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31.03.2020 à 17 H 25 • Mis à jour le 31.03.2020 à 17 H 45
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Face au Covid-19

En incluant les CHU, le Maroc opte pour le dépistage massif

Une unité de soins mobilisée pour la lutte contre le Covid-19 à Salé. MAP
Avec la décision d’inclure les CHU au dispositif des centres de dépistage du Covid-19 qui ne comprenait jusqu’ici que trois laboratoires, le Maroc se dirige de plus en plus vers la voie du dépistage massif, à l’instar de certains pays, comme la Corée du Sud, précurseur en la matière et exemple à suivre selon nombre de spécialistes

Le dépistage massif semble être la voie que prend le Maroc, afin d’endiguer la pandémie du Covid-19. En plus d’avoir effectué des commandes de kits de dépistage à deux fournisseurs sud-coréens, le royaume devrait dorénavant avoir recours au réseau des CHU (Centres hospitaliers universitaires) pour dépister le nouveau coronavirus. Ce qui ne peut qu’impacter le nombre de tests réalisés.


En clair, la décision initiale de se limiter à trois laboratoires seulement (Institut d’hygiène de Rabat, Institut Pasteur à Casablanca et Laboratoire de l’hôpital d’instruction militaire Mohammed V de Rabat) sera levée et la logistique va intégrer le réseau des CHU.


La décision, annoncée par L’Economiste, avait été évoquée au préalable par le chef du gouvernement, Saâdeddine El Otmani dans des déclarations au média semi-officiel, Le360. Le chef de l’Exécutif expliquait qu’à l’heure actuelle, le Maroc disposait de quatre centres qui procédaient aux analyses de dépistage du coronavirus.


« Nous comptons élever le nombre en élargissant la possibilité de dépister aux CHU, tous sans exception », avait affirmé El Otmani, tout en avouant « être conscient que le nombre de cas réel est supérieur à celui que nous avons aujourd’hui ». Selon l’Economiste, cette réorientation de la stratégie devrait donner la possibilité d’avoir plus de 10 000 tests effectués par jour.


Selon plusieurs experts, le dépistage massif reste l’unique solution pour contrer efficacement la propagation d’un virus. Ce procédé permet, entre autres, d’identifier avec précisions les porteurs de virus et leurs localisations.


Le Maroc n’a qu’assez tardivement eu recours au dépistage massif, en raison tout d’abord du manque de moyens. Jusqu’ici, les autorités sanitaires, dont la communication parcimonieuse et unilatérale est de plus en plus critiquée, n’a pas déclaré le nombre de kits de dépistage dont le pays dispose.


Les deux laboratoires principaux, INH (l’Institut national d’hygiène de Rabat) et l’Institut Pasteur, réalisent chacun « 200 à 300 tests par jour », a déclaré à Medias24, Dr Amina Hansali, directrice du département des infections sexuellement transmissibles à l’INH,  ce qui à ce jour totalise 2 801 tests, selon les données publiées par le ministère de la Santé. Le directeur de l’épidémiologie Mohamed Lyoubi, a déclaré lors d’un point presse que tous les cas contacts subissent le test de dépistage…  Or, seuls les tests PCR sont pour le moment effectués. Particulièrement fiables et coûtant 500 dirhams l’unité au ministère de la Santé, ils sont cependant lents : 4 à 5 heures en théorie, et dans la pratique 24 heures.


Il aura fallu attendre des informations parcellaires émanant de la presse sud-coréenne et la constatation du ballet d’avions cargo de la RAM à destination de l’Asie, pour apprendre que le ministère de la Santé s’est déjà activé, en partenariat avec la diplomatie marocaine, pour approcher laboratoires et entreprises chinoises et sud-coréennes afin de se procurer du matériel médical, dont les fameux kits de dépistage.


Actuellement, les 10 000 tests annoncés par jour restent relativement en deçà des besoins estiment les spécialistes consultés par Le Desk qui comparent ce qui se fait ailleurs.


En Corée du Sud, pays modèle dans la lutte contre le Covid-19, ce sont plus d’une cinquantaine de stations en « drive in » qui ont été mises en place par les autorités. Un système qui permet à Séoul d’effectuer pas moins de dizaines de milliers de tests par jour…