EP. 14
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Sahara : le Polisario tente le cheval de Troie du modèle Porto Rico
Le Polisario a proposé au cours des négociations un statut d’« État libre associé » pour le Sahara, inspiré du modèle de Commonwealth appliqué à Porto Rico et aux îles Mariannes du Nord dans leur relation avec les États-Unis. Création : Ezzoubair Elharchaoui / Le Desk
Depuis le début de l’année, le dossier du Sahara connaît une accélération diplomatique sans précédent. Trois rounds de négociations confidentiels, organisés sous l’égide des États-Unis entre Madrid et Washington, ont réuni pour la première fois depuis décembre 2018 les quatre parties concernées : le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Front Polisario. Au cœur de ces tractations se pose une question fondamentale : quel degré d’autonomie accorder à ce territoire de 266 000 km2, que l’ONU considère toujours comme non autonome, dans le cadre d’un règlement politique du conflit ?
Cette dynamique s’inscrit dans le prolongement direct de la résolution 2797, adoptée le 31 octobre 2025 par le Conseil de sécurité. Ce texte, porté par les États-Unis et voté par onze voix pour – avec les abstentions de la Chine, de la Russie et du Pakistan, et la non-participation de l’Algérie –, a opéré un glissement sémantique majeur. Pour la première fois, le plan d’autonomie marocain de 2007 n’est plus simplement qualifié de « sérieux et crédible » : il est désigné explicitement comme la « base » des discussions visant à parvenir à une solution politique. La résolution affirme qu’une « autonomie véritable pourrait représenter une solution des plus réalistes », tout en maintenant – point crucial – une référence à l’autodétermination, sans mentionner toutefois l’instrument du référendum.
Ce glissement n’est pas anodin. Il marque le passage d’une approche centrée sur la logique classique de décolonisation – dominée pendant des décennies par l’idée d’un référendum d’autodétermination – à une approche pragmatique privilégiant une solution négociée autour de l’autonomie. Le mandat de la Minurso a été prorogé jusqu’au 31 octobre 2026, mais avec une mission désormais de plus en plus éloignée de son objet initial : l’organisation d’un référendum largement considéré comme irréalisable.
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