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27.01.2026 à 02 H 46 • Mis à jour le 28.01.2026 à 06 H 16 • Temps de lecture : 15 minutes
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Il y a 50 ans, Amgala, la bataille sans guerre

HISTOIRE Il y a un demi-siècle, les sables d'Amgala furent le théâtre d'un affrontement qui dépassa le cadre d'une simple escarmouche frontalière. Ce double choc, ultime face-à-face armé entre Rabat et Alger, en a constitué le paroxysme guerrier, mais aussi les prémisses d’un statu quo durable. Retour sur un duel éclair qui a failli plonger la région dans une guerre ouverte

Un monticule de roche dans un décor lunaire. Tout autour, l’infinie étendue ocre du désert caillouteux. C’est dans cette ancienne oasis asséchée que s’est jouée la dernière confrontation armée d’ampleur entre les armées marocaine et algérienne. Un an après la Marche Verte et deux mois après les accords de Madrid, Amgala est devenue le site d’une bataille qui aurait pu faire basculer toute une région dans un embrasement à grande échelle. Si cette localité perdue dans le désert est devenue le théâtre d’un sanglant affrontement, c’est parce qu’elle occupe une place stratégique de choix.


À une quarantaine de kilomètres au sud d'Es-Semara, Amgala se trouve à la croisée des chemins. Proche de la frontière mauritanienne à l’ouest, elle constitue également un passage vers Bir Lahlou à l’est, d’où la route se dégage en direction de Tindouf, en Algérie. Au moment où les belligérants placent leurs pions sur l’immense échiquier du Sahara occidental, tous ont identifié Amgala comme un point militaire névralgique.


À la fin de l’année 1975, la situation est explosive. L'Espagne retire ses troupes après les accords de Madrid, signés le 14 novembre, qui prévoient le partage de son ancienne colonie entre le Maroc et la Mauritanie. Le Front Polisario, créé deux ans plus tôt et soutenu activement par l’Algérie, s’oppose à ce traité et revendique l’indépendance du territoire. Alors que la tension monte, des milliers de civils sahraouis fuient vers l’intérieur des terres, notamment vers la région de Tindouf. C’est dans ce climat que, début janvier 1976, l’armée marocaine entame une vaste opération dite « d’assainissement », afin de prendre le contrôle des zones frontalières et de chasser les milices du Polisario.


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