Deux ans après le séisme d’Al Haouz, des sinistrés manifestent à Rabat contre leur exclusion des aides
Des dizaines de personnes touchées par le séisme d’Al Haouz ont manifesté le 8 septembre 2025 à Rabat pour dénoncer leur exclusion des aides étatiques à la reconstruction. Crédit : Jalal Morchidi / EFE /EPA
À l’occasion du deuxième anniversaire du tremblement de terre meurtrier de septembre 2023, des dizaines de sinistrés venus d’Al Haouz, Taroudant, Chichaoua et d’autres provinces touchées ont tenu une manifestation ce lundi à Rabat. Ils dénoncent leur exclusion des aides de reconstruction et réclament une indemnisation pour rebâtir leurs habitations détruites ou endommagées par la catastrophe.
Des sinistrés venus des provinces les plus touchées
Les manifestants, rassemblés devant le Parlement, portaient drapeaux marocains, portraits du roi Mohammed VI et banderoles mentionnant leurs villages d’origine, dont Adasil (Chichaoua), épicentre de la secousse. Ils entendaient rappeler que plus de 52 000 maisons avaient été touchées par le séisme et que des milliers de familles restaient encore sans solution pérenne.
Certains arboraient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Nous exigeons justice » ou encore « Un toit pour chaque famille, la dignité n’a pas de prix ».
Des témoignages de détresse
Parmi eux, Malika, originaire de Zemuma (province d’Al Haouz), citée par l’agence espagnole EFE, expliquait vivre chez son frère depuis que sa maison s’est partiellement effondrée, sans que les autorités ne la jugent éligible à l’aide. « Nous demandons simplement le droit à un logement décent », confiait-elle.
Mouad Belgrid, venu de Taroudant, a affirmé à la même source que sa maison s’était en partie écroulée, mais qu’il n’avait reçu aucune aide. Sa famille survit toujours dans une cabane de fortune. D’autres, comme Ibrahim Achkijou, disent vivre dans des conteneurs, ou encore dans des garages, comme Aïcha Ouchane venue de Ouarzazate. Tous dénoncent une « grande injustice ».
Des chiffres officiels contestés
Les autorités rappellent qu’à ce jour, plus de 45 800 habitations ont été restaurées ou reconstruites, soit la grande majorité (plus de 90 %) des logements recensés comme endommagés. Le gouvernement assure également avoir distribué des aides mensuelles de 2 500 dirhams aux familles concernées, ainsi que des indemnités allant de 80 000 à 140 000 dirhams selon l’ampleur des destructions.
Mais les associations de sinistrés contestent ces chiffres. Selon Mountassir Ithri, membre de la Coordination nationale des victimes du séisme, « de nombreuses familles restent exclues » et « des dizaines de tentes subsistent encore dans certains villages ». Il accuse les autorités de présenter un tableau trop optimiste, déconnecté de la réalité.
Dès les jours qui ont suivi la catastrophe, le gouvernement avait annoncé un plan quinquennal doté de 120 milliards de dirhams (MMDH) pour la reconstruction des zones sinistrées. Les travaux ont permis de réhabiliter routes, écoles et structures de santé dans les zones les plus touchées, mais de fortes disparités persistent.
À l’occasion de la fête du Trône, le roi Mohammed VI avait lui-même appelé à accélérer la réduction des inégalités territoriales et à garantir des conditions de vie dignes dans toutes les régions. Deux ans après le séisme, une partie des victimes estime pourtant rester en marge de cet effort, ce qu’elles ont tenu à dénoncer publiquement dans la capitale.
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