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12.01.2026 à 17 H 36 • Mis à jour le 13.01.2026 à 10 H 44 • Temps de lecture : 3 minutes
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Numérique

IA : le Maroc vise un gain de 100 milliards de dirhams de PIB d’ici 2030

Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, le 12 janvier 2026 à Rabat.

Le Maroc ambitionne de générer un surcroît de 100 milliards de dirhams (MMDH), soit environ 10 milliards de dollars (MM $), de produit intérieur brut grâce à l’intelligence artificielle à l’horizon 2030. Cet objectif a été annoncé lundi 12 janvier à Rabat par Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, alors que le Royaume accélère ses investissements dans la formation, les centres de données souverains et les services cloud.


S’exprimant lors d’une conférence consacrée au numérique dans la capitale, la ministre a rappelé que le PIB actuel du Maroc avoisine 170 MM $, soulignant le potentiel de transformation économique que représente l’IA si elle est déployée de manière structurée et souveraine. La stratégie nationale prévoit notamment la création de centres d’intelligence artificielle adossés aux universités et au secteur privé, ainsi que l’intégration de solutions d’IA au cœur de l’administration publique et des filières industrielles.


Selon Amal El Fallah Seghrouchni, l’essentiel de la valeur ajoutée attendue proviendra de l’extension des capacités nationales de traitement des données, à travers des data centers souverains, la montée en puissance du cloud et des infrastructures de fibre optique, ainsi que la constitution d’un vivier de compétences capables d’accompagner le déploiement de l’IA dans l’ensemble de l’économie.


Cette trajectoire s’accompagne d’objectifs chiffrés ambitieux. Le Maroc table sur la création de 50 000 emplois liés à l’IA d’ici 2030 et sur la formation de 200 000 diplômés aux compétences en intelligence artificielle, afin de répondre aux besoins croissants des administrations, des entreprises et des plateformes technologiques.


Dans ce cadre, la ministre a signé lundi un accord de partenariat avec la société française Mistral AI, visant à soutenir le développement d’outils d’IA générative au Maroc. « Nous voulons faire du Maroc un futur pôle d’excellence en intelligence artificielle et en science des données  », a-t-elle affirmé, en mettant en avant la volonté du Royaume de se positionner sur des technologies de pointe tout en renforçant sa souveraineté numérique.


Parallèlement, le gouvernement travaille à l’élaboration d’un cadre législatif dédié à l’intelligence artificielle, destiné à encadrer les usages, garantir la protection des données et accompagner l’essor de ces technologies dans un environnement réglementaire sécurisé.


Sur le plan budgétaire, 11 milliards de dirhams ont été mobilisés dans le cadre de la stratégie de transformation numérique 2024-2026, couvrant à la fois les initiatives en matière d’IA et l’extension des réseaux de fibre optique. En complément, le Royaume prévoit la réalisation d’un data center de 500 mégawatts alimenté par des énergies renouvelables dans la ville de Dakhla, un projet stratégique destiné à renforcer la sécurité et la souveraineté du stockage des données nationales.


À travers cet ensemble d’investissements, de partenariats technologiques et de réformes réglementaires, le Maroc entend faire de l’intelligence artificielle un levier structurant de croissance, d’emploi et de modernisation de l’État, tout en consolidant sa position comme hub numérique émergent à l’échelle régionale.

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