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20.10.2025 à 19 H 30 • Mis à jour le 20.10.2025 à 19 H 30 • Temps de lecture : 3 minutes
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Gouvernance

Recours aux marchés négociés dans la Santé : le PJD alerte sur les potentielles dérives

Amine Tehraoui, ministre de la Santé et de la protection sociale, et le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch, visitant des structures de soins à Agadir, le 26 juillet 2025.

Au centre de la vague de protestation menée par le mouvement GenZ212, le ministère de la Santé et de la Protection sociale s’est engagé à accélérer la réhabilitation et la modernisation des structures hospitalières du pays. Cet axe figure d'ailleurs parmi les priorités du projet de loi de finances au titre de l'année 2026, présenté ce 19 octobre en conseil des ministres et qui met l'accent sur le renforcement de l’effort budgétaire destiné au secteur de la santé. Mais la méthode choisie pour le faire a rapidement suscité de nouvelles critiques, transformant la promesse d’action urgente en polémique ciblant aussi bien le ministre Amine Tehraoui que le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch.


Une correspondance entre les deux responsables gouvernementaux a en effet ravivé les inquiétudes autour de la gestion des marchés publics au sein du secteur. Dans un document daté du 13 octobre, en réponse à une demande du ministre de la Santé, le Chef du gouvernement l'autorisait à recourir à des marchés négociés pour la réhabilitation des centres hospitaliers à travers le Royaume, sans passer par des appels d'offres.


Cette autorisation « exceptionnelle  » concerne les projets portant sur la réhabilitation, la réparation et la rénovation des infrastructures techniques et des établissements hospitaliers, dont l’état est jugé « dégradé et critique », tant au niveau des bâtiments que des équipements et installations techniques. Selon les documents consultés par Le Desk, 91 structures sont concernées par cette décision.


Aziz Akhannouch a ajouté, dans le texte, que l’autorisation de recourir à la procédure négociée tient compte de l’état des établissements hospitaliers dans les différentes régions du Maroc, ainsi que de « l’extrême urgence » qu’exige la réalisation de ces projets. Cette procédure, d'ordre exceptionnel, permettrait ainsi au ministère de contourner celle des appels d’offres en invoquant la situation d'urgence qu'est la dégradation du parc hospitalier.


Cependant, ce choix soulève de nombreuses interrogations sur la transparence et l’équité dans l’attribution des contrats publics. Dans une question écrite adressée au Chef du gouvernement, Mostafa Ibrahimi, président du groupe du Parti de la justice et du développement (PJD, opposition) à la Chambre des représentants, a alerté sur les dérives potentielles de cette démarche.


D’après le député, « cet usage, qui devrait rester exceptionnel, semble être devenu la règle. Cela constitue selon nous un contournement de la loi sur les marchés publics et de ses textes réglementaires, portant atteinte aux principes de transparence et de concurrence libre ». Ibrahimi estime également que cette décision renforce « une situation anormale au sein du ministère de la Santé », évoquant à ce sujet l’annulation du marché de digitalisation du dossier patient partagé, mais aussi la concentration des marchés de la propreté dans les mains de quelques entreprises.


Le président du groupement du PJD se demande aussi si la généralisation des marchés négociés à l’ensemble des hôpitaux publics à réhabiliter « ne risque pas d’ouvrir la porte à la corruption et au favoritisme dans l’attribution de certains marchés à des entreprises qui ne le méritent pas ». Il interpelle enfin le Chef du gouvernement sur les mesures prévues pour revenir à la procédure des appels d’offres « et garantir une concurrence libre et loyale au lieu des marchés négociés  ».

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