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16.04.2022 à 20 H 04 • Mis à jour le 16.04.2022 à 20 H 04
Par
Terrorisme

Cherkaoui Habboub, chef du BCIJ : le Sahel est le foyer qui inquiète le plus Rabat

Le directeur du BCIJ, Cherkaoui Habboub. MAP
Dans une interview accordée à l’agence de presse espagnole EFE, le directeur du Bureau central d'investigation judiciaire (BCIJ), dépendant du renseignement intérieur (DGST) et chargé de toutes les affaires liées au terrorisme au Maroc, Habboub Cherkaoui, affirme que la menace jihadiste au Sahel est préoccupante. Il regrette que l’Algérie refuse toute coopération avec le Maroc pour l’endiguer

La région du Sahel, théâtre d’une montée sans précédent de l’État islamique (EI) ces derniers mois, est devenue le foyer terroriste qui inquiète le plus le Maroc pour être un « refuge sûr » pour les djihadistes, a déclaré le directeur du Bureau central d’enquête judiciaire (BCIJ), dépendant du renseignement intérieur (DGST) et chargé de toutes les affaires liées au terrorisme au Maroc, Cherkaoui Habboub, dans une interview accordée à l’agence de presse espagnole EFE.


Pour Cherkaoui, l’EI est « intensément actif » au Sahel qui génère également « une grande inquiétude au niveau régional et international, et constitue une menace non seulement pour les Africains pays mais aussi pour les pays arabes et européens ».


« Le foyer qui dérange et inquiète le plus le Maroc, actuellement, est la zone du Sahel, qui est devenue un refuge sûr et fertile pour les réseaux terroristes (… ) et où l’EI s’est déplacé après sa défaite en Syrie et en Irak », a-t-il dit.


L’escalade terroriste dans la zone coïncide avec deux coups d’État successifs au Mali, en août 2020 et en mai 2021, et un autre au Burkina Faso en janvier dernier, auxquels il faut ajouter le retrait des troupes antiterroristes françaises du Mali et la suspension du travail des instructeurs militaires de l’Union européenne.


Outre le terrorisme, a souligné le chef antiterroriste, le Sahel est un espace dans lequel prolifèrent différents réseaux criminels organisés spécialisés dans la traite des êtres humains, l’émigration clandestine, la contrebande et le trafic d’armes et de drogue.


« Ce qui inquiète le Maroc, c’est aussi la collusion entre (le terrorisme) et les réseaux criminels qui peuvent financer des organisations terroristes grâce à leurs profits », a-t-il ajouté.


L’idéologie de l’Etat islamique continue de gagner des adhérents

« L’idéologie de l’EI continue de gagner des adhérents au Maroc et les personnes fidèles à ce groupe ont toujours le désir d’aller dans les points chauds du conflit, mais en particulier dans la région du Sahel », a expliqué Habboub.


Selon lui, face à ces menaces, les services de sécurité marocains agissent « efficacement dans le cadre de leur stratégie d’anticipation », arrêtant ceux qui envisagent d’émigrer vers ces zones ou de mener des attaques au Maroc.


Ces dernières années, le service antiterroriste a détecté des liens entre des jihadistes arrêtés au Maroc et la zone du Sahel, et la plupart des armes à feu saisies avec les détenus proviennent de cette région subsaharienne.


En octobre 2020, le Maroc a démantelé à Tanger une cellule terroriste composée de quatre partisans présumés de l’EI qui entendaient rejoindre la filiale du groupe dans la zone subsaharienne, où opère également Al-Qaïda.


Le responsable a critiqué le fait que, malgré ce danger, les autorités algériennes, qui partagent des frontières directes avec le Mali et le Niger, « continuent de refuser de collaborer avec leurs homologues marocains dans la lutte contre le terrorisme ».


« Nous sommes préoccupés par la proximité de notre territoire avec les camps du Front Polisario à Tindouf car il est confirmé qu’il y a des jeunes qui y ont été recrutés par des imams locaux et envoyés dans les rangs d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) », a soutenu Habboub.


Rabat organise les rapatriements de jihadistes

Habboub note que l’EI a perdu ses bastions au Moyen-Orient et que Rabat étudie comment rapatrier les jihadistes marocains pour qu’ils soient poursuivis. Ce rapatriement inclura leurs proches piégés dans cette zone.


Selon les chiffres du BCIJ, 1 663 personnes se sont rendues du Maroc dans la zone syro-irakienne pour combattre dans les rangs de divers groupes jihadistes, dont 1 062 ont rejoint l’EI.


Parmi eux, 747 sont morts, 251 ont été détenus en Syrie et en Irak et 270 sont retournés au Maroc. La moitié d’entre eux ont été jugés, en vertu d’une loi qui punit « l’incorporation dans les zones de conflit », d’une peine pouvant aller jusqu’à dix ans de prison.


Avec ces jihadistes, 291 femmes ont voyagé, dont beaucoup ont eu des enfants une fois installées dans cette région. Une centaine d’entre elles sont retournées au Maroc et on estime que 136 femmes et 630 mineurs sont détenus dans la région, puisque seules 82 d’entre elles sont revenues.


La dernière opération antiterroriste menée par le Maroc remonte au 16 mars et a abouti à l’arrestation simultanée de cinq « loups solitaires » fidèles à l’EI, qui prévoyaient d’attaquer des installations gouvernementales et d’assassiner des responsables de l’État.

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