Suivi de l’ALE avec les Etats-Unis : Mezzour à Washington pour consolider le partenariat
Les travaux de la 8è session du comité conjoint chargé du suivi de l’accord de libre-échange États-Unis-Maroc ont été ouverts lundi à Washington, au département du Commerce américain, sous la coprésidence du ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, et du Représentant adjoint du Commerce des États-Unis pour la région de l’Europe et du Moyen-Orient, Bryant Trick.
Lors de cette cérémonie d’ouverture, marquée par la présence de l’ambassadeur du Maroc à Washington, Youssef Amrani, et une pléiade de responsables américains, l'accent a été mis sur les moyens à mettre en œuvre afin de développer davantage les relations commerciales entre le Maroc et les États-Unis et de donner plus de contenu et de dynamisme à l'accord de libre-échange (ALE), notamment dans les secteurs de l'agriculture, du textile, de l'investissement, et de l’automobile.
Mezzour a en ce sens évoqué une série de questions prioritaires liées à l'accès des produits marocains au marché américain et vice versa, abordant dans ce cadre plusieurs aspects connexes au dépassement des barrières non tarifaires. Il a en outre passé en revue plusieurs volets structurants dans les échanges commerciaux entre les deux pays notamment la coopération dans les domaines agricole, textile, automobile, et bien sûr la question de l’investissement.
L’agriculture est un maillon essentiel de cette coopération, a rappelé le ministre, ajoutant que l’accès des produits agricoles marocains au marché américain reste inférieur aux ambitions du Maroc et à son potentiel d'exportation. À cet égard, le Royaume a réitéré avec force ses demandes d'accès au marché pour la viande de volaille traitée thermiquement ainsi que pour les fruits et légumes.
L’industrie textile présente pour sa part de de bonnes perspectives, a souligné le ministre, se félicitant qu’une prise en charge efficiente de cette dimension de la coopération permette d’entrevoir une croissance dans le cadre du FTA qui unit les deux pays. Il a ajouté que les opérateurs marocains et américains font cause commune tant ils sont confrontés aux mêmes défis posés par la forte concurrence des pays asiatiques et leurs prix agressifs.
S’agissant du secteur automobile, Mezzour s’est longuement attardé sur la coopération douanière, qui est susceptible de garantir un contrôle douanier efficace des marchandises échangées entre les deux pays et de faciliter les flux commerciaux bilatéraux.
Évoquant la dimension environnementale, il s’est félicité de la récente signature du dernier plan d'action, « dont la mise en œuvre aidera à aligner nos ambitions dans ce domaine »
Le responsable marocain a souligné, en ce qui concerne l'investissement, que « nous devrions nous féliciter de l'établissement au Maroc de 150 entreprises américaines renommées dans plusieurs secteurs, ce qui témoigne de la confiance accordée par les États-Unis au Maroc dans un contexte où le climat des affaires s'est considérablement amélioré dans le Royaume ».
Et de conclure que le Maroc a « toutes les vocations pour constituer un pilier structurel des approches américaines dans le cadre de la nouvelle politique industrielle et d'approvisionnement verte, en particulier celle de la loi sur la réduction de l'inflation (IRA) ».
« Le Royaume pourrait constituer pour les États-Unis une passerelle vers l'Afrique pour s'adresser aux marchés de la région et un lien stratégique dans le développement de chaînes d'approvisionnement résilientes et durables dans de nombreux secteurs stratégiques (automobile, énergies renouvelables, agriculture, santé, FinTech, ITC et infrastructures) », a-t-il dit.
Une appréciation confirmée par le Représentant adjoint du Commerce des États-Unis pour la région de l’Europe et du Moyen-Orient, Bryant Trick.
La partie américaine s’est en effet félicitée de la dynamique des relations économiques et commerciales depuis la signature du FTA tout en soulignant que la consolidation de sa mise en œuvre sera bénéfique pour les deux parties. Trick a ainsi salué le Maroc en tant que plateforme pour la création de nouvelles opportunités économiques et commerciales pour les compagnies américaines afin de renforcer aussi bien la qualité que la quantité des échanges. Il a également reconnu le potentiel rehaussé que cet accord pourrait offrir par l’amélioration de l’accès au marché américain pour les exportations marocaines.
