Newsroom
Le meilleur de l’actualité au fil des événements

Connectez-vous

Mot de passe oublié ?

Abonnez-vous !

Découvrez l'offre de lancement du Desk

60 DH
1 mois
Découvrir les offres
03.02.2021 à 14 H 01 • Mis à jour le 10.02.2021 à 13 H 12
Par
Diplomatie

Sahara: Nasser Bourita tente d’inciter des puissances à emboîter le pas aux États-Unis

Crédit : U.S. Department of State
Dans une tribune publiée sur le site de Jeune Afrique, Nasser Bourita rappelle l’importance de la reconnaissance américaine de la souveraineté du Maroc sur le Sahara. Ce qui, espère-t-il, motivera d’autres pays à sauter le pas. Un appel qui intervient à un moment où Rabat mobilise ses traditionnels soutiens en France pour faire entendre sa voix dans le dossier du Sahara

La reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté du Maroc sur le Sahara acquise, Nasser Bourita prend son bâton de pèlerin pour convaincre d’autres puissances de suivre les pas du pays de l’Oncle Sam. Dans une tribune publiée sur l’hebdomadaire parisien et panafricain Jeune Afrique ce mercredi, le ministre des Affaires étrangères rappelle que la décision américaine « en a surpris certains et en a conforté de nombreux autres dans leur opinion. Partout, elle a fait couler beaucoup d’encre. Elle en a aussi conduit quelques-uns à se faire un sang d’encre ».


« Cette décision est à mesurer au regard de la perspective de solution qu’elle offre à ce différend qui n’a que trop duré, pour nous rapprocher de la stabilité et de la sécurité durables dans un sous-continent hautement stratégique », écrit Bourita, qui met l’accent sur les deux visions antagonistes du conflit : « d’un côté, celle du Maroc, portée par son souverain, qui veut que l’avenir soit meilleur que le passé, et qui investit massivement pour le construire avec plus de 7 milliards de dollars sur dix ans rien que dans les provinces du Sud, répondant ainsi à la vision royale de ne pas laisser les populations otages du processus politique qui s’enlise. De l’autre côté, celle des autres parties, qui privilégient le statu quo, voire le pourrissement, empêchant l’intégration économique régionale, menaçant la sécurité dans une région instable et faisant fi des conséquences humanitaires en jeu ».


Et de mettre en avant le sens du compromis du royaume, « typique de sa tradition millénaire d’État central, qui a permis au Maroc d’évoluer vers une logique d’autonomie élargie où la population du Sahara marocain peut gérer ses affaires politiques, économiques et sociales à travers des organes législatif, exécutif et judiciaire régionaux ».


« Les États-Unis connaissent bien la genèse et l’évolution du dossier, ses dynamiques et enjeux. D’ailleurs, le cheminement, dont l’initiative d’autonomie est le fruit, est le résultat de consultations approfondies entre le roi et l’administration Clinton. Soumise en concertation avec l’administration Bush, républicaine, elle a ensuite été soutenue par l’administration Obama, démocrate. Ces administrations successives ont toutes apporté leur appui à l’autonomie comme solution à ce différend régional », indique le chef de la diplomatie marocaine.


Pour inciter d’autres pays à emboiter le pays aux États-Unis, Nasser Bourita précise que le processus politique mené sous l’égide des Nations unies « sur la base de paramètres clairs impliquant les véritables parties du différend régional » n’est pas une fin en soi. « C’est un chemin. Ceux qui croient contrarier le Maroc en s’opposant à son initiative d’autonomie ne font que servir une impasse et s’opposent en réalité à la seule promesse d’une solution sans vainqueur ni vaincu, et qui bénéficie d’un élan d’appui international de plus en plus affirmé ».


« Nous en voulons pour preuve les 42 pays qui ont récemment réitéré leur soutien à l’autonomie sous souveraineté marocaine dans le cadre d’une conférence ministérielle à l’initiative du Maroc et des États-Unis. En outre, la décision américaine de rejoindre la vingtaine de pays ayant inauguré des consulats à Laâyoune et Dakhla motivera sans nul doute d’autres nations à leur emboîter très prochainement le pas », prophétise le ministre qui fait allusion à la promesse de Washington d’inaugurer un consulat à Dakhla, évènement qui n’a pas toujours pas eu lieu, malgré une cérémonie organisée durant ce mois de janvier.


La France et l’Espagne en ligne de mire

Comme nous l’expliquions précédemment, c’est une véritable course contre la montre que mène la diplomatie marocaine, souhaitant transformer l’essai américain en terre européenne. Un lobbying qui porte déjà ses fruits, avec des soutiens traditionnels prenant les devants. En guise de mobilisateur, on retrouve Chakib Benmoussa, ambassadeur du royaume à Paris et par ailleurs président de la Commission royale CSMD qui vient prêter main forte à un Ahmed Rahhou, à Bruxelles, manquant cruellement de relais dans les institutions européennes comme le soulignait Africa Intelligence.


Alliée du Maroc sur ce dossier qui oppose le royaume à l’Algérie et au Polisario bien qu’elle ne reconnaisse pas officiellement la souveraineté du Maroc sur le Sahara, la France fait partie des puissances que lorgne la diplomatie marocaine, qui peut compter sur plusieurs personnalités de l’hexagone favorables à l’autonomie sous souveraineté marocaine, comme le sénateur et ancien ministre Jean-Marie Bockel, Jean Louis-Borloo, Valérie Pécresse ou encore le député Pierre Henri Dumont.


Une liste à laquelle s’ajoute désormais le député et ancien ministre de l’Écologie François de Rugy qui a déclaré récemment à la MAP : « La déclaration américaine permet d’avancer vers une résolution durable de cette situation, qui n’est pas tenable dans le temps et il n’est pas souhaitable qu’il y ait une sorte de conflit gelé qui ne tient pas compte des réalités qui existent maintenant depuis plusieurs dizaines d’années ».