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31.03.2025 à 02 H 03 • Mis à jour le 31.03.2025 à 02 H 03
Par
Justice

Grâce royale : Abdelkader Belliraj libéré après 17 ans de prison

Abdelqader Belliraj, arrivant à un tribunal à Salé, au Maroc, en 2008. © 2008 Abdelhak Senna/AFP via Getty Images
Condamné à perpétuité en 2010 pour être le cerveau d’une des plus dangereuses organisations terroristes, le Belgo-marocain Abdelkader Belliraj avait vu sa peine réduite à 25 ans de réclusion en 2022. Il fait partie des 33 détenus jugés dans des affaires d’extrémisme graciés par le Roi à l’occasion de Aïd El Fitr

Abdelkader Belliraj, condamné à la prison à vie lors d’un des plus célèbres procès antiterroristes du Maroc et qui avait vu sa peine réduite à 25 ans en 2022, a été libéré du pénitencier de l'Oudaya à Marrakech, apprend-on de sources judiciaires.


Belliraj fait partie des 33 détenus (parmi les 1 533 graciés au total par le Roi à l’occasion de Aid El Fitr) condamnés dans des affaires d’extrémisme et de terrorisme. Ceux-ci ont obtenu l’approbation royale « après avoir officiellement exprimé leur attachement aux constantes et aux sacralités de la Nation et aux institutions nationales, révisé leurs orientations idéologiques et rejeté l’extrémisme et le terrorisme », indique un communiqué du ministère de la Justice.


En janvier 2020, Human Rights Watch (HRW) avait dénoncé l'isolement abusif de Belliraj depuis trois ans . Il aura passé 17 années derrière les barreaux.


Chef de réseau, meurtres en Belgique

L’« affaire Belliraj » avait fait les gros titres au Maroc en 2008, quand le ministre de l’Intérieur de l’époque, Chakib Benmoussa, avait annoncé l’arrestation de 35 hommes censés composer « une des plus dangereuses organisations terroristes récemment démantelées ». Mais selon sa défense et les ONG de défense droits de l’Homme, les accusations contre Belliraj et ses 34 coaccusés, dont cinq personnalités politiques et un journaliste de télévision, ne portaient sur aucun acte concret depuis 2001 au moins.


En outre, les actes attribués à Belliraj, présumé chef de réseau, comprenaient des meurtres en Belgique au sujet desquels les autorités belges n’avaient pas voulu lancer de poursuites : le Belgo-marocain, au parcours trouble, est notamment accusé d'avoir joué un rôle dans l’assassinat de six individus à Bruxelles entre 1988 et 1989, dont le Dr. Joseph Wybran, alors Président du Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (CCOJB), et le recteur de la grande mosquée de Bruxelles. On lui attribue aussi un braquage à Casablanca pour lequel d’autres personnes avaient déjà été jugées et condamnées.


Des aveux sous la contrainte, selon les accusés

Plusieurs accusés, dont Belliraj, ont déclaré qu’ils avaient été enlevés puis détenus au secret pendant des semaines, durant lesquelles ils étaient interrogés sous la contrainte et maltraitance. Tous les accusés ont déclaré avoir été forcé de signer de faux aveux, plus tard utilisés comme principale preuve à charge contre eux. Le tribunal de première instance, les a tous reconnus coupables en 2009, et la cour d’appel, a confirmé les condamnations en 2010. Les verdicts concernant 29 accusés résidents au Maroc et 2 en Belgique, allaient de peines de prison avec sursis jusqu’à la prison à perpétuité.


En juin 2011, la Cour de cassation a confirmé la plupart des verdicts mais décidé que six accusés devaient être rejugés. Cinq d’entre eux ont été condamnés à nouveau, le sixième a été acquitté.


En 2012, le roi Mohammed VI a gracié le journaliste, quatre des cinq personnalités politiques impliquées dans l’affaire dont le secrétaire général du parti islamo-gauchiste Al-Badil Al-Hadari interdit, Mohamed Moatassim et son adjoint Mohammed Amine Regala, ainsi qu’un autre prisonnier qui avait de graves problèmes de santé. Deux autres ont été graciés en 2017, et 17 sont sortis de prison à diverses dates après avoir purgé leurs peines. Quelques condamnés à des peines lourdes étaient encore derrière les barreaux, dont Belliraj.

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