Akdital annonce un plan d’investissement de 1,4 MM$ en Arabie saoudite, 1 000 lits visés d’ici 2030
Ilyas El Harti, directeur général adjoint du groupe Akdital, et Jaouad Zakaria, vice-président du groupe, au salon Global Health Exhibitions à Riyad, en Arabie saoudite. Crédit : Akdital / FB
Le groupe Akdital, leader de la santé privée au Maroc, intensifie son développement international en Arabie saoudite. Après avoir posé un premier pied dans le pays avec la reprise de l’hôpital Abdul Rahman Al Mishari à Riyad, à la suite de la signature de deux partenariats d'envergure dans le pays, le groupe a révélé un plan d’investissement ambitieux de 1,4 milliard de dollars (MM $), soit près de 14 milliards de dirhams (MMDH), d'ici 2030.
Cette annonce marque une étape décisive dans la stratégie internationale d’Akdital, qui entend capitaliser sur la croissance rapide du secteur de la santé en Arabie saoudite, ainsi que sur le soutien des autorités locales et des différents partenaires. « Notre objectif est d’accélérer le développement de plusieurs projets hospitaliers en Arabie saoudite, main dans la main avec des partenaires locaux sérieux », a affirmé, ce 29 octobre, Ilyas El Harti, directeur général adjoint du groupe, lors d’une visioconférence avec les médias marocains en marge du salon Global Health Exhibitions à Riyad.
Vers 1 000 lits à l’horizon 2030
Le plan d’investissement de 1,4 MM $ en Arabie saoudite permettra de financer l’ensemble des projets hospitaliers sur le territoire, qu’ils soient en brownfield, via la reprise d’établissements préexistants, ou en greenfield, avec la construction de nouvelles structures. Selon El Harti, les investissements immobiliers représenteront 25 % de ce budget, tandis que les équipements et aménagements médicaux mobiliseront 20 % de l’enveloppe. Comme au Maroc, la stratégie d’Akdital dans le pays repose sur la séparation entre la partie immobilière, portée par ses partenaires, et la gestion médicale et équipements, financée par le groupe.
Deux projets sont en cours à Riyad : l’hôpital Abdul Rahman Al Mishari, qui sera pleinement opérationnel sous l’égide d’Akdital début 2026, et un projet greenfield en développement. L’objectif du groupe est d’atteindre 1 000 lits d’ici 2030, à travers ces deux projets et « d’autres opportunités à venir », précise le directeur général adjoint.
Le financement inclut également les dépenses d’exploitation sur la période 2025-2030. Le montant à mobiliser directement par le groupe oscillera entre 1 et 1,2 MM $ (environ 10,2 à 12,2 MMDH), ajoute El Harti. Pour sécuriser cette expansion, Akdital mène actuellement une levée de fonds au Maroc, via un emprunt obligataire, et prévoit d’ouvrir le capital de sa future sous-holding à des fonds internationaux de private equity.
Une sous-holding à Riyad pour gérer le développement au Moyen-Orient
Pour piloter cette expansion, Akdital crée donc une sous-holding à Riyad, rattachée à Akdital Maroc. Cette structure servira de siège régional pour tous les projets saoudiens et émiratis, et permettra l’intégration de partenaires financiers et industriels. « La sous-holding est en cours de mise en place pour accueillir des investisseurs et superviser le développement opérationnel sur place », précise El Harti.
Cette structure permettra surtout l’ouverture du capital à des partenaires internationaux et fonds de private equity. « Sur l’enveloppe globale annoncée, environ 15 % seront alloués directement par Akdital et ses partenaires, ce qui représente un maximum de 200 millions de dollars », détaille El Harti. Alors que le groupe injectera sa part progressivement, il sera question d’intégrer d’autres partenaires et d’assurer leur injection de capitaux.
Cette structure vise également à faciliter le financement des nouveaux projets, qui, n’ayant pas encore de track-record sur le marché saoudien et régional, ne sont pas éligibles au financement bancaire classique. « Les projets internationaux nécessiteront donc un financement en equity, apporté par Akdital et ses partenaires financiers », ajoute le directeur général adjoint.
