Marchés publics : quand l’inflation des matières premières étrangle les entreprises
Cuivre à +45%, aluminium à +22%, acier à +6%… Les cours mondiaux s’envolent, mais le cadre réglementaire marocain plafonne l’indemnisation des entreprises à 5% du montant du marché. Un décalage devenu insoutenable
Évolution des cours des matières premières (janvier 2025 → janvier 2026) :
- Cuivre : +45 %
- Aluminium : +22 %
- Acier : +6 %
Cadre réglementaire :
- Plafond de révision des prix : 5 % du montant initial du marché (article 17 de l'Arrêