Énergie verte : le Maroc se dote d’un registre national pour certifier son électricité renouvelable
Leila Benali, ministre de la Transition énergétique et du Développement durable. Crédit : MAP
Le 27 mars, la Direction des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique, rattachée au ministère de la transition énergétique et du Développement durable (MTEDD), a mis en ligne un appel à manifestation d'intérêt dont l’objet est de sélectionner un opérateur, marocain ou étranger, capable de concevoir, déployer et exploiter un registre national des certificats d'origine pour l'électricité produite à partir de sources renouvelables.
Derrière ce calendrier administratif se joue une partie bien plus vaste. Le certificat d'origine verte est le document qui atteste qu'un mégawattheure donné a effectivement été produit à partir du solaire, de l'éolien ou de l'hydraulique. Sans lui, toute revendication d'approvisionnement en énergie propre reste déclarative, invérifiable et donc sans valeur sur les marchés internationaux. Or, depuis le 1er janvier 2026, le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières de l'Union européenne – le CBAM, selon son acronyme anglais – impose aux importateurs européens d'acier, d'aluminium, de ciment, d'engrais et d'électricité de justifier les émissions de CO2 incorporées dans les biens qu'ils achètent hors du continent. Pour les industriels marocains tournés vers l'export, pouvoir prouver que leur production mobilise de l'énergie décarbonée devient un avantage concurrentiel direct : moins d'émissions déclarées signifie moins de certificats CBAM à acquérir pour leurs clients européens, et donc un coût final plus compétitif.
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