D’autre part, l’ambassadeur Armani a fait savoir que l'accord de libre-échange constitue un catalyseur de rapprochement des communautés d'affaires entre les deux pays, notant que cette rencontre est une occasion pour faire le bilan et apprécier le niveau de mise en œuvre de cet accord.
Il a tenu à exprimer la volonté du Maroc de développer les relations commerciales avec les États-Unis et de promouvoir l'investissement, tout en se félicitant du niveau des échanges commerciaux.
En marge de la réunion du comité, le ministre de l’Industrie et du Commerce a tenu une série de rencontres avec de hauts responsables américains, notamment au Département d’État où il a été reçu par le Sous-Secrétaire d’Etat chargé de la Croissance économique, de l'Énergie et de l'Environnement, Jose Fernandez.
D'autres réunions ont également été programmées avec le Département américain de l’Énergie ainsi qu’avec les dirigeants de plusieurs agences spécialisées telles que la DFC et Prosper Africa.
Les atouts du Maroc comme destination attractive pour les investissements et tremplin pour renforcer les échanges entre les Etats-Unis et l’Afrique ont été au cœur d’un rencontre débat initiée, mardi à Washington, par le centre de recherche américain Atlantic Council.
Organisée en marge de la 8è session du Comité conjoint chargé du suivi de l’accord de libre-échange (ALE) États-Unis-Maroc, la rencontre a été animée par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, l’ambassadeur du Royaume à Washington, Youssef Amrani, et la présidente du Corporate Council For Africa, Forizel Leiser, en présence de représentants de départements américains, du monde des affaires, de la recherche et des média.
A cette occasion, Mezzour a noté que le port Dakhla Atlantique est appelé à consolider les infrastructures du Maroc et son positionnement comme plaque tournante pour les investissements en Afrique de même qu’il constituera un débouché maritime pour les pays du Sahel vers l’Océan atlantique.
Le ministre a, en outre, passé en revue les efforts déployés par le Maroc pour renforcer la compétitivité des secteurs de production dans l’optique de contribuer à stimuler les investissements directs étrangers.
Concernant l'accord de libre-échange, le seul liant les Etats-Unis à un pays africain, Mezzour a souligné l’importance d’insuffler une nouvelle dynamique à cet accord conclu il y a 20 ans, relevant que le Maroc est soucieux de diversifier ses partenaires et de renforcer l'activité économique et la compétitivité. Il a, à ce propos, indiqué que le Maroc aspire à doubler la taille de son économie et ne ménagera aucun effort pour y parvenir.
Dans son intervention, l’ambassadeur du Maroc aux Etats-Unis a rappelé que l’amitié de longue date et les intérêts stratégiques communs ont fait de Rabat et Washington des « partenaires essentiels sur de nombreuses questions et une multitude de défis allant des menaces à la sécurité, du changement climatique, de l'énergie à la promotion des valeurs partagées de paix, de stabilité et de libéralisme économique ».
« Alors que nous célébrons le 20ème anniversaire de la signature de l'accord de libre-échange, il importe de reconnaître son rôle central dans l'expansion des opportunités commerciales », a-t-il indiqué, ajoutant que ce cadre de coopération constitue aujourd’hui la pierre angulaire des relations économiques maroco-américaines.
Les Etats-Unis et l’Afrique disposent désormais de nombreux mécanismes comme l’ALE États-Unis-Maroc, la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA), la Loi sur la réduction de l’inflation (IRA) et l’Initiative atlantique, a-t-il noté, relevant que ces mécanismes constituent des « instruments puissants et complémentaires » pour la croissance économique, la stimulation des investissements, la résilience et la création d’emplois tant en Afrique qu’aux États-Unis.
De son côté, la présidente du Corporate Council for Africa a noté que les réformes engagées par le Maroc dans des secteurs clés ont permis de drainer des investissements étrangers, faisant du Royaume un modèle dans la région et en Afrique.
Elle a, par ailleurs, évoqué l’importance de dynamiser le partenariat maroco-américain à travers la diversification des échanges commerciaux, soulignant que le Royaume, seul pays africain lié aux Etats-Unis par un accord de libre-échange, s’impose comme un investisseur de premier plan en Afrique.
L’intervenante a par ailleurs salué les réformes entreprises par le Royaume pour promouvoir des politiques qui renforcent la participation des femmes et des jeunes dans divers secteurs d’activités.
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