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27.08.2022 à 14 H 36 • Mis à jour le 28.08.2022 à 05 H 13
Par
Polisario à la Ticad 8

Rabat répond à Tunis qui a tenté de « justifier son acte hostile par des approximations et contrevérités »

Nasser Bourita Crédit : Mustapha Razi / Le Desk
Dans un communiqué diffusé en réplique à celui émis par le Palais de Carthage pour justifier la présence et l’accueil digne d’un chef d’Etat réservé au chef du Polisario par le président tunisien Kais Saied, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères affirme que la Tunisie « n’avait pas le droit d’établir un processus d’invitation unilatérale, parallèle et spécifique à l’entité séparatiste »

Le communiqué publié hier par le ministère des Affaires étrangères de la République tunisienne pour « tenter de justifier a posteriori l’acte hostile et profondément inamical commis par les autorités tunisiennes à l’égard de la Cause Nationale première et des intérêts supérieurs du Royaume du Maroc, contient de nombreuses approximations et contrevérités. Loin de lever les ambiguïtés qui entourent la position tunisienne, il n’a fait que les approfondir », informe le porte-parole de la diplomatie marocaine dans un communiqué de réplique à celui émis ce matin par le Palais de Carthage.


S’agissant du cadre de la TICAD, « elle ne constitue pas une réunion de l’Union Africaine, mais un cadre de partenariat entre le Japon et les pays africains avec lesquels il entretient des relations diplomatiques. La TICAD fait, ainsi, partie des partenariats africains, comme il en existe avec la Chine, l’Inde, la Russie, la Turquie ou encore les Etats-Unis, et qui ne sont ouverts qu’aux Etats africains reconnus par le partenaire. En conséquence, les règles de l’Union Africaine et son cadre de travail, que le Maroc respecte entièrement, ne s’appliquent pas en l’occurrence », poursuit la même source.


Concernant l’invitation, il a été convenu dès le départ et avec l’accord de la Tunisie, que seuls pourront prendre part à la TICAD, les pays ayant reçu une invitation cosignée par le Premier Ministre Japonais et le Président tunisien, explique-t-on.


Une note verbale officielle diffusée par le Japon, le 19 août 2022, (document ci-après) souligne explicitement que cette invitation cosignée est « l’unique et authentique invitation sans laquelle aucune délégation ne sera autorisée à participer à la Ticad 8 », en précisant que « cette invitation n’est pas destinée à l’entité mentionnée dans la note verbale du 10 août 2022 », c’est-à-dire l’entité séparatiste, poursuit le porte-parole du département de Nasser Bourita.


C’est dans ce cadre que 50 invitations ont été envoyées aux pays africains qui ont des relations diplomatiques avec le Japon. La Tunisie n’avait donc pas le droit d’établir un processus d’invitation unilatérale, parallèle et spécifique à l’entité séparatiste, contre la volonté explicite du partenaire japonais, ajoute le communiqué du MAE.


Ticad 8La Mission du Japon auprès de l’Union africaine (UA) a précisé dans une note verbale datée du 19 août adressé à la Commission de l’UA, le 19 août 2022 que seuls sont autorisés à la Ticad 8 les Etats conjointement invités par le premier ministre nippon Kishida Fumio et le président tunisien Kaïs Saïed


Le cadre de la Ticad n'est pas ouvert à tous les membres de l'UA

Le communiqué de la Tunisie fait preuve de la même approximation sur la position africaine. Cette position a toujours été fondée sur une participation inclusive des Etats africains, et non pas des membres de l’UA. Elle est fondée sur la Décision 762 du Sommet de l’UA, qui précise que le cadre de la Ticad n’est pas ouvert à tous les membres de l’UA, et que le format est défini par la même décision et par les arrangements avec le partenaire, fait-on savoir.


Même la résolution du Conseil exécutif de Lusaka de juillet 2022, s’est contenté d’ « encourager l’inclusivité » tout en la conditionnant par « la conformité avec les décisions pertinentes de l’UA », en l’occurrence la Décision 762, rappelle le ministère des Affaires étrangères.


Pour ce qui est du fond de la neutralité et de la référence du communiqué au « respect des résolutions des Nations Unies » par rapport à la question du Sahara, il faut rappeler que l’abstention surprenante et inexpliquée de la Tunisie lors de l’adoption de la résolution 2602 du Conseil de Sécurité, en octobre dernier, jette un doute sérieux et légitime sur son soutien au processus politique et aux résolutions des Nations Unies,  estime la diplomatie marocaine.


Par rapport, enfin, à l’accueil réservé par le chef de l’Etat tunisien au chef de la milice séparatiste, la référence obstinée du communiqué tunisien à « l’accueil des invités de la Tunisie sur un pied d’égalité » suscite la plus grande surprise, sachant que ni le gouvernement tunisien ni le peuple tunisien ne reconnaissent cette entité fantoche. Il témoigne d’un acte d’hostilité aussi flagrante que gratuite, et qui n’a rien à voir avec la « tradition d’hospitalité tunisienne » qui, en tout état de cause, ne peut en aucun cas s’appliquer aux ennemis des frères et amis qui ont toujours été aux côtés de la Tunisie dans les moments difficiles, conclut le ministère des Affaires étrangères.

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