pour annuler le retour du service militaire

Un officier des FAR. Photo d’illustration. EPA
Un groupe se présentant comme « Le Rassemblement marocain contre le service militaire obligatoire » créé sur Facebook dès l’annonce du retour de la conscription militaire, devrait lancer aujourd’hui un appel destiné à convaincre pour faire machine arrière sur le projet de loi adopté en Conseil des ministres le 20 août. L’initiative portée essentiellement par des jeunes a déjà obtenu le ralliement de quelques figures et associations de la société civile

Est-ce le commencement d’une mobilisation anti-service militaire qui s’organise ? Un appel signé par quelques figures de la société civile et associations en gestation depuis plusieurs jours et dont Le Desk a pu consulter le contenu, sera publié ce 28 août sur les réseaux sociaux.


Le texte est rédigé à l’initiative d’un groupe Facebook comptant plusieurs milliers d’adhérants se présentant comme « le Rassemblement marocain contre le service militaire obligatoire » créé dès l’annonce du retour de la conscription militaire.


Parmi les signataires de l’appel, on peut retrouver l’économiste et activiste des droits de l’Homme Fouad Abdelmoumni, la journaliste et écrivaine Sanaa El Aji, l’intellectuel et militant amazigh Ahmed Assid, le militant et analyste Khalid Bekkari ou encore du côté des associations, le Forum marocain pour la démocratie, l’Observatoire amazigh des droits et des libertés et Tilila. D’autres noms connus et organisations ayant pignon sur rue, ont déjà donné leur accord de principe et ne tarderont pas à rejoindre cette liste, affirment nos sources.


L’un des promoteurs du groupe Facebook explique avoir choisi de recourir à ces signataires « pour montrer que l’initiative ne concerne pas uniquement des jeunes sur Facebook, mais également des activistes reconnus et travaillant sur le terrain » venus en soutien.

 

Une critique de l’absence de débat national

Le retour du service militaire, annoncé le 18 août puis adopté officiellement deux jours après en Conseil des ministres, a créé la surprise. Alors que l’intégralité du contenu du projet de loi n’a toujours pas été officiellement dévoilée, certains acteurs associatifs et militants n’ont pas tardé à s’y opposer, tandis que d’autres ont clairement affiché leur pleine adhésion au nom d’un nécessaire sursaut en faveur des valeurs de discipline, de civisme et de rassemblement autour de l’idéal national.


Dans le texte de l’appel, ce rassemblement de jeunes marocains commence par critiquer le caractère expéditif, selon eux, du projet de loi 44.18 « contrairement à d’autres textes de loi plus importants qui continuent à traîner ». L’absence de débat public entourant cette décision est ainsi pointée du doigt, mettant en accusation les autorités jugées coupables de n’avoir pas consulté la population concernée par ce service militaire, à savoir les jeunes âgés entre 18 et 25 ans.


Le groupe des signataires demande ainsi, dans son appel, à ce qu’on « abroge le projet de loi relatif au service militaire obligatoire » qui ne ferait qu’engranger des dépenses publiques supplémentaires. Pour cela, ils estiment que le service civil (proposé par ailleurs par le CESE) pourrait être considéré comme un outil de solidarité avec toutes les classes sociales. Ce service serait représenté, selon les initiateurs de l’appel, par le travail que font quotidiennement les jeunes via le bénévolat, le volontariat ou l’engagement au sein d’associations et d’organisations en vue « d’élever le niveau de vie des personnes vivant dans le monde rural et des classes défavorisées et isolées », argumentent-ils.


Enfin, l’appel demande à ce que la possibilité soit offerte aux jeunes de donner leur avis concernant le service militaire, en plus de faire usage des fonds à mobiliser dans la conscription au soutien direct à des secteurs vitaux, notamment pour la jeunesse, à savoir l’éducation et la santé.