Le paradoxe des 2,4 millions de logements inoccupés au Maroc
Alors que le Maroc a considérablement réduit son déficit en logements urbains et modernisé son parc immobilier, près de 2,4 millions d’unités restent non utilisées comme résidence principale, dont 1,3 million de résidences secondaires ou saisonnières
Parc de logements urbains et croissance
8,34 millions de logements urbains en 2024
6,2 millions de logements urbains en 2014
Rythme moyen de production annuel sur la décennie : 215 000 logements
Logements non occupés
Total de logements non utilisés comme résidence principale : 2,4 millions (≈28,9% du parc urbain)
Logements vacants : 1,1 million (13,4% du parc urbain, en baisse par rapport à 15,9% en 2014)
Résidences secondaires/saisonnières : 1,3 million (15,5% du parc urbain, en hausse par rapport à 9,3% en 2014)
Typologie des logements non utilisés
Appartements : 48,2% du parc non utilisé
Maisons marocaines contemporaines : 45% du parc non utilisé
Ces deux types représentent plus de 93% du parc non utilisé
Répartition géographique des logements non occupés
Plus de 50% des logements vacants situés sur l’axe littoral (Casablanca-Settat, Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, Rabat-Salé-Kénitra)
Plus de 53% des résidences secondaires et saisonnières concentrées dans ces mêmes régions
Déficit de logements
Déficit quantitatif en 2024 : 4,9% du parc urbain, soit ≈334 000 unités
Déficit en 2014 : 9,9%
Qualité du parc et infrastructures
Logements de moins de 20 ans : près de 60%
Taux de raccordement aux réseaux d’électricité, d’eau et d’égouts : >92%
Habitat précaire : 3,4% en 2024, contre 6,3% en 2014
Le dernier Recensement Général de la Population et de l'Habitat de 2024 (RGPH 2024), publié par le Haut-Commissariat au Plan (HCP), dresse un portrait contrasté du parc de logements urbains au Maroc. Le pays affiche des succès notables, avec une croissance soutenue du stock de logements, une modernisation du bâti et une réduction spectaculaire du déficit quantitatif. Pourtant, un paradoxe majeur émerge : près de 2,4 millions de logements urbains ne sont pas utilisés comme résidence principale, soit près de trois sur dix. Ce déséquilibre interroge sur l’adéquation entre l’offre et la demande, ainsi que sur la mobilisation de ce stock dans un contexte de besoins persistants en logements décents.
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