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27.12.2018 à 23 H 49 • Mis à jour le 28.12.2018 à 11 H 33
Par
Censure

Après «1 dîner 2 cons», la justice ordonne la dissolution de l’association Racines

Photo de groupe dans le bureau de l’association Racines qui a abrité la 6ème émission de 1D2C. WIKIPEDIA
Pour avoir abrité dans ses locaux l’enregistrement en septembre de trois épisodes de la web-émission «1 dîner, 2 cons», l’association culturelle basée à Casablanca se voit interdite de poursuivre ses activités qu’elle mène depuis de nombreuses années. Une décision lourde de conséquence qui dénote l’intransigeance des autorités pour les tenants de la libre parole sur des sujets qui fâchent

Selon des sources concordantes, l’association Racines, réputée pour son travail dans le secteur culturel, vient d’être dissoute par décision de justice. Une information confirmée au Desk par un de ses membres qui précise que « le staff de Racines a été informé du couperet depuis vingt-quatre heures ».

 

Depuis septembre dernier, Racines était aux prises avec les autorités. En cause, la diffusion sur YouTube, de la web-émission « un dîner deux cons » animée par le binôme Amine Belghazi et Youssef El Mouedden, qui avait réuni pour l’occasion l’acteur associatif et membre de Racines, Aadel Essadani, le porte-parole de Human Rights Watch pour la zone MENA, Ahmed Benchemsi, le journalise et militant Omar Radi, l’universitaire Rachid Aourraz, le chanteur Barry et le défenseur des minorités religieuses Jaouad Hamidi.



Filmée dans les locaux de l’association, l’émission en trois volets avait traité de questions diverses d’actualité plus ou moins récente, allant du Hirak d’Al Hoceima jusqu’aux derniers discours royaux. Des sujets abordés avec un ton particulièrement critique qui ont valu à Aadel Essaadani d’être questionné par les autorités locales sur les activités, le statut légal et des éléments bilantiels de Racines.

 

Des attendus du jugement encore non divulgués

L’association n’a pas encore décidé de communiquer sur sa mise en liquidation, faute d’avoir pris connaissance des attendus du jugement spécifiant les motifs retenus par la justice pour justifier son interdiction.


Selon nos informations, le réquisitoire du parquet ayant fustigé le caractère contestataire du débat, notamment « certains propos jugés attentatoires aux institutions et aux bonnes mœurs », aura pesé sur le verdict qui a statué sur le fait que Racines a dérogé à ses statuts et s’est engagé ainsi sur le terrain de l’illégalité…  Par ailleurs, quelques articles de presse et des commentaires acerbes sur les réseaux sociaux avaient ouvert les hostilités dès la mise en ligne de l’émission, vilipendant pêle-mêle, la présence d’alcool sur le plateau, le ton employé par les invités, notamment à l’adresse du roi Mohammed VI, et qualifiant les échanges entre convives « d’immatures et sans profondeur ».


La dissolution surprise de l’association Racines met ainsi un terme à une aventure qui aura duré près de dix ans. Réputée pour son engagement en faveur de l’intégration de la culture dans les politiques publiques, ses actions, soutenues autant à l’international qu’au Maroc, et pourtant loin de se positionner explicitement sur le terrain du militantisme politique, s’inscrivaient plutôt dans un activisme culturel ayant pour but de faciliter l’accès à la culture aux Marocains.


Jusqu’ici, l’association était également connue pour ses Etats généraux de la culture qu’elle n’hésitait pas à délocaliser hors des principaux pôles urbains, marquant ainsi sa volonté de vouloir faire de la culture un vecteur de développement et de désenclavement des régions.


Racines est pour ainsi dire, à ce titre, la victime collatérale de l’intransigeance des autorités pour les tenants de la libre parole sur des sujets qui fâchent et non pour son plaidoyer de base…