Ayant pour mission de coordonner les différents projets, aussi bien en Arabie Saoudite qu’aux Émirats arabes unis, cette sous-holding serait également un levier stratégique pour accélérer les projets hospitaliers et exploiter les opportunités que présentent ces marchés, tout en permettant au groupe de bénéficier de l’ensemble des incitations financières, fiscales, juridiques et réglementaires offertes.
Des ambitions régionales « maîtrisées »
Après avoir exploré plusieurs marchés en Afrique subsaharienne pour son développement international, Akdital a porté son choix sur le Moyen-Orient, en se concentrant sur deux pays : l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis. Pour le groupe, ces marchés offrent un fort potentiel de croissance dans le secteur privé de la santé et permettent au groupe de mettre à profit son modèle éprouvé au Maroc.
Alors qu’en Arabie Saoudite deux projets sont déjà en cours, aux Émirats arabes unis, Akdital développe également deux projets, dont un est en construction à Dubaï depuis avril 2025, avec une mise en service prévue pour le troisième trimestre 2027. Il s’agira d’un hôpital multidisciplinaire intégrant l’oncologie et certaines spécialités adaptées au marché local. Le second projet à Ras El Khaïmah complète le portefeuille prévu dans le pays.
Le choix de ces deux marchés repose sur plusieurs facteurs globaux : un déficit d’infrastructures hospitalières par rapport à la demande, un potentiel important dans le segment mid-to-high, et un fort soutien des autorités locales. Par ailleurs, ces pays connaissent la généralisation de l’assurance maladie et « veulent par conséquent profiter de l'expertise du modèle Akdital qui a fait ses preuves au Maroc », souligne El Harti.
Sur le plan médical, le groupe vise le développement d’hôpitaux multidisciplinaires, incluant oncologie, cardiologie chirurgicale et interventionnelle, ainsi que d’autres spécialités adaptées aux besoins locaux. Si le groupe ambitionne de reproduire une success-story, à l’instar des résultats réalisés au Maroc, où son réseau compte déjà 42 établissements, plusieurs considérations sont à prendre en compte dans les deux pays.
« Espérer surprendre le marché pour atteindre 40 établissements serait difficile, dans la mesure où nous ne sommes pas dans les mêmes niveaux d’investissement qu’au Maroc. Dans ces pays, l’investissement foncier et construction est excessivement cher, et il serait peut-être difficile d’implanter des établissements dans des villes de taille moyenne, car l’écosystème est totalement différent », tempère El Harti, avant d’ajouter : « Nous avons des ambitions fortes mais maîtrisées et contrôlées ».
Des passerelles « technologiques et humaines »
L’implantation d’Akdital au Moyen-Orient vise à créer de véritables passerelles technologiques et humaines entre le Maghreb et la région. « Cette implantation permettra de développer des passerelles technologiques pour les outils médicaux et les systèmes accompagnant le parcours patient, depuis l’admission jusqu’au recouvrement », explique Ilyas El Harti, directeur général adjoint du groupe. La dimension humaine est tout aussi importante. Des échanges de compétences sont envisagés, à travers des panels et des collaborations entre les équipes marocaines et celles du Moyen-Orient. « Tout cela ne peut être que bénéfique, aussi bien au Maroc que dans ces pays », ajoute-t-il.
En ce qui concerne les ressources humaines, les marchés saoudien et émirati disposent de plateformes solides de personnel qualifié, incluant des professionnels locaux et des talents venant de pays voisins, notamment de Jordanie, d’Égypte, d’Asie de l’Est, note le responsable. La majorité des ressources médicales, paramédicales et administratives assignées à la gestion des hôpitaux d’Akdital proviendra donc de ces marchés locaux.
Néanmoins, certaines expertises administratives marocaines pourront être détachées pour des missions spécifiques ou des fonctions stratégiques afin de garantir l’alignement avec les standards Akdital. « Rien n’empêche également de faire l’inverse, c’est-à-dire de profiter de certaines compétences présentes sur place pour les ramener au Maroc, de manière permanente ou occasionnelle, afin d’enrichir nos équipes et nos pratiques », ajoute El Harti.
Cette stratégie vise à créer un écosystème intégré, où l’expertise locale et internationale se combine pour renforcer la qualité des soins, optimiser le parcours patient et accompagner le développement rapide et maîtrisé du groupe dans la région.
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