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19.06.2019 à 21 H 00 • Mis à jour le 19.06.2019 à 21 H 21
Par
Finance

Le britannique CDC Group acquiert 5% du capital de BMCE Bank

Othman Benjelloun, Président de BMCE Bank of Africa .MOHAMED DRISSI KAMILI / LE DESK
Le fonds britannique de développement Commonwealth Development Group (CDC Group) a signé un accord avec la BMCE Bank pour intégrer son tour de table à hauteur de 5% par une injection de capitaux de près de 2 milliards de dirhams. Cette opération participe à une augmentation de capital de 6 milliards de dirhams dont le schéma avait été approuvé par le Conseil d’administration de la banque fin mars

Comme nous l’annoncions en exclusivité en avril dernier, le fonds britannique de développement Commonwealth Development Group (CDC Group) ou fonds de financement du développement du Royaume-Uni (ex-Colonial Development Corporation), va intégrer le tour de table de la BMCE Bank of Africa par injection d’un montant de 200 millions de dollars, soit près de 2 milliards de dirhams.


Une « entente stratégique » a été conclue entre BMCE Bank et CDC Group, détenu à 100 % par le gouvernement britannique, qui prévoit ainsi une entrée au capital du groupe bancaire à hauteur de 5 %.


Jusqu’ici, selon une source interne, il était simplement indiqué qu’étant « investisseur à impact actif en Afrique, par conséquent, nous ne sommes pas en mesure de commenter toute spéculation sur nos transactions ».


L’entrée du nouvel actionnaire, dont l’identité a été soigneusement tenue confidentielle par les parties, avait d’ores et déjà obtenu l’aval de Bank Al-Maghrib lorsque nous l’évoquions il y a deux mois.


L’arrivée de ce nouvel actionnaire de référence est consécutive à l’obtention le 29 mars par Othman Benjelloun, président du groupe bancaire, d’un accord de principe du Conseil d’administration pour une augmentation de capital d’environ 6 milliards de dirhams.


Le montage global de l’opération avait été officialisé à l’occasion de la conférence des résultats du groupe devrait s’étaler sur plusieurs exercices et en différentes phases.


Fondé en 1948, le fonds britannique de développement CDC Group détient un portefeuille d'investissement de près de 5 millards de dollars en Afrique et en Asie. CDC


Levier d’un plan stratégique à déployer à l’horizon 2021, il prévoit outre l’entrée d’un nouvel actionnaire de référence par augmentation de capital, le renflouement des fonds propres de 2 milliards de dirhams supplémentaires en 2019 à travers la conversion optionnelle des dividendes de l’exercice 2018 pour un montant de 900 millions de dirhams qui sera renouvelée en 2019, et un appel public à l’épargne, d’un montant maximal de 1 milliard de dirhams. Des émissions de dettes subordonnées sont également prévues. En somme, le plan prévoit un renflouement en capitaux durs de près de 4 milliards de dirhams sur l’année 2019.


Toujours est-il que cette imposante opération a pour objectif de renflouer les fonds propres de la BMCE Bank pour satisfaire les exigences réglementaires et se prémunir contre d’éventuels risques tant au Maroc qu’en Afrique subsaharienne où le groupe bancaire est exposé. Elle intervient dans un contexte où ses résultats au titre de l’année 2018 rendus publics le 30 mars présentent une stagnation du produit net bancaire (PNB), à 13,2 milliards de dirhams, soit légèrement en deçà des revenus annoncés l’an dernier.


L’analyse de ces résultats fait état d’un affaissement des bénéfices du groupe qui passent ainsi sous la barre des 2 milliards de dirhams (1,8 milliard), soit 200 millions de dirhams de moins qu’en 2017.


CDC, acteur majeur en capital-investissement

CDC group est l’un des plus importants investisseurs en capital-investissement en Afrique et en Asie du Sud, avec plus de 4,7 milliards de dollars investis dans 166 fonds, soutenant plus de 1 250 entreprises. L’institution a récemment investi dans un fonds d’investissement à impact au Myanmar, un fonds pour les PME au Nigéria et un fonds indien soutenant les entreprises situées dans des communautés nécessiteuses et enclavées.


Le portefeuille d’investissement de CDC en Afrique comprend plus de 700 sociétés, telles que Globeleq, qui possède la centrale d’Azito fournissant le tiers de l’électricité en Côte d’ivoire ou encore Bridge Bank. En 2017, Mark Pay, membre du comité de direction de CDC Group, affirmait que 60 % de son capital sera investi en Afrique de l’Ouest dans les cinq prochaines années. Au Maroc, CDC investit depuis des années dans diverses entreprises et autant de fonds.


CDG Group  prévoit d’investir jusqu’à 4,5 milliards dollars en Afrique d’ici 2022 et ce, dans différents secteurs et à travers diverses solutions d’investissement.


« L’approche de CDC en matière de mobilisation de capitaux signifie qu’elle s’est engagée à encourager d’autres investisseurs en partageant son expertise, ses connaissances et ses données. CDC tirera également parti de sa proximité avec la City de Londres et de sa connaissance des bassins de capitaux locaux en Afrique et en Asie du Sud pour établir davantage de relations avec les investisseurs, tels que les fonds de pension et les philanthropes. L’année dernière, les investissements de la CDC ont mobilisé plus de 600 millions de dollars de financements supplémentaires dans un contexte de baisse des niveaux d’investissement en Afrique », expliquait récemment le fonds britannique.


Par ailleurs, CDC Group fait aussi l’objet de controverses récurrentes. En 2008, BBC News puis Private Eye, deux ans plus tard, l’ont notamment accusé d’avoir abandonné le financement d’un développement international vertueux pour se tourner vers la recherche de profits importants tirés de projets enrichissant avant tout ses gestionnaires. Ce qui a abouti à l’ouverture d’une enquête parlementaire et la décision d’engager certaines réformes liées à sa gouvernance.