Newsroom
Le meilleur de l’actualité au fil des événements

Connectez-vous

Mot de passe oublié ?

Abonnez-vous !

Découvrez l'offre de lancement du Desk

60 DH
1 mois
Découvrir les offres
08.08.2021 à 15 H 30 • Mis à jour le 08.08.2021 à 16 H 51
Par
Sahara

Le Polisario menace la compagnie aérienne espagnole Binter

Un avion de la compagnie aérienne low cost Binter. DR
Le représentant du Polisario en Espagne a adressé une lettre au président de Binter Canarias menaçant la compagnie aérienne espagnole de poursuites judiciaires. Le Front conteste sa décision de reprendre les vols entre les aéroports de Gran Canaria (Canaries) et Laâyoune, comme il le fait inlassablement depuis 2018

Le Front Polisario a demandé à la compagnie aérienne low cost espagnole Binter Canarias d’interrompre les vols qu’elle a repris avec le Sahara et prévient qu’elle engagera des poursuites judiciaires contre cette activité, qu’elle qualifie « d’activité illégale ».


Dans une lettre du représentant du Polisario en Espagne, Abdullah Arabi, au président de la compagnie aérienne, celui-ci conteste la décision de reprendre les vols entre les aéroports de Gran Canaria (Canaries) et Laâyoune.


Arabi use des arguments souvent répétés du Polisario : le fait qu’il s’agit d’un « territoire non autonome » selon l’ONU et que l’arrêt datant de 2018 de la Cour de justice de l’Union européenne 2018 oblige au consentement de la population du Sahara pour que les accords et contrats de l’UE avec le Maroc incluent ce territoire.


Ce n’est pas la première fois que le Front Polisario s’agite contre Binter. Déjà en 2018, le Polisario avait saisi le Conseil de l’Union européenne et le chef du gouvernement espagnol sur la question de l’espace aérien du Sahara. Le Polisario accusait l’UE et Madrid de violation de l’espace aérien, en se fondant sur la même ordonnance du tribunal de l’UE du 30 novembre 2018.


Celui-ci avait annulé le recours introduit au mois d’avril de cette année-là par le Polisario contre l’accord relatif aux services aériens entre l’UE et le Maroc, mais avait statué qu’il ne s’appliquait pas au territoire contesté.


Le texte avait pour ambition de favoriser et de développer les liaisons aériennes entre le Maroc et les pays membres de l’UE dans une logique d’ouverture des marchés. Dans ce sens, il était question de mettre à niveau la législation marocaine en matière de contrôle aérien, de sécurité, de réglementation commerciale ou encore de protection des consommateurs.


Or la région d’information de vol (FIR) et le contrôle aérien dans le territoire contesté sont rattachés aux îles Canaries, donc à l’Espagne.


En contestant ce vieil héritage du mandat espagnol sur la zone, le Polisario espérait contraindre les compagnies aériennes à interrompre leur desserte de Laâyoune et Dakhla qui connaît depuis quelques années une recrudescence de son activité touristique, notamment en ce qui concerne les sports nautiques. Sont particulièrement visées Binter, qui dessert la ville depuis les Canaries, mais aussi Transavia qui avait lancé une ligne Paris-Dakhla, grâce à un soutien financier de Rabat qui veut faire de la « Perle du Sud », une de ses vitrines du développement local.


Le Maroc, appuyé par l’exécutif de l’UE, a une toute autre interprétation de la logique de consentement des populations locales qu’il fait valoir par les instances élues de la région et par les avantages socio-économiques de telles liaisons aériennes.

©️ Copyright Pulse Media. Tous droits réservés.
Reproduction et diffusions interdites (photocopies, intranet, web, messageries, newsletters, outils de veille) sans autorisation écrite