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04.09.2018 à 23 H 32 • Mis à jour le 04.09.2018 à 23 H 43
Par et
Révélations

Donald Trump a voulu faire assassiner Bachar al-Assad

Fear, le dernier livre du journaliste américain Bob Woodward consacré à la présidence de Trump à paraître le 11 septembre aux Etats-Unis
Le Washington Post a publié ce mardi de longs extraits de « Peur », le livre écrit par le célèbre journaliste Bob Woodward et qui paraîtra le 11 septembre prochain aux Etats-Unis. L’auteur y relate notamment les tensions qui agitent la Maison Blanche. On y apprend surtout que le président américain avait donné ses instructions pour éliminer Bachar Al-Assad. Extraits

Après Le feu et la fureur, Peur, est le titre de l’ouvrage de Bob Woodward consacré à Donald Trump qui sortira dans quelques jours aux Etats-Unis. Le journaliste, célèbre dans le monde entier pour son travail sur le scandale du Watergate dans les années 1970 avec Carl Bernstein, dresse tout au long des 448 pages de son ouvrage le portrait d’un président aussi impulsif qu’inculte, dont les premiers extraits ont été publiés ce mardi par le Washington Post.  L’auteur y relate notamment les tensions qui agitent la Maison blanche depuis 20 mois que Donald Trump a été investi président des Etats-Unis.


On y apprend notamment que Donald Trump a demandé l’an passé que soit organisé l’assassinat du président syrien Bachar al Assad mais son secrétaire à la Défense James Mattis a préféré ignorer cette exigence, révèle Bob Woodward.


Un président prompt à l’invective et à l’injure

Le livre dresse le portrait d’un président américain prompt à l’invective et à l’injure ainsi qu’à la prise de décisions impulsives. L’auteur qualifie le chaos qui règne au sein de la présidence de « coup d’Etat administratif » et de « crise de nerf » du pouvoir exécutif.


Selon Bob Woodward, Donald Trump a informé le secrétaire à la Défense James Mattis qu’il souhaitait que Bachar al Assad soit assassiné après une attaque à l’arme chimique contre des civils syriens en avril dernier. Mattis a promis à Trump « de s’en occuper tout de suite » avant de se contenter de mettre au point un plan de frappes aériennes limitées ne présentant aucune menace pour Assad.


Trump, un écolier du CM2

Mattis aurait raconté à des collègues que Donald Trump se comportait « comme un écolier de CM2 » lors d’un autre incident, poursuit l’auteur qui a puisé ses informations dans des entretiens avec des conseillers présidentiels en leur garantissant l’anonymat.


Parmi les autres révélations du livre, le journaliste raconte comment Gary Cohn, l’ancien conseiller économique de la Maison blanche, a dérobé sur le bureau du président une lettre prévoyant le retrait des Etats-Unis d’un accord commercial avec la Corée du Sud, afin d’empêcher Trump de la signer. Cohn, qui tentait de freiner les ardeurs protectionnistes de Donald Trump, envisageait de faire de même avec un document qui aurait marqué la sortie des Etats-Unis de l’Accord de libre-échange de l’Amérique du Nord (ALENA). « J’ai juste pris le papier sur son bureau », a dit Cohn à un conseiller présidentiel, raconte le livre.


D’autres conseillers n’hésitent pas à insulter le président en son absence. Ainsi le secrétaire général de la Maison blanche John Kelly a qualifié Trump « d’imbécile » et affirmé qu’il s’agissait « du pire boulot qu’il ait jamais eu ». Le président se montre fréquemment méprisant avec ses conseillers qualifiant notamment le ministre de la Justice Jeff Sessions « d’attardé mental ».


Woodward relate enfin que Trump se révèle de plus en plus inquiet et paranoïaque à propos de l’enquête fédérale sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle de 2016, ses conseillers dressant un parallèle avec l’état d’esprit de Richard Nixon lors du scandale du Watergate.


Morceaux choisis


Trump sur Al-Assad : « Tuons-le putain ! ». Avril 2017. Émoi dans la communauté internationale après que le régime de Bachar al-Assad a mené une attaque chimique à Khan Cheikhoun, dans le nord-ouest de la Syrie. Donald Trump n’est pas en reste et décroche son téléphone. A l’autre bout du fil se trouve son ministre de la Défense, Jim Mattis. Trump ne passe pas par quatre chemins. Il veut la tête d’Al-Assad : « Tuons-le putain ! Allons-y. On y va et on les bute. » Jim Mattis acquiesce, raccroche puis se tourne vers un conseiller : « On ne va rien faire de tout ça. On va faire preuve de bien plus de mesure. » Trump ordonnera finalement des frappes plus classiques en guise de représailles.


Trump se comporte « comme un gamin de 10 ans ». Le coup de fil de Trump à Jim Mattis n’est pas le seul moment où le ministre de la Défense a dû avoir du mal à en croire ses oreilles. Bob Woodward raconte une autre scène comparable, remontant au 19 janvier dernier. Ce jour-là, le président participe à une réunion du Conseil de sécurité nationale. Les tensions dans la péninsule coréenne sont au menu. Trump met les pieds dans les plats et demande pourquoi des militaires américains se trouvent dans la région. « Parce que sinon, ce serait la Troisième Guerre mondiale », réplique Mattis. Une fois la réunion terminée, la colère du ministre a bien du mal à retomber. A des proches, il confie que Trump « se comporte et comprend les choses comme un gamin de 10 ou 11 ans ».


Trump traite son ministre de la Justice « d’attardé mental ». Le président a une dent contre Jeff Sessions, son ministre de la Justice. Ce n’est pas une surprise. Trump lui reproche de s’être récusé dans l’enquête menée par le procureur spécial Robert Mueller sur une éventuelle collusion entre la Russie et l’équipe de Trump au cours de la dernière campagne présidentielle. Un choix qui vaut à Sessions d’être qualifié de « traître » par le président auprès de l’un de ses conseillers, Rob Porter. Imitant l’accent du Sud de Sessions, Trump poursuit : « Ce type est un attardé mental. C’est un abruti du Sud. Il serait même incapable d’être un avocat à la manque en Alabama. »


L’avocat de Trump « ne veut pas le laisser passer pour un idiot ». L’enquête de Robert Mueller a une place dans le choix dans le livre de Woodward. Le journaliste raconte la rencontre le 5 mars dernier entre John Dowd, alors avocat de Trump, et le procureur spécial. Dowd explique pourquoi il ne veut pas que le président soit entendu par Mueller : « Je ne vais pas rester les bras croisés et le laisser passer pour un idiot. Vous publierez la transcription de son témoignage, parce que tout fuite à Washington, et à l’étranger on dira : Je vous avais dit que c’était un idiot, un putain d’imbécile ». « Je comprends », aurait répondu Robert Mueller.


Plus tard le même mois, Dowd s’adresse sans détour au président. « Ne témoignez pas. Sinon, c’est la combinaison orange (de prisonnier, NDLR)  », résume l’avocat. A cette époque, Trump n’est pas de cet avis. « Je serai un très bon témoin », assure le président. « Vous n’êtes pas un bon témoin », répond Dowd. « Monsieur le Président, j’ai bien peur de ne pas pouvoir vous aider ». Le lendemain de cet échange, Dowd démissionnera.


Quand des conseillers volent des documents sur le bureau de Trump. Au milieu du chaos semblant régner dans la Maison-Blanche telle qu’elle est dépeinte par Bob Woodward, certains en viennent à recourir à des méthodes peu orthodoxes pour limiter les effets du nationalisme économique du président. Gary Cohn, ancien conseiller économique, aurait ainsi « volé une lettre qui se trouvait sur le bureau de Trump » qui visait à retirer les Etats-Unis d’un accord commercial avec la Corée du Sud. D’après Cohn, Donald Trump n’a jamais remarqué qu’elle avait disparu.


Et lorsque Rob Porter a eu pour consigne de rédiger une lettre notifiant le retrait des Etats-Unis de l’ALENA (accord de libre-échange incluant le Canada et le Mexique), Gary Cohn lui aurait assuré qu’il avait la solution : « Je peux arrêter ça. Il suffit que je vole la lettre sur son bureau. »