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02.09.2019 à 13 H 33 • Mis à jour le 02.09.2019 à 13 H 40
Par
Vatican

Nommé cardinal par le pape François, l’archevêque de Rabat y voit un soutien au dialogue avec l’Islam

L’archevêque Cristóbal López Romero (à gauche) lors de la visite du pape François à Rabat fin mars 2019. LE DESK
L'Espagnol Cristobal Lopez Romero, archevêque de Rabat, nommé hier cardinal par le pape François y voit un signe de « soutien au dialogue interreligieux actuel », principalement entre Islam et Christianisme. C'est aussi, selon lui une reconnaissance du travail et de la trajectoire de l'Église au Maghreb, et au Maroc en particulier, couronnés par la récente visite papale dans le royaume

L’archevêque de Rabat, l’Espagnol Cristobal Lopez Romero, nommé cardinal hier par le pape François, a déclaré ce lundi à l’agence espagnole EFE que sa nomination devrait être lue comme un signe de « soutien au dialogue interreligieux actuel », principalement entre Islam et Christianisme.


Dans une déclaration à EFE, la première après sa nomination, Lopez Romero a dit qu’il n’avait « aucune idée » qu’il allait être promu cardinal, une responsabilité qui, a-t-il précisé, n’a aucun impact sur son travail quotidien à la tête de l’Eglise au Maroc.


López Romero a appris sa nomination à la fin de la messe principale de la cathédrale de Rabat, une messe où son téléphone ne cessait de vibrer sans qu’il sache pourquoi : « Je n’avais aucune idée ou indice, on ne me demandait même pas si je voulais ou non », a-t-il expliqué.


« Ce n’est pas une distinction. Je suis évêque depuis un an maintenant, donc je ne peux pas me fier à mes mérites. C’est plutôt une responsabilité et un service qui m’est demandé. Cela a plus à voir avec des raisons ecclésiales et même avec la politique internationale », souligne-t-il.


« La lecture à faire est la suivante : donner un autre signe de l’importance du dialogue interreligieux (avec l’Islam), dans lequel s’inscrivent les voyages du Pape François à Abu Dhabi en février et à Rabat en mars », explique López Romero.


C’est aussi une reconnaissance du travail et de la trajectoire de l’Église au Maghreb, du Maroc à la Libye, en passant par la Tunisie et l’Algérie : « Nous sommes une petite Église, qui travaille dans une situation difficile (car elle opère dans des pays presque exclusivement musulmans) et qui est inconnue au niveau mondial ».


Le message, poursuit l’actuel cardinal, vient dire : « Cette Église existe, nous vous soutenons et nous reconnaissons votre travail ».


L’Église dans les pays du Maghreb est une Église d’étrangers, composée de personnes de toutes nationalités, et la population locale est légalement interdite, ou socialement désapprouvée, de l’approcher et de se convertir au Christianisme.


Le travail ecclésial au Maghreb, en plus du travail liturgique pour les étrangers, s’effectue dans le domaine caritatif, avec une tâche reconnue de soutien aux populations les plus vulnérables, et en particulier aux étrangers d’origine subsaharienne qui résident dans ces pays sur une base permanente ou circonstancielle.


Le nouveau cardinal a « personnellement » une troisième interprétation de sa nomination : « Je la vois comme un clin d’œil au royaume du Maroc, une forme de gratitude pour les efforts consentis pour le succès de la visite papale en mars, et une reconnaissance de l’engagement du Maroc à diffuser un Islam ouvert et en dialogue avec les chrétiens », dit-il.


López Romero dit qu’il se sent toujours « effrayé et débordé, plus qu’heureux. La position me vient en aide, elle m’est venue rapidement et tout d’un coup, parce que j’ai à peine eu le temps de devenir évêque et en un an seulement, j’ai été nommé archevêque, j’ai organisé une visite papale et maintenant ceci ».


Mais il insiste humblement pour que son travail reste le même « et je ne changerai pas ma façon de m’habiller, sauf pour la couleur de mon costume qui ira du violet au rouge des cardinaux. Une bagatelle », souligne-t-il.


A l’âge de 67 ans, le nouveau cardinal fait partie du peloton des plus jeunes membres du Collège des cardinaux, ce qui lui donne le droit de voter à l’élection d’un nouveau pape (puisque seuls les moins de 80 ans votent). Mais « j’espère qu’il sera trop tard, parce que ce que je veux, c’est que François dure le plus longtemps possible », clarifie-t-il à EFE.