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22.03.2021 à 11 H 31 • Mis à jour le 22.03.2021 à 11 H 47
Par
Politique

Entaché par un couac de Yatim, le Conseil national du PJD ne convainc pas Benkirane

Crédit : PJD
Au terme de son Conseil national tenu ce week-end, le PJD n'est finalement pas arrivé à faire revenir Abdelilah Benkirane sur sa décision et encore moins à prendre une position claire sur la légalisation du cannabis. En coulisses, l'affaire de l'enregistrement de l'ex-secrétaire général n'a pas arrangé les choses. Décryptage

Ce lundi, signé par Driss El Azami Idrissi, un communiqué conclut les travaux de la session extraordinaire du Conseil national (CN) du Parti de la Justice et du Développement. La réunion avait été convoquée pour discuter des derniers développements au niveau national mais aussi partisan.


De la communication, il en ressort que seul le refus de la démission de Driss El Azami Idrissi, dont on ne sait toujours pas quels sont ses éléments de discorde avec la direction, est à présenter comme un acquis de ce week-end. Attendu sur ce terrain, le PJD n’arrive toujours pas cependant à prendre une position claire sur le projet de loi portant légalisation du cannabis, bottant en touche et affirmant seulement « apprécier la décision du Secrétariat général du parti d’ouvrir un débat public et de l’élargir aux institutions constitutionnelles (… ), en évoquant les dimensions économiques, sociales et culturelles de la région », peut-on lire.


Du reste, on prend position sur la réforme électorale, comme a pu le faire le secrétaire général du parti Saâdeddine El Otmani lors de son discours inaugural, soulignant que «  cet amendement constitue une violation flagrante du choix démocratique en tant que constance constitutionnelle et d’autres principes constitutionnels tels que le vote libre et la volonté de l’électeur », indique-t-on. On condamne également « l’acte provocateur des autorités algériennes afin d’empêcher les agriculteurs marocains d’accéder et d’exploiter leurs terres agricoles dans le nord de Oued Al Arja, dans la région de Figuig ». Un appel à trouver «  la bonne formule pour libérer les personnes condamnées dans le cadre de protestations sociales et les journalistes emprisonnés » est également lancé, invoquant « l’esprit de l’équité et réconciliation » mais aussi « la grâce royale ». 


Quant à un des sujets centraux devant être abordé lors de ce Conseil national, à savoir le gel de l’adhésion au parti de Abdelilah Benkirane, aucune avancée n’a été enregistrée à ce niveau, comprend-on du communiqué diffusé ce lundi. Ils appellent uniquement Abdelilah Benkirane « à revenir sur sa décision de gel de son adhésion au parti et à recontribuer activement aux côtés des membres du parti sur la voie de réforme du parti », indique-t-on, précisant que « l’ancien chef du gouvernement demeure un des symboles du parti », lit-on.


Pour cause, le Conseil national aura été entaché ce week-end par le leak d’un enregistrement de l’ancien secrétaire général du parti, Abdelilah Benkirane. À son domicile, Benkirane avait accueilli une délégation du parti venue chez lui ce samedi, pour le convaincre de revenir sur sa décision.


À ses « frères », la figure du PJD s’excusera de ne pas pouvoir revenir pour le moment au parti, en rappelant son point de discorde avec la direction mais aussi les parlementaires PJD : le vote pour le projet de loi portant légalisation du cannabis au Maroc. La discussion sera visiblement enregistrée, puis leakée sur des groupes Whatsapp et à la presse. Un audio d’une quarantaine de secondes, consulté par Le Desk, où on peut entendre Benkirane glisser un « si les parlementaires votent contre cette loi (légalisation du cannabis  ndlr), ils sont des miens et je suis des leurs. S’ils votent pour cette loi, il n’y aura plus rien à dire ». 


Pointé du doigt, Mohamed Yatim, qu’on accuse d’avoir leaké l’audio, tente maladroitement plus tard d’expliquer « qu’il s’agit d’un enregistrement réalisé de manière involontaire dans un groupe Whatsapp », sans toutefois préciser qu’il n’en est pas à l’origine. Il ajoute cependant avoir appelé Benkirane « pour lui expliquer ce qui s’est passé ». Un Yatim qui s’emmêle les pinceaux qui rappelle la fois où il a tenté d’expliquer le partage d’un article critique envers le Palais, par un piratage de son compte Facebook… 


Autrement dit, un couac de Mohamed Yatim qui met à mal la confiance au sein du groupe et ruine les efforts de la direction du PJD pour faire revenir l’ancien patron de la formation dans le giron du parti et éviter donc toute éventuelle scission… 





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