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19.01.2026 à 02 H 34 • Mis à jour le 19.01.2026 à 13 H 12
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Football

CAN 2025 : Walid Regragui frustré et nuit noire pour Brahim Díaz

Brahim Diaz lors de la finale de la CAN 2025. Brahim Diaz lors de la finale de la CAN 2025. Crédit : MAP
Le trophée de la CAN 2025 a échappé au Maroc dans les toutes dernières secondes du temps réglementaire. Le penalty manqué par Brahim Díaz, suivi d’un match prolongé et sous tension, a laissé Walid Regragui face à la plus grande désillusion de sa carrière

La Coupe d’Afrique des nations 2025 s’est achevée, dimanche soir à Rabat, sur un scénario d’une brutalité rare pour le Maroc. Battus 1-0 après prolongations par le Sénégal, les Lions de l’Atlas ont vu le trophée leur échapper au terme d’une finale chaotique, étirée par des polémiques arbitrales injustifiées, des interruptions interminables, des débordements inadmissibles des supporters sénégalais ayant fait de nombreux blessés parmi les stadiers et un penalty manqué à la dernière seconde du temps réglementaire.


En conférence de presse, Walid Regragui n’a pas cherché à masquer sa douleur. « C’est très, très dur. Le football est parfois cruel  », a-t-il lâché, la voix lourde, conscient d’être passé à quelques centimètres d’un titre que le Maroc attend depuis un demi-siècle.


Le sélectionneur national a d’abord insisté sur l’équilibre de la rencontre. Possession, occasions, intensité : rien ne distinguait réellement les deux équipes jusqu’à ce basculement irréel dans les prolongations. « Nous étions bien en place. Le match a pris un autre scénario après le penalty raté. Tout a tourné en notre défaveur  », a-t-il reconnu, soulignant que jamais une génération marocaine n’avait été aussi proche de décrocher une CAN. Malgré la défaite, Regragui a tenu à protéger son groupe. « Les joueurs ont tout donné. Nous avons même terminé à dix. Il faut accepter la défaite pour revenir plus fort  », a-t-il martelé, tout en félicitant le Sénégal pour son sacre.


Diaz, meilleur buteur en larmes

Le tournant du match porte un nom : Brahim Díaz. Meilleur buteur du tournoi avec cinq réalisations, le meneur de jeu du Real Madrid avait la balle du sacre au bout du pied, à la 90e+24 minute, après une interminable séquence d’arbitrage vidéo et de protestations. Sa panenka, trop molle, a été arrêtée sans trembler par Edouard Mendy, envoyant les deux équipes en prolongations avant le but décisif sénégalais. « Quand vous avez un penalty à la dernière minute, vous voyez la victoire toute proche, mais à la fin le football vous rattrape », a résumé Regragui, balayant toute thèse de « fair-play » volontaire. Le portier sénégalais a d’ailleurs répondu sans détour : « Il voulait marquer, j’ai eu le crédit de l’arrêter ».


Les images de Brahim Díaz en larmes lors de la remise des médailles ont résumé l’ampleur du choc. Né à Malaga d’un père marocain et d’une mère espagnole, passé par l’Espagne, l’Angleterre et l’Italie avant de choisir le Maroc en 2023, le joueur incarne cette génération binationale qui a fait le pari du projet sportif marocain. Dès ses premières sélections, chaque prise de balle du numéro 10 suscitait une attente palpable, confirmée lors de cette CAN disputée à domicile, où il s’est imposé comme l’homme fort offensif des Lions de l’Atlas. Mais ce soir-là, l’histoire s’est retournée contre lui.


Manque de classe de Pape Thiaw

La frustration de Regragui s’est aussi cristallisée autour de l’attitude sénégalaise durant la séquence du penalty. Lorsque la faute a été sifflée contre El-Hadji Malick Diouf, plusieurs joueurs des Lions de la Teranga ont quitté la pelouse pour protester, avant d’y revenir. Une scène que le sélectionneur marocain n’a pas digérée. « L’image donnée aujourd’hui n’honore pas le football africain. Quand un entraîneur demande à ses joueurs de sortir du terrain, ce n’est pas classe », a-t-il dénoncé, visant directement Pape Thiaw. « Il est champion d’Afrique, il peut dire ce qu’il veut maintenant  », a-t-il ajouté, amer.


Cette tension a culminé après le match, lorsque la conférence de presse de Pape Thiaw a été annulée « pour des raisons de sécurité ». Hué par une partie des journalistes marocains, sommé de « dégager », le sélectionneur sénégalais a quitté la salle sans prononcer un mot. Seul le buteur décisif, Pape Gueye, élu homme du match, a brièvement pris la parole, expliquant que le retrait momentané des joueurs sénégalais répondait aux consignes de leur staff, avant l’intervention de Sadio Mané, venu calmer ses partenaires.


Au-delà de la polémique, Regragui a dressé un constat lucide. La blessure d’Igamane, probablement aux ligaments croisés, pourrait l’éloigner des terrains pendant des mois. « Nous avons perdu le match et ensuite perdu Igamane. C’est malheureux pour le peuple marocain », a-t-il soufflé, refusant toutefois de pointer du doigt ses joueurs. « Ce n’est pas le moment de critiquer. Comme pour Achraf Hakimi dans le passé, ça fait partie du football. » Le sélectionneur a même assumé sa part de responsabilité : « Nous avons perdu et c’est la faute du coach  ».


La cérémonie de clôture a apporté un contraste saisissant. Brahim Díaz a reçu le trophée de meilleur buteur des mains du président de la FIFA, Gianni Infantino. Yassine Bounou a été sacré meilleur gardien du tournoi, récompensé par Fouzi Lekjaa, tandis que le Maroc héritait du trophée du fair-play. Le Sénégal, lui, célébrait son titre et Patrice Motsepe remettait le drapeau de la CAF aux futurs coorganisateurs de la CAN 2027 : le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda.


Passé à un souffle de l’apothéose, Walid Regragui a quitté la scène, conscient d’avoir frôlé l’histoire. « Les joueurs ont pleuré dans le vestiaire. Je suis très fier d’eux. Ils étaient à un penalty de l’emporter  », a-t-il conclu.


Dans un stade des plus modernes dans le monde, symbole des investissements consentis par le Royaume, la pression populaire était immense et la victoire perçue comme un impératif national. Cette finale restera comme celle d’une occasion manquée, d’un rêve suspendu et d’une nuit où le football, une fois encore, s’est montré impitoyable et particulièrement injuste.

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