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SÉRIE EP. 14
09.03.2026 à 12 H 33 • Mis à jour le 14.03.2026 à 00 H 38
Par
Diplomatie

Sahara : le Polisario tente le cheval de Troie du modèle Porto Rico

le Polisario a proposé au cours des négociations un statut d’« État libre associé » pour le Sahara, inspiré du modèle de Commonwealth appliqué à Porto Rico et aux Îles Mariannes du Nord dans leur relation avec les États-Unis Le Polisario a proposé au cours des négociations un statut d’« État libre associé » pour le Sahara, inspiré du modèle de Commonwealth appliqué à Porto Rico et aux îles Mariannes du Nord dans leur relation avec les États-Unis. Création : Ezzoubair Elharchaoui / Le Desk
Face à la contrainte de la résolution 2797 du Conseil de sécurité sur le Sahara, et sous pression des rounds de négociation sous l’égide de Washington, le Front Polisario explore l’idée d’un « État libre associé » sur le modèle de Porto Rico et des Îles Mariannes du Nord pour se sortir de l’impasse. Une manœuvre tactique rejetée par Rabat

Depuis le début de l’année, le dossier du Sahara connaît une accélération diplomatique sans précédent. Trois rounds de négociations confidentiels, organisés sous l’égide des États-Unis entre Madrid et Washington, ont réuni pour la première fois depuis décembre 2018 les quatre parties concernées : le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Front Polisario. Au cœur de ces tractations se pose une question fondamentale : quel degré d’autonomie accorder à ce territoire de 266 000 km2, que l’ONU considère toujours comme non autonome, dans le cadre d’un règlement politique du conflit ?


Cette dynamique s’inscrit dans le prolongement direct de la résolution 2797, adoptée le 31 octobre 2025 par le Conseil de sécurité. Ce texte, porté par les États-Unis et voté par onze voix pour – avec les abstentions de la Chine, de la Russie et du Pakistan, et la non-participation de l’Algérie –, a opéré un glissement sémantique majeur. Pour la première fois, le plan d’autonomie marocain de 2007 n’est plus simplement qualifié de « sérieux et crédible » : il est désigné explicitement comme la « base  » des discussions visant à parvenir à une solution politique. La résolution affirme qu’une « autonomie véritable pourrait représenter une solution des plus réalistes  », tout en maintenant – point crucial – une référence à l’autodétermination, sans mentionner toutefois l’instrument du référendum.


Ce glissement n’est pas anodin. Il marque le passage d’une approche centrée sur la logique classique de décolonisation – dominée pendant des décennies par l’idée d’un référendum d’autodétermination – à une approche pragmatique privilégiant une solution négociée autour de l’autonomie. Le mandat de la Minurso a été prorogé jusqu’au 31 octobre 2026, mais avec une mission désormais de plus en plus éloignée de son objet initial  : l’organisation d’un référendum largement considéré comme irréalisable.


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