CAN 2025 : Maroc‑Nigeria, une finale avant l’heure à Rabat
Le sélectionneur national Walid Regragui, lors de la conférence de presse précédant le match Maroc-Nigeria. Crédit : MAP
Le Maroc et le Nigeria se donnent rendez-vous mercredi soir au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat pour une place en finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025, dans une demi-finale qui concentre à elle seule une large part du prestige, de l’histoire et des ambitions du football africain. Entre les Lions de l’Atlas, portés par leur public, et les Super Eagles, référence continentale, l’affiche s’annonce intense, tendue et indécise.
Ce duel n’est que la deuxième confrontation entre les deux sélections à ce stade de la compétition. La première remonte à 1980, lors de la CAN organisée au Nigeria, remportée par le pays hôte après une victoire étriquée (1-0) à Lagos. Depuis, les chemins du Maroc et du Nigeria se sont souvent croisés dans les grandes compétitions africaines. Les deux équipes s’étaient affrontées en phase de groupes lors de la CAN 2000, coorganisée par le Nigeria et le Ghana, avec un succès nigérian (2-0), tandis que leur dernière opposition officielle remonte à la CAN 2004 en Tunisie (1-0 pour le Maroc).
Arrivés dans le dernier carré après un quart de finale parfaitement maîtrisé face au Cameroun (2-0), les Maroc abordent ce rendez-vous avec ambition et une pression assumée. Le titre continental échappe au Royaume depuis 1976, et l’élan populaire qui accompagne cette édition disputée à domicile nourrit l’espoir d’un sacre historique. Pour y parvenir, les hommes de Walid Regragui devront reproduire l’intensité, l’agressivité à la récupération et le volume de courses qui ont étouffé les Lions indomptables, tout en restant lucides dans la gestion des temps forts et faibles.
En face, le Nigeria avance avec la confiance d’une sélection rompue aux grands rendez-vous. Emmenés par des cadres offensifs comme Victor Osimhen, Ademola Lookman ou encore Joe Aribo, les Super Eagles disposent d’un potentiel technique et athlétique capable de faire basculer un match sur un détail. La tâche sera toutefois compliquée par l’absence de leur capitaine et pilier du milieu, Wilfred Ndidi, suspendu après un deuxième carton jaune reçu en quart de finale face à l’Algérie, après un premier avertissement en huitième contre le Mozambique.
Regragui : une « finale avant l’heure »,
À la veille du match, Walid Regragui n’a pas cherché à minimiser l’enjeu. Qualifiant cette demi-finale de « finale avant l’heure », le sélectionneur marocain a rappelé la rareté de la présence du Maroc à ce stade de la CAN et l’importance de franchir ce cap. Il a insisté sur la nécessité d’une solidité mentale totale pour ne pas laisser le Nigeria installer son impact technique et physique, tout en soulignant la montée en puissance progressive de plusieurs cadres depuis le premier tour, à l’image d’Achraf Hakimi, Brahim Diaz ou Hamza Igamane. Pour lui, le dernier carré de cette édition est le plus relevé depuis des années, réunissant des Ballons d’Or africains et offrant la meilleure vitrine possible au football du continent.
Même sérénité du côté du vestiaire marocain. Le gardien Munir El Kajoui s’est dit pleinement satisfait d’atteindre les demi-finales, affirmant que le groupe est prêt mentalement, physiquement et tactiquement pour battre l’une des meilleures équipes d’Afrique. Tous les joueurs, a-t-il souligné, mesurent l’importance de ce match et l’opportunité de se rapprocher d’un titre continental attendu depuis près d’un demi-siècle.
Un match « très disputé »
Côté nigérian, le sélectionneur Éric Chelle s’attend à un match « très disputé » face à une « grande équipe ». Reconnaissant la qualité individuelle et collective de l’effectif marocain, il a insisté sur la nécessité d’être prêt à 100 %, sans rien laisser au hasard, pour espérer un résultat positif à Rabat. S’il a regretté l’absence de Wilfred Ndidi, Chelle s’est voulu rassurant sur la capacité de son groupe à maintenir un niveau de jeu élevé. Le milieu Alex Iwobi a, pour sa part, mis en avant l’unité et la détermination du groupe nigérian, estimant que ces valeurs pourraient faire la différence dans un contexte aussi exigeant.
Sur le plan arbitral, la Confédération africaine de football a confié la direction de la rencontre au Ghanéen Daniel Nii Ayi Laryea. Il sera assisté par le Sud-Africain Zakhele Thusi Granville Siwela, le Lesothan Souru Phatsoane et le Mozambicain Arsenio Chadreque Maringule, tandis que le Rwandais Samuel Uwikunda officiera comme quatrième arbitre. L’assistance vidéo à l’arbitrage sera assurée par le Sud-Africain Abongile Tom, épaulé par le Tunisien Haythem Guirat et le Kényan Stephen Onyango Yiembe.
Cette affiche Maroc–Nigeria, programmée mercredi à 21h00 au stade Prince Moulay Abdellah, s’inscrit dans un dernier carré de prestige qui comprend également l’Égypte et le Sénégal. Plus tôt dans la journée, les Lions de la Teranga et les Pharaons s’affronteront au Grand Stade de Tanger dans un duel chargé d’histoire, rappelant la finale de 2022 remportée par le Sénégal aux tirs au but.
Avec quatre géants du football africain encore en lice, plusieurs titres continentaux cumulés, des rivalités anciennes et un engouement populaire exceptionnel, la CAN 2025 entre dans sa phase décisive. Les demi-finales réunissent à elles seules cinq Ballons d’Or africains et autant d’ambitions nationales, illustrant le niveau et le prestige de ce dernier carré. À Rabat comme à Tanger, l’objectif est clair : atteindre la finale et marquer durablement l’histoire du football africain.
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