CAN-2025 : face à la Tanzanie, Walid Regragui met en garde contre tout excès de confiance
CAN 2025 : Walid Regragui lors de la conférence de presse du Maroc et de la Tanzanie. Crédit : MAP
À la veille du huitième de finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 face à la Tanzanie, prévu dimanche à 17h00 au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, Walid Regragui a donné le ton. Le sélectionneur national a insisté sur la nécessité de respecter l’adversaire et de rester fidèle à une ligne directrice qu’il qualifie lui-même de « CAN de l’humilité ».
« Le match sera difficile »
« Nous connaissons très bien la Tanzanie. Le match sera difficile. Nous espérons nous imposer pour aller en quart de finale », a déclaré Regragui en conférence de presse. Conscient du statut de favori qui entoure son équipe, le technicien marocain a mis en garde contre tout excès de confiance. « Il faut être humble, garder les pieds sur terre. Tout le monde nous donne favoris, mais la Tanzanie est une équipe qui grandit durant la compétition », a-t-il souligné.
Le sélectionneur national n’a pas minimisé les qualités de son adversaire, rappelant que la Tanzanie s’appuie sur un championnat local structuré et des joueurs aguerris aux réalités du football africain. « Ils disposent de joueurs locaux bons et habitués à jouer en Afrique. Nous allons jouer ce match avec nos moyens et notre force, pour qu’ils ne créent pas la surprise. Tout est possible dans ce match », a-t-il prévenu, tout en rappelant l’ADN de son équipe. « Le Maroc est une équipe qui presse tout le temps et les statistiques sont là pour appuyer ce constat. »
Sur le plan offensif, Regragui a tenu à relativiser la dépendance supposée de l’équipe nationale à Brahim Diaz. S’il a salué l’efficacité du milieu offensif, il a insisté sur la dimension collective du jeu marocain. « Brahim Diaz est efficace. Il lui fallait du temps pour s’adapter au jeu africain, totalement différent de l’Europe. L’essentiel est que le danger vient de partout. Le collectif est le plus important », a-t-il expliqué, estimant que la variété des solutions offensives constitue une force majeure des Lions de l’Atlas.
Interrogé sur l’état physique d’Achraf Hakimi, le sélectionneur s’est voulu rassurant. « L’objectif était de lui permettre de monter en puissance et de le faire entrer dans la compétition au bon moment. Physiquement, il est prêt et apte à jouer le match de demain », a-t-il assuré. Même tonalité concernant Hamza Igamane, dont la récupération suit son cours. « Nous sommes dans le timing. Le staff médical a bossé jour et nuit pour que Hamza soit prêt », a-t-il noté.
El Kaabi érigé en exemple
Walid Regragui a également mis en avant le parcours d’Ayoub El Kaabi, auteur de trois buts depuis le début de la compétition, qu’il a érigé en exemple. « Il n’a jamais abandonné. Le travail et le sérieux sont des qualités fondamentales. Ayoub fait partie de ces joueurs qui font rêver les jeunes Marocains », a-t-il déclaré, soulignant l’impact symbolique et sportif de l’attaquant.
Sur le terrain, le Maroc avance avec des arguments solides. Les Lions de l’Atlas ont terminé en tête du groupe A avec sept points, grâce à deux victoires convaincantes face aux Comores (2-0) et à la Zambie (3-0), et un match nul contre le Mali (1-1). La Tanzanie, de son côté, s’est qualifiée en tant que meilleur troisième du groupe C avec deux points, après une courte défaite contre le Nigeria (1-2) et deux matches nuls face à l’Ouganda (1-1) et à la Tunisie (1-1).
Capitaine emblématique des Lions de l’Atlas, Romain Saïss a, lui aussi, insisté sur l’importance de ce rendez-vous. « Nous avons atteint notre premier objectif. Maintenant, une nouvelle compétition commence », a-t-il déclaré, rappelant que les matches à élimination directe exigent une concentration totale. Absent depuis sa blessure contractée lors du premier match contre les Comores, le défenseur central a mis en garde contre les erreurs du passé. « Il ne faut pas sous-estimer l’adversaire et refaire les mêmes erreurs. Nous sommes prêts et bien préparés. L’essentiel est de faire un bon match et de se hisser en quart de finale », a-t-il affirmé.
Sur son état de santé, Saïss s’est montré confiant, tout en plaçant l’intérêt collectif au-dessus de toute considération personnelle. « Une blessure à ce moment de la compétition, c’est difficile, mais les choses vont mieux. Peu importe que je joue ou pas, l’important est que l’équipe performe », a-t-il expliqué, saluant également le rôle du public marocain, qu’il considère comme « une force », à condition de rester humble et concentré.
« Une grande bataille tactique »
En face, la Tanzanie aborde ce huitième de finale sans complexe. Son sélectionneur, Miguel Gamondi, s’attend à « une grande bataille tactique ». « Nous sommes prêts à faire de notre mieux. C’est un privilège de jouer face au pays hôte, dans un très beau stade et devant des milliers de supporters », a-t-il déclaré, mettant en avant la motivation de son groupe.
Gamondi a dévoilé les grandes lignes de son plan de jeu, axé sur la solidité défensive et la rapidité des transitions. « Nous devons être efficaces à 100 % si nous voulons gagner. Le Maroc récupère rapidement le ballon après l’avoir perdu, c’est impressionnant », a-t-il reconnu, tout en affirmant que la qualification obtenue en phase de groupes a renforcé la confiance de ses joueurs.
Même discours du côté du capitaine tanzanien, Mbwana Samatta, qui s’attend à une rencontre difficile mais stimulante. « Nous avons hâte de jouer. La Tanzanie est un pays de football et la plupart de nos joueurs sont habitués à évoluer devant des milliers de supporters », a-t-il assuré, évoquant la volonté de son équipe de progresser et de se mesurer aux meilleures nations du continent.
Dans un stade Prince Moulay Abdellah annoncé plein, le Maroc avancera donc avec l’étiquette de favori, mais aussi avec la conscience que, dans une CAN réputée pour ses surprises, seule une approche sérieuse, disciplinée et humble permettra aux Lions de l’Atlas de poursuivre leur route vers les sommets.
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