Ifrane, capitale du tourisme durable lors d’une conférence internationale de haut niveau
Imad Barrakad, DG de la SMIT. Crédit : MAP
La ville d’Ifrane a accueilli mercredi une conférence internationale de haut niveau consacrée au tourisme durable, réunissant plus de 150 experts, investisseurs et opérateurs autour du thème « Quelles perspectives pour le tourisme vert ? ». L’événement, organisé par la Société Marocaine de l’Ingénierie Touristique (SMIT) en partenariat avec le Centre Régional d’Investissement (CRI) de Fès-Meknès et l’Agence Nationale des Eaux et Forêts (ANEF), a mis en lumière la volonté du Maroc d’accélérer la transition vers un modèle touristique plus inclusif, respectueux de l’environnement et créateur de valeur pour les territoires.
Un modèle d’investissement responsable
Dans son intervention, le Directeur général de la SMIT, Imad Barrakad, a souligné que l’ingénierie touristique marocaine joue un rôle stratégique dans le développement d’un écosystème d’investissement responsable, en intégrant systématiquement des formes d’hébergement alternatifs et des activités de plein air en phase avec les nouvelles tendances de consommation. « Nous veillons à ce que chaque projet que nous accompagnons place la durabilité au cœur de sa conception et de son exécution », a-t-il déclaré.
Le choix d’Ifrane comme ville hôte de la conférence a été présenté comme un symbole : le Parc National d’Ifrane fait actuellement l’objet d’un ambitieux programme écotouristique mobilisant plus de 730 millions de dirhams (MDH) d’investissements publics et privés. Ce projet propose des infrastructures innovantes à faible empreinte carbone : bulles transparentes, cabanes perchées, igloos de montagne et gîtes flottants viendront compléter une offre riche d’activités de nature, créant ainsi un modèle de destination qui valorise les paysages et profite directement aux TPME et aux communautés locales.
Les collectivités locales engagées
Pour Omar Jaid, président du Conseil provincial du tourisme d’Ifrane, cet événement « représente une occasion importante pour le développement de l’écotourisme dans la région ». Il a rappelé que cette thématique correspond parfaitement à l’identité d’Ifrane, ville tournée vers la nature et le tourisme écologique, et qu’elle permet de mettre en avant ses atouts culturels et environnementaux.
Abdelouahad Al Ansari, président du Conseil régional de Fès-Meknès, a insisté sur le fait que le tourisme durable constitue un choix stratégique pour concilier croissance économique, préservation des ressources et amélioration des conditions de vie des populations. Selon lui, le réaménagement du Parc national d’Ifrane ambitionne de faire de la ville une référence nationale et internationale en matière de tourisme de nature, tout en intégrant les communautés dans les activités touristiques, la valorisation des produits du terroir et la promotion de l’artisanat.
Une priorité nationale pour le gouvernement
La ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, Fatim-Zahra Ammor, a affirmé que le Maroc entend faire du tourisme durable un levier stratégique de développement équilibré et inclusif. Elle a rappelé que le pays accueille plus de 17 millions de visiteurs par an, mais doit désormais veiller à la maîtrise de son empreinte environnementale.
La ministre a mis en avant la progression de la part des visiteurs recherchant des expériences durables, passée de 5 % en 2019 à 10 % en 2024, ainsi que l’impact positif sur l’emploi local, notamment dans les maisons d’hôtes, refuges de montagne et coopératives féminines. Elle a cité des dispositifs comme la nouvelle charte de l’investissement, qui offre des incitations aux projets responsables, la nouvelle loi sur les hébergements touristiques qui introduit des formules alternatives comme l’hébergement chez l’habitant, ainsi que le programme Go Siyaha, qui subventionne jusqu’à 40 % des projets durables.
Concernant Ifrane, elle a rappelé que le projet de réaménagement du Parc national bénéficie d’une enveloppe de 640 millions de dirhams d’investissements publics et 93 millions de dirhams privés, et vise à proposer aux visiteurs une expérience alliant immersion écologique, activités sportives et de loisirs.
Gouvernance et gestion des ressources
Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’Eau, a insisté sur la nécessité d’une gouvernance concertée et de partenariats solides pour transformer les ambitions en projets concrets. Il a souligné l’importance de prendre en compte les impacts économiques, sociaux et environnementaux du tourisme et d’adopter des pratiques respectueuses de la biodiversité, des ressources et du climat.
Abordant le défi majeur de l’eau, il a appelé à généraliser les solutions d’économie d’eau, de dessalement et de réutilisation des eaux usées traitées dans les établissements touristiques, dans un contexte marqué par un stress hydrique aigu. Le ministre a également mis en avant la dimension transversale du secteur et l’importance des financements d’infrastructures, citant l’exemple de la route provinciale n° 7217 reliant la RN8 à Aïn Louh pour un coût de 60 MDH, dont l’appel d’offres est attendu avant fin 2025.
En créant un espace de dialogue public-privé, cette conférence internationale marque un pas supplémentaire dans l’effort national pour faire du Maroc une destination touristique durable et compétitive à l’horizon 2030. Sous la conduite du Roi Mohammed VI, le Royaume ambitionne d’accueillir 26 millions de visiteurs tout en consolidant un modèle équilibré, respectueux de l’environnement et générateur d’opportunités économiques pour l’ensemble des territoires.
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