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27.05.2026 à 13 H 45 • Mis à jour le 28.05.2026 à 14 H 23
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Climat

Incendies de forêt : l’ANEF place plusieurs provinces sous haute vigilance dès fin mai

La carte des zones à risque d’incendies de forêt, couvrant la période allant du 26 au 29 mai 2026, publiée par l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF). La carte des zones à risque d’incendies de forêt, couvrant la période allant du 26 au 29 mai 2026, publiée par l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF). Création : Le Desk
L’ANEF a actualisé sa carte des zones à risque d’incendies de forêt pour la fin du mois de mai, plaçant plusieurs provinces sous vigilance élevée à extrême. Si le nord du pays demeure structurellement exposé, certaines zones du littoral atlantique réapparaissent parmi les territoires les plus sensibles

L’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF) a publié, le 26 mai, une nouvelle carte des zones à risque d’incendies de forêt couvrant la période allant du 26 au 29 mai 2026, signalant plusieurs provinces placées sous vigilance élevée à extrême. Produite à partir de modèles scientifiques de prédiction intégrant notamment les caractéristiques des massifs forestiers, leur combustibilité ainsi que les paramètres topoclimatiques, cette cartographie vise à anticiper les départs de feu sur l’ensemble du territoire national, explique l’agence.


Cette nouvelle alerte intervient dès la fin du mois de mai, soit avant les épisodes de chaleur estivale les plus intenses généralement observés durant l’été, alors même que le bilan 2025 des incendies de forêt faisait état d’un net recul des superficies brûlées au niveau national. Présenté fin avril par l’ANEF lors de la réunion du Comité directeur national chargé de la prévention et de la lutte contre les incendies de forêt, ce bilan avait mis en garde contre une saison 2026 potentiellement plus sensible, portée par une biomasse végétale abondante après les précipitations enregistrées ces derniers mois.


Si le nord du pays demeure structurellement exposé aux incendies, la nouvelle carte de l’ANEF montre aussi que plusieurs provinces du littoral atlantique réapparaissent parmi les zones les plus exposées, notamment autour de Rabat, Salé et Kénitra.


Rabat-Salé-Kénitra en zone rouge, le Nord sous surveillance

Selon le communiqué de l’ANEF, le niveau de risque extrême concerne, pour les journées du 26 au 29 mai, les provinces de Kénitra, Khémisset, Rabat, Salé et Skhirate-Témara. L’Agence précise que ces projections reposent sur l’analyse croisée des types de forêts, de leur inflammabilité ainsi que des paramètres topoclimatiques susceptibles de favoriser les départs de feu.


À un niveau élevé, figurent notamment Chefchaouen, Fahs-Anjra, Tanger-Assilah et Taounate, auxquelles s’ajoutent Ifrane, Essaouira et Agadir Ida-Outanane, selon l’ANEF. Plusieurs autres provinces, parmi lesquelles Larache, Ouezzane, Tétouan, M’diq-Fnideq et Taza, sont quant à elles classées en risque moyen.


Cette géographie du risque rappelle, en partie, celle observée l’an dernier. Dans une carte actualisée publiée par l’ANEF pour la période allant de fin juin à début juillet 2025, plusieurs provinces aujourd’hui replacées sous vigilance maximale, notamment Rabat, Salé, Skhirate-Témara, Kénitra et Khémisset, figuraient déjà parmi les zones en risque extrême, aux côtés de plusieurs provinces rifaines.


À ce stade de la saison, certaines provinces du Nord, telles que Chefchaouen ou Tanger-Assilah, apparaissent à un niveau élevé, alors qu’elles avaient basculé en risque extrême lors de certains épisodes de l’été 2025. Une évolution qui illustre la forte dépendance des incendies aux conditions météorologiques, au niveau d’humidité des sols ainsi qu’à la charge combustible présente dans les massifs forestiers.


Un bilan 2025 en amélioration, mais une saison 2026 sous vigilance

Cette vigilance intervient dans un contexte contrasté. Le bilan 2025 des incendies de forêt au Maroc avait montré une amélioration notable. Selon les données présentées par l’ANEF fin avril, le Royaume a enregistré 418 incendies ayant parcouru 1 728 hectares (ha), soit une baisse de 65 % par rapport à la moyenne des dix dernières années. Cette évolution s’inscrit dans une tendance déjà observée en 2024, année durant laquelle les surfaces brûlées avaient reculé à 874 ha, contre plus de 6 400 ha en 2023. L’Agence souligne également que 94 % des départs de feu en 2025 ont été maîtrisés avant d’atteindre 5 ha, signe, selon elle, d’une meilleure coordination opérationnelle.


Derrière cette amélioration nationale persiste toutefois une forte concentration géographique des incendies. La région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima concentrait à elle seule 40 % des départs de feu et 89 % des superficies brûlées en 2025. Deux incendies majeurs survenus en août dernier dans la province de Chefchaouen avaient dépassé les 100 ha, ravageant respectivement 859 ha et 280 ha.


L’ANEF estime toutefois que la saison estivale 2026 pourrait s’annoncer plus délicate. Lors de la réunion du Comité directeur national en avril, l’Agence avait alerté sur les effets combinés des précipitations récentes, ayant favorisé une biomasse végétale abondante, et des facteurs climatiques aggravants, notamment la hausse des températures, la baisse de l’humidité et la fréquence des vents chauds de type chergui.


Pour y faire face, un budget global de 150 millions de dirhams a été mobilisé pour la campagne 2026, couvrant notamment l’entretien des tranchées pare-feu, la réhabilitation des pistes forestières, l’aménagement de points d’eau ainsi que le renforcement des moyens humains et matériels. L’Agence rappelle enfin que la majorité des incendies demeure d’origine humaine et appelle riverains, visiteurs et professionnels opérant en milieu forestier à faire preuve d’une vigilance accrue.

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