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30.06.2020 à 06 H 47 • Mis à jour le 30.06.2020 à 14 H 01
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Le rapport de l’IGF qui accable Talbi Alami dans l’affaire du site internet à 2,5 MDH

Rachid Talbi Alami. DR
La révélation du contenu d’un rapport de l'Inspection générale des finances (IGF) qui pointe la responsabilité de l’ex-ministre de la Jeunesse et des Sports et membre du bureau politique du RNI dans la passation d’un marché destiné à la livraison d’un site internet institutionnel jugé largement surfacturé (2,5 MDH) a poussé le PAM à demander l’ouverture d’une enquête parlementaire

Les révélations sur l’affaire du site internet qui a coûté, sous le mandat de Rachid Talbi Alami, pas moins de 2,5 millions de dirhams au ministère de la Jeunesse et des Sports, continue de chahuter la coalition gouvernementale.


Ibtissam Merras, parlementaire de l’USFP, avait dévoilé mardi dernier, lors de la réunion de la commission des secteurs sociaux à la Chambre des représentants, le contenu d’un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) qui pointait la responsabilité de Talbi Alami, membre du bureau politique du RNI dans ce marché largement surfacturé, puisqu’il ne devait pas excéder les 200 000 dirhams selon les estimations des spécialistes.


Dans sa note, dont Le Desk a obtenu copie, l’IGF estimait que le coût du portail vacances.gov.ma est « très élevé » et « exagéré » par rapport à des sites institutionnels similaires dont la réalisation n’a pas dépassé un budget de 200 000 dirhams, citant notamment : egov.ma, data.gov.ma et fikra.egov.ma.


Analyse du portail des colonies des vacances https://vacanes.gov.ma/ par l'IGF. Document / Le Desk


Selon le document, le ministère de la Jeunesse et des Sports a, au cours de l’année 2019, signé une convention pour la mise en place d’un portail électronique national dédié aux camps d’été avec la Fédération nationale des colonies de vacances. L’accord prévoyait les dispositions de financement de ce portail comprenant la conception, le développement, la production, l’hébergement, la gestion, la maintenance, la formation et l’assistance technique.


Juridiquement, note le rapport, l’accord ne respecte pas la loi sur les marchés publics, car il est conclu sans appel à propositions. De plus, le ministère n’a pas la latitude de déléguer ce service à une association, le site devant collecter des données personnelles des personnes bénéficiant de ses services, et cette question reste de la compétence du ministère.


Techniquement, le rapport indique que ce portail ne respecte pas les spécifications des sites institutionnels telles que stipulées dans la Charte des portails institutionnels, émise par le ministère de l’Industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique. Le rapport indique que le portail n’est composé que de 7 pages statiques et de quatre zones de connexion pour remplir les formulaires.


En ce qui concerne la politique de protection des informations confidentielles, le rapport de l’IGF indique que le portail ne respecte pas la loi 09.08 relative à la protection des données personnelles, qui stipule que le site internet doit inclure l’espace qui permet le consentement du bénéficiaire. L’utilisation des informations nécessaires pour accéder à la zone des administrateurs sur les formulaires est mise en cause car elle permet la collecte de certaines données comme le numéro de carte d’identité nationale alors qu’elle devrait uniquement se fonder sur une adresse de messagerie électronique (e-mail).


En ce qui concerne la protection de la sécurité du portail, le rapport indique que les données qu’il contient sont accessibles à tous, y compris les formulaires qui incluent des données personnelles liées aux bénéficiaires de ses services, et qu’elles font partie des données qui doivent être protégées par la loi.


En termes d’hébergement et de maintenance, le rapport a constaté que la loi stipule que l’accord conclu à cet égard est précisé dans le temps, et l’accord de maintenance ne dépasse pas trois ans renouvelables.


Enfin, concernant l’évaluation des risques, le rapport conclut que le risque de mauvaise gouvernance existe car le service peut compromettre la protection des informations personnelles.


Le PAM demande la formation d’une commission d’enquête

Profitant de l’éclosion de cette affaire qui arrive pour lui comme une aubaine, le PAM a appelé par la voix de son secrétaire général, Abdellatif Ouahbi, à la formation d’une commission d’enquête sur ce qu’il a qualifié de « scandale » impliquant directement l’ancien ministre Rachid Talbi Alami.


Ouahbi a déclaré, selon le site officiel du PAM, qu’il communiquerait avec les dirigeants d’un certain nombre de partis d’opposition afin de coordonner et d’appuyer la demande formulée par son parti politique. Le projet de la requête, précise Ouahbi, porte également sur les appels d’offre lancés, les contrats conclu, ainsi que les budgets dépensés durant l’ère de Talbi Alami à la tête de ce département, soit d’ avril 2017 à octobre 2019. Une initiative qui devrait cependant, selon nombre d’observateur buter sur la réunion d’un quorum de 131 députés, alors même qu’au sein du Tracteur, des élus sont tentés par une transhumance vers le RNI justement…


Talbi Alami a quant à lui déclaré à Goud.ma, qu’il était « prêt à se présenter devant n’importe quelle commission, quel que soit son type, pour toutes les questions relatives aux dossiers de gestion des affaires publiques ». « Personne ne m’intimidera juste avec une déclaration ou une menace tant que ces informations seront fausses et ne seront pas basées sur des arguments », qualifiant le recours intempestif aux commissions parlementaires exploratoires de « commerce des institutions ».


« Je dis à Ouahbi qui a appelé à la formation d’un commission exploratoire (…) d’avoir la responsabilité requise d’enquêter sur les faits avant de prendre position au lieu de se soumettre à de fausses nouvelles par calcul politique (…) », ajoutant : « Quant à ceux qui font la promotion de ces clowneries, je leur dis que la justice est entre nous, d’autant plus que je n’ai aucun lien avec ce dossier ».

 

Le dirigeant du RNI a indiqué dans ce sens qu’il avait chargé un avocat de porter plainte contre ceux qui l’accusent de dilapidation de biens publics. Talbi Alami, a affirmé que le site en question appartient à la Fédération nationale des colonies de vacances et que sa création « a respecté les procédures en vigueur ».


Au sein du RNI, les accusations fusent contre leurs adversaires politiques pointant du doigt un « complot du PJD ». La demande du PAM visant à créer une commission d’enquête parlementaire survient après les accusations portées contre les deux ministres PJD, Mustapha Ramid et Mohamed Amekraz, tous deux accusés de fraude à la CNSS dans des affaires liés à leurs employés privés. Rachid Hamouni, député PPS, avait, lui aussi, demandé l’ouverture d’une enquête sur les faits reprochés aux deux ministres du parti qui dirige la coalition gouvernementale.