S'abonner
Se connecter
logo du site ledesk
Newsroom
Le meilleur de l’actualité au fil des événements
08.07.2025 à 00 H 18 • Mis à jour le 08.07.2025 à 10 H 31
Par
Exécutif

Réforme du système de santé : au parlement, Aziz Akhannouch a défendu sa stratégie

Le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch lors d’une séance de questions orales au Parlement. Crédit : MAP
Le Chef du gouvernement a défendu, lundi 7 juillet à la Chambre des Représentants, la stratégie de son gouvernement en matière de santé publique. Une réforme qu’il a qualifiée de « locomotive essentielle » d'un développement socio-économique « durable, équitable et souverain »

Devant les députés réunis en séance plénière, le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch a dressé un tableau volontariste des réformes engagées dans le secteur de la santé. «  Ce n’est pas une réforme sectorielle parmi d’autres, c’est une transformation radicale qui fonde le Maroc de demain  », a-t-il martelé en ouverture de son intervention consacrée à la politique générale de l’État.


Saluant la promulgation de la loi-cadre sur le système national de santé, il a mis en exergue les quatre piliers de cette refonte : une gouvernance modernisée et régionalisée, une montée en puissance des ressources humaines, une offre de soins reconfigurée et digitalisée, et une structuration institutionnelle via de nouveaux établissements publics spécialisés.


Le Chef du gouvernement a souligné que cette réforme s'accompagne d’un effort financier inédit : le budget alloué à la santé est passé de 19,7 milliards de dirhams (MMDH) en 2021 à 32,6 MMDH en 2025, soit une augmentation de plus de 65 % au cours de ce mandat. Cette hausse reflète, selon lui, «  le sérieux des engagements pris et la volonté de rupture avec les approches conjoncturelles du passé  ».


Couverture médicale universelle et justice spatiale

Parmi les acquis mis en avant, Aziz Akhannouch a salué la généralisation de la couverture médicale, « désormais accessible à tous les citoyens marocains ». Ce chantier est adossé à une vision intégrée de la justice spatiale en matière d’accès aux soins. À cet égard, il a rappelé que le gouvernement a lancé la réhabilitation de plus de 1 400 centres de santé de nouvelle génération, pour un montant de 6,4 MMDH. À ce jour, 949 centres ont déjà été modernisés. Dotés d’équipements numériques et de personnel qualifié, ces centres sont appelés à devenir des piliers des soins de proximité, capables de désengorger les hôpitaux régionaux et universitaires.


Parallèlement, un programme d’envergure a été lancé pour doter chaque région d’un CHU. Des projets sont déjà engagés à Agadir, Laâyoune, Guelmim, Béni Mellal et Errachidia, en plus de la reconstruction du grand hôpital Ibn Sina à Rabat. Une enveloppe de 1,7 MDH est aussi consacrée à la modernisation de cinq CHU existants (Fès, Casablanca, Rabat, Marrakech et Oujda) dans un délai de deux ans.


RH : de nouvelles incitations pour enrayer l’exode médical

Reconnaissant l’ampleur du déficit en personnel médical, le Chef du gouvernement a fait état d’un plan visant à porter les effectifs de santé à plus de 90 000 d’ici 2026. L’objectif est d’atteindre un ratio de 24 professionnels pour 10 000 habitants à court terme, avec un cap fixé à 45 en 2030.


Pour y parvenir, le gouvernement a lancé un plan de formation ambitieux : création de nouvelles facultés de médecine à Errachidia, Béni Mellal et Guelmim, révision de la durée des études médicales (passée de 7 à 6 ans) et élargissement des capacités d’accueil des instituts paramédicaux, en hausse de 75 % entre 2021 et 2024.


Sur le plan statutaire, plusieurs mesures ont été décidées à l’issue d’un dialogue avec les syndicats : revalorisation de la grille salariale des médecins (indice 509), hausse de l’indemnité de risque pour les techniciens et cadres administratifs (jusqu’à 1 400 dirhams) et adoption d’un statut unifié pour les professionnels du secteur. Un nouveau système de rémunération mêlant parties fixe et variable est également en cours d’instauration, avec des incitations spécifiques pour les zones reculées.


Gouvernance territoriale : le levier des groupements sanitaires

Inscrite dans le projet de régionalisation avancée, la création des groupements sanitaires territoriaux (GST) constitue une innovation centrale du dispositif. Ces structures régionales, dotées d’une autonomie de gestion, auront la charge de coordonner l’offre de soins sur leur périmètre. La première entité a été lancée à Tanger-Tétouan-Al Hoceima.


Chaque GST sera responsable de l’élaboration de sa propre carte sanitaire et de la planification des investissements, selon les besoins locaux. Ce modèle a pour objectif de rompre avec les rigidités de la gestion centralisée et à lutter contre les déserts médicaux.


Un nouvel arsenal juridique et institutionnel

La réforme du système de santé repose sur un corpus législatif renouvelé, dont plusieurs textes ont déjà été promulgués : lois sur la Haute Autorité de la santé, sur la fonction sanitaire, sur les agences du médicament et du sang, ainsi que sur les groupements sanitaires territoriaux. Ces institutions sont désormais opérationnelles, avec des nominations effectuées et des conseils d’administration tenus.


En parallèle, l’exécutif a engagé une digitalisation profonde du système de santé. Un système d'information unifié est en cours de déploiement à l’échelle nationale, couvrant la gestion hospitalière, la facturation, les dossiers médicaux partagés et les données de santé.


Politique pharmaceutique et souveraineté sanitaire

Conscient du poids de la dépense pharmaceutique dans les ménages, le gouvernement a mis en œuvre une politique de baisse des prix de plus de 4 500 médicaments génériques, en supprimant la TVA à l’import et en production locale.


Cette politique s’inscrit dans un plan plus large visant à assurer la souveraineté pharmaceutique du Royaume. Aujourd’hui, 53 unités industrielles assurent plus de 70 % des besoins nationaux en médicaments. Le taux de pénétration des génériques a atteint 40 %. Le projet phare, a-t-il avancé, reste l’usine de production de vaccins à Benslimane, portée par Marbio, qui prévoit «  la fabrication de 5,5 millions de doses entre 2025 et 2026 ». Jusqu’ici, cependant, aucune indication significative n’est venue confirmer son inauguration prochaine.


Une réforme de long terme aux effets différés

Aziz Akhannouch a insisté sur la dimension stratégique de la réforme, en soulignant qu’un tel processus «  ne peut être jugé à l’aune de résultats immédiats  ». Selon lui, les effets structurants de cette transformation commenceront à se matérialiser d’ici cinq ans et s’inscriront pleinement dans la décennie à venir.


«  La souveraineté sanitaire est indissociable de la souveraineté nationale » , a-t-il conclu, rappelant que l’ensemble des efforts gouvernementaux s’inscrivent «  dans le cadre de la vision portée par le roi Mohammed VI pour un Maroc développé, solidaire et souverain  ».

©️ Copyright Pulse Media. Tous droits réservés.
Reproduction et diffusions interdites (photocopies, intranet, web, messageries, newsletters, outils de veille) sans autorisation écrite.