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10.12.2018 à 14 H 43 • Mis à jour le 10.12.2018 à 14 H 54
Par
Justice

Abdelali Hamieddine, figure du PJD, inculpé pour «complicité de meurtre»

Abdelali Hamieddine, membre du SG du PJD. FACEBOOK
Abdelali Hamieddine, leader remuant du PJD a été déféré vendredi 7 décembre devant la Chambre criminelle près de la Cour d'appel de Fès. Motif de cette inculpation pour « complicité de meurtre », sa participation supposée en 1993 à l'assassinat de Mohammed Ait Ljid Benaïssa, un étudiant gauchiste mortellement blessé lors des affrontements entre des étudiants de gauche et des islamistes à la faculté Dar El Mehraz de Fès

Un juge d’instruction près la Cour d’appel de Fès a décidé, vendredi, de poursuivre Abdelali Hamieddine, membre du secrétariat général du PJD et un de ses remuants leaders pour « participation à un homicide volontaire », dans le cadre de l’affaire Mohamed Aït Ljid Benaïssa, un étudiant gauchiste assassiné le 25 février 1993 à l’Université Dar El Mehraz de Fès suite à des affrontements avec des militants islamistes, ont rapporté des sources proches de son parti.


Il a été déféré le 7 décembre devant la Chambre criminelle près de la Cour d’appel de Fès, selon Me Lahbib Haji, avocat de la famille Ait Ljid. Le principal chef d’accusation retenu étant « complicité de meurtre ». Une information confirmée par l’intéressé lui-même sur les réseaux sociaux.



Son avocat, Abdessamad Idrissi, lui aussi encarté au PJD, a aussitôt condamné la décision sur sa page Facebook, déplorant une décision « politique », contraire aux « principes justice tels que reconnus à l’international ».



Hamieddine, qui avait pourtant déjà été condamné en 1994 et purgé sa peine de prison de deux ans, pour « participation à une réunion séditieuse au cours de laquelle sont exercées des violences ayant entraîné la mort », avait annoncé lui-même sa convocation sur les réseaux sociaux et lors d’un point de presse.


Alors que d’autres suspects avaient également poursuivis, Hamieddine avait par la suite obtenu réparation auprès de l’Instance Equité et de la Réconciliation (IER). Une somme de 82 900 dirhams lui avait été versée pour « les transgressions qu’il a subies en tant qu’être humain et citoyen » et « pour le mauvais traitement et torture endurés au cours de sa détention ».


Pourtant, en 2011, une nouvelle plainte est déposée contre Hamieddine. L’enquête sera alors de suite classée par le procureur général du Roi près de la Cour d’appel de Fès, pour prescription et existence d’une précédente condamnation. En 2013, une autre démarche procédurale engagée devait échouer. Fin 2017, une nouvelle procédure enclenchée par des proches de la famille Ait Ljid avait encore une fois achoppé.


Alors que les plaintes avaient été classées sans suite, plusieurs ministres PJD en exercice et des cadres du parti lui avaient apporté un soutien appuyé.


Hamieddine avait notamment reçu le soutien sans équivoque de son mentor Abdelilah Benkirane, lorsque celui-ci dirigeait le gouvernement. Il promettait que « leur frère » ne sera « jamais livré ».


Hamieddine a, dans ce sens, toujours estimé que la réactivation de cette affaire par les proches de la victime relevait du « harcèlement judiciaire ».


Pour ses partisans, la thèse d’une machination politique ourdie par le PAM, parti antagoniste des islamistes, a toujours été avancée. Il est ainsi reproché aux avocats assistant les membres de la famille Ait Ljid d’être proches du parti du Tracteur et d’agir sur les instructions de ses dirigeants.