Le Maroc a extradé ce samedi vers la Chine un fugitif suspecté de détournement d’argent
Un fugitif chinois recherché pour des crimes économiques a été extradé du Maroc vers la Chine, marquant ainsi le premier cas d'extradition depuis l'entrée en vigueur du traité bilatéral entre les deux pays en 2021, d'après l'agence de presse chinoise Xinhua, reprenant un communiqué du ministère de la Sécurité publique.
Le suspect, identifié sous le nom de Luo, aurait détourné des millions de yuans en tant que directeur financier d'une entreprise avant de fuir au Maroc, a révélé le ministère. L'enquête a été ouverte en février 2020 par la police chinoise, et une notice rouge d'Interpol a été émise contre Luo en juillet 2022.
La traque du fugitif a conduit à son arrestation par les autorités marocaines le 5 mars dernier, avec l'approbation de son extradition par la Cour de cassation de Rabat, en fin octobre. Luo a été rapatrié en Chine le samedi 18 novembre.
Un responsable du ministère chinois de la Sécurité publique a souligné l'importance de cette extradition réussie dans le renforcement de la coopération policière et judiciaire entre la Chine et le Maroc. Il a également « promis de redoubler d'efforts » pour renforcer la coopération internationale visant à appréhender les suspects criminels à l'étranger.
Cette extradition s'inscrit dans le cadre des « efforts constants » de la Chine pour capturer les fugitifs économiques ayant fui à l'étranger. L'opération Fox Hunt, lancée en 2014, en est un exemple « notable ». Au cours de la dernière opération en 2022, la police chinoise a arrêté plus de 700 suspects étrangers impliqués dans divers délits économiques, selon la même source.
Si l'extradition de Luo marque une première depuis l'entrée en vigueur du traité de coopération judiciaire entre la Chine et le Maroc, un autre fugitif chinois, Yidiresi Aishan, est également menacé d'extradition. Accusé par Pékin d'appartenir à un groupe terroriste, Aishan risque toujours cette extradition, plus de deux ans après son arrestation à l'aéroport de Casablanca.
Amnesty International et 45 organisations de défense des droits humains avaient alerté sur les graves violations auxquelles il pourrait être exposé en Chine, notamment la détention arbitraire, la disparition forcée et la torture.
Bien que l'avis rouge d'Interpol ait été annulé en août 2021, la Cour de cassation de Rabat avait émis un avis favorable à l'extradition en décembre 2021. Amnesty s'inquiète d'un possible décret d'extradition du chef du gouvernement, en contradiction avec les obligations internationales du Maroc, dont la Convention contre la torture.
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