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21.12.2018 à 20 H 22 • Mis à jour le 21.12.2018 à 20 H 22
Par
Maroc-Mauritanie

Affaire Bouamatou: la défense de l’opposant mauritanien réfute les accusations de Rabat

Me William Bourdon, avocat au Barreau de Paris. PAPERJAM
Mohamed Ould Bouamatou, richissime opposant mauritanien au régime de Nouakchott, est déclaré persona non grata par le royaume. Rabat l’accuse d’avoir diffusé des images de passeports marocains censés appartenir notamment au président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz. Ce que réfute catégoriquement son avocat parisien, Me William Bourdon, dans un communiqué parvenu au Desk

Dans un communiqué daté du 21 décembre parvenu au Desk, Me William Bourdon, avocat au Barreau de Paris, déclare avoir « appris aujourd’hui avec étonnement l’ouverture d’une enquête judiciaire contre son client M. Mohamed Ould Bouamatou par les autorités marocaines sur la prétendue diffusion par son client d’images de passeports marocains censés appartenir notamment au président mauritanien M. Mohamed Ould Abdel Aziz ».


L’avocat, connu pour son engagement pour diverses causes, indique que « son client s’inscrit en faux contre ces prétendus agissements et assure n’avoir jamais diffusé de telles images. M. Bouamatou défie quiconque de lui démontrer le contraire. Il eut été totalement absurde et irrationnel pour lui, compte tenu des contentieux lourds qui l’opposent au régime mauritanien, d’agir de la sorte ».


« M. Bouamatou n’a jamais fait fi de son opposition à l’actuel régime mauritanien comme il l’a démontré en août 2018 en diffusant un « Appel à la résistance par la désobéissance civile ». M. Bouamatou est un opposant reconnu au régime mauritanien, le restera et l’assume complètement. Il continuera à le combattre par toutes les formes pacifiques et légales. Sa seule ambition est que la démocratie, la bonne gouvernance, l’Etat de droit triomphent un jour en Mauritanie », poursuit le communiqué.


Mohamed Ould Bouamatou, homme d'affaires mauritanien. En délicatesse avec le pouvoir de Nouakchott, il avait trouvé refuge au Maroc en 2010, avant de rallier la Belgique. LE DESK


William Bourdon rappelle que « M. Bouamatou ne possède pas de comptes sur les réseaux sociaux si ce n’est un compte et une page Facebook qu’il n’utilise pas et n’alimente pas. Il a par ailleurs déjà, par le passé, été victime de comptes factices ouverts à son nom, certains ayant ensuite été fermés par Facebook à sa demande ».


Il ajoute que « M. Bouamatou se tient prêt à répondre aux autorités marocaines dans le cadre de cette enquête et rappelle son profond attachement pour le peuple marocain et la plus grande considération qu’il a pour les institutions du Royaume du Maroc, où il a vécu pendant plusieurs années dans le strict respect de la loi marocaine ».

 

L’avocat appelle enfin les autorités marocaines « à examiner ces allégations diffamatoires avec sagesse et recul, condition pour se prémunir contre toute tentative extérieure d’instrumentalisation, tant M. Bouamatou fait l’objet de persécutions éhontées de la part des autorités mauritaniennes, depuis tant d’années ».


La veille, le ministère des Affaires étrangères et de la coopération internationale (MAECI) annonçait que l’opposant milliardaire mauritanien était désormais persona non grata dans le royaume. « Le Maroc s’inscrit en faux contre la mise en circulation par un ressortissant mauritanien d’images de prétendus passeports marocains supposés appartenir notamment au Président mauritanien, Mohamed Ould Abdelaziz », avait affirmé, jeudi soir, la diplomatie marocaine, la qualifiant d’ « aberration grossière ».


Les autorités marocaines annonçaient à cette occasion qu’elles « mèneront jusqu’au bout l’enquête judiciaire diligentée concernant cet acte insidieux », assurant que Ould Bouamatou, « impliqué dans cette affaire, sera interdit d’accès au territoire marocain, sans préjudice des poursuites pénales qui pourraient être engagées à son encontre ».

 

Mohamed Ould Bouamatou, en délicatesse avec le pouvoir mauritanien et exilé un temps au Maroc, avait perdu la bienveillance du royaume à son égard depuis qu’un réchauffement était devenu perceptible entre Rabat et Nouakchott, comme l’expliquait Le Desk en janvier 2015.


Lire à ce propos : Le milliardaire et opposant mauritanien Ould Bouamatou lâché par la DGED