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22.06.2025 à 15 H 45 • Mis à jour le 22.06.2025 à 15 H 47
Par
Moyen-Orient

« Midnight Hammer » : le récit de la frappe furtive contre les sites nucléaires iraniens

Le chef d’état-major interarmées américain, le général Dan Caine, lors d’une conférence de presse sur les frappes américaines contre l’Iran, baptisées Opération Midnight Hammer. Crédit : AP
Le Pentagone a livré les détails de l'opération « Midnight Hammer » lancée depuis le sol américain dans la nuit de samedi à dimanche contre trois sites nucléaires iraniens : Fordo, Natanz et Ispahan. Washington revendique une destruction massive des installations, assurant avoir conservé l’effet de surprise jusqu’au bout

Dans la nuit du samedi 21 au dimanche 22 juin, une opération militaire d’une ampleur rarement égalée s’est déroulée au-dessus de l’Iran. Trois sites stratégiques du programme nucléaire iranien – Fordo, Natanz et Ispahan – ont été simultanément frappés par l’aviation américaine dans le cadre de l’opération baptisée « Midnight Hammer », ou « Marteau de minuit » pour les non anglophones. Conçue dans la plus grande discrétion, exécutée avec une précision chirurgicale, cette frappe est déjà saluée par le président Donald Trump comme « une réussite militaire spectaculaire ». Son secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, n’a pas hésité à affirmer que le programme nucléaire iranien avait été « dévasté ».


Une mission dans les cartons depuis des mois

Lors d’une conférence de presse au Pentagone, Hegseth et le chef d’état-major interarmées, le général Dan Caine, ont levé le voile sur les préparatifs méticuleux de cette opération. Selon eux, « Midnight Hammer » était dans les tuyaux depuis des mois. L’armée américaine s’était organisée dans l’hypothèse où le président donnerait son feu vert. La mission a mobilisé des moyens humains et technologiques exceptionnels, dans ce qui constitue, selon les mots du général Caine, « l’opération la plus longue menée par des bombardiers américains depuis plus de vingt ans ».


Whiteman, Missouri : départ à 11 000 kilomètres de la cible

Les avions utilisés – sept bombardiers furtifs B‑2 Spirit – ont décollé de la base de Whiteman, dans le Missouri, à plus de 11 000 kilomètres de l’Iran. Pour conserver l’effet de surprise, un groupe de B-2 a été envoyé vers le Pacifique, à l’ouest, dans une manœuvre de diversion destinée à tromper les radars et analystes ennemis. « Une partie du groupe s’est dirigée vers l’ouest et dans le Pacifique pour servir de leurres. Il s’agissait d’une opération de diversion dont seuls quelques rares planificateurs et dirigeants-clés ici à Washington et à Tampa avaient connaissance », a expliqué Caine.


Opération Midnight Hammer. Crédit: Yasin Öztürk/ Anadolu


Dans le même temps, les véritables appareils chargés de l’opération prenaient le cap de l’est pour un vol de 18 heures, ponctué de plusieurs ravitaillements aériens, et dans un silence radio quasi absolu. « Le groupe principal, composé de sept bombardiers B-2 Spirit, chacun avec deux membres d’équipage, s’est dirigé discrètement vers l’est avec un minimum de communications pendant les dix-huit heures de vol jusqu’à la zone cible. Les avions ont effectué plusieurs ravitaillements en vol. Une fois au-dessus des terres, les B-2 ont rejoint les avions d’escorte et de soutien dans une manœuvre complexe et minutée, nécessitant une synchronisation parfaite entre plusieurs plateformes dans un espace aérien restreint. Tout cela a été réalisé avec un minimum de communications », a poursuivi Caine.


L’entrée en Iran : une partition millimétrée

À l’approche de la zone cible, dans la nuit de samedi à dimanche, le groupe d’attaque a été rejoint par des avions de chasse, chargés d’assurer une protection rapprochée. Peu après minuit, heure locale iranienne, l’ensemble du dispositif a pénétré l’espace aérien de la République islamique. À ce moment précis, un sous-marin américain positionné dans la région lançait plus de vingt missiles Tomahawk contre des infrastructures terrestres, en soutien au passage des bombardiers.


« Ce type d’intégration est précisément ce que nos forces interarmées font mieux que quiconque dans le monde. Hier soir, vers 17 heures, heure de la côte Est, juste avant que le groupe d’attaque n’entre en Iran, un sous-marin américain dans la zone de responsabilité du commandement central a lancé plus d’une vingtaine de missiles de croisière Tomahawk contre des infrastructures terrestres-clés, à chaque fois que le groupe d’attaque de l’opération Midnight Hammer pénétrait dans l’espace aérien iranien », a précisé le général Caine.


La frappe a été orchestrée avec une précision extrême. Tandis que les chasseurs procédèrent à des tirs de suppression pour neutraliser toute défense antiaérienne, le B‑2 de tête largua à 2h10 (heure locale) deux bombes GBU-57, surnommées « Massive Ordnance Penetrator » (MOP), capables de perforer jusqu’à 60 mètres de béton avant d’exploser. Ces armes de 13 tonnes, dont seule l’armée américaine détient l’usage, étaient utilisées pour la première fois dans un contexte opérationnel. En tout, quatorze MOP furent larguées, touchant les installations sensibles de Fordo et Natanz.


Ispahan en dernier, pour garder l’effet de surprise

Parallèlement, les missiles Tomahawk atteignaient leur objectif à Ispahan, dernière salve de l’opération, visant à maintenir l’effet de surprise jusqu’au bout. En une vingtaine de minutes, les trois sites iraniens avaient été frappés par environ 75 armes guidées de précision, dans ce qui s’apparente à une exécution sans accroc.


Une fois les frappes achevées, les B-2 ont repris le chemin du retour vers les États-Unis. Ils ont été une nouvelle fois ravitaillés en vol. D’après le général Dan Caine, aucun tir de défense iranien n’a été relevé. Les radars n’auraient pas détecté l’incursion, et aucun avion iranien ne serait intervenu. Le Pentagone se félicite de ce succès tactique majeur : « Nous avons conservé l’effet de surprise jusqu’à la fin. C’est ce que nous faisons de mieux ».

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