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02.05.2021 à 17 H 23 • Mis à jour le 02.05.2021 à 23 H 37
Par
Espagne

Brahim Ghali, chef du Polisario, devrait être entendu par un juge espagnol le 5 mai

Brahim Ghali, chef du Polisario. DR
Le magistrat Santiago Pedraz Gómez a émis un ordre d'audition de Brahim Ghali pour le 5 mai, ainsi que pour d’autres membres significatifs du Front Polisario. Une ordonnance consécutive à une plainte déposée par un dissident du Polisario, naturalisé espagnol, qui accuse la direction du Front de l'avoir torturé durant sa détention de cinq mois dans les geôles de Tindouf

Rebondissement dans l’affaire Ghali en Espagne. Un juge d’instruction madrilène, le magistrat Santiago Pedraz Gómez, a émis un ordre d’audition de Brahim Ghali ainsi que d’autres membres du Polisario pour le 5 mai , ceci en relation avec une plainte déposée par le dissident du Polisario, naturalisé espagnol, El Fadel Breika, pour « enlèvement, détention arbitraire et torture », rapportent des sources espagnoles. Les autorités de Madrid n’ont cependant pas encore fait cas officiellement de cette ordonnance judiciaire.


El Fadel Breika avait dénoncé, en 2020, devant le Conseil des droits de l’homme (CDH) à Genève, « la répression et les graves exactions commises par les tortionnaires du Polisario contre les habitants des camps de Tindouf sous le regard passif des autorités du pays d’accueil, l’Algérie ».


Intervenant dans le cadre de la 43ème session du CDH au Palais des Nations Unies, Breika avait pointé du doigt « la responsabilité juridique de l’Algérie dans les atrocités commises par les miliciens du Polisario avec l’appui des services et de l’armée algérienne contre les civils sahraouis des camps de Tindouf ».


Il a condamné au passage, « le mutisme des soi-disant défenseurs du peuple sahraoui sur les sévices et les violations commises contre les sahraouis par les dirigeants du Polisario, avec la complicité des services de sécurité algériens pour faire taire, par le feu et le sang, toute voix dissonante auxdits camps ».


Cinq mois de torture dans les bagnes de Tindouf

Blogueur, activiste des droits de l’Homme et dissident du Polisario, Breika venait d’être libéré des bagnes du Polisario où il avait, a-t-t’il témoigné, subi durant près de cinq mois, avec les deux blogueurs Mahmoud Zedan et Moulay Abba Bouzid, « des sévices physiques et psychologiques pour avoir osé dénoncer les graves violations des droits humains et la dépravation des dirigeants séparatistes ainsi que leur exploitation de la misère des populations des camps pour servir leurs intérêts personnels ».


Il raconte avoir été kidnappés les trois par des miliciens armés du Polisario, « pour la simple raison qu’ils avaient condamné sur les réseaux sociaux les graves violations contre les populations des camps de Tindouf ».


Les trois activistes sahraouis seront par la suite détenus, en violation de la loi, dans des lieux secrets, « où ils avaient été soumis à divers types de torture et d’abus ».


« Mon corps porte encore les traces des blessures et les marques de la torture que j’ai subie au cours des cinq derniers mois de l’année 2019 dans les prisons secrètes gérées par le Polisario, avec la bénédiction du gouvernement algérien », a témoigné Breika devant les membres du CDH, affirmant que toutes les opposants à l’idéologie du Polisario sont systématiquement soumis à la torture et à des sévices cruels.


Breika a appelé le Conseil des droits de l’homme et la communauté internationale à « faire pression sur l’Algérie pour qu’elle assume sa responsabilité légale en tant que pays d’accueil de la population sahraouie sur son territoire à Tindouf ».


L’ordonnance du juge d’instruction du Tribunal n°5 de l’Audience nationale à Madrid a été rendue le 13 avril, soit une semaine avant l’arrivée de Ghali en Espagne, précise-t-on.


D’autres chefs du Polisario convoqués par la justice

Brahim Ghali, arrivé en Espagne sous une fausse identité algérienne, est par ailleurs accusé d’avoir commis plusieurs crimes après le dépôt de plusieurs plaintes d’associations de victimes du Polisario présentées en 2008, 2013 et 2016.


Le juge a aussi requis, selon les mêmes sources, l’audition de Sid Ahmed El Batal, un haut responsable du Polisario en poste à Tindouf. Bachir Mustapha Sayed, conseiller spécial de Brahim Ghali sera pour sa part entendu le 7 mai.


Cette annonce intervient au lendemain de la parution de l’interview donnée par le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, à l’agence EFE dans laquelle il a exigé de l’Espagne d’agir en conséquence sous peine de voir les relations avec le Maroc se détériorer davantage.


Des victimes du chef du Polisario ont de leur côté, le 1er mai, manifesté sous les fenêtres de son hôpital à San Pedro de Logrono dans le nord du pays.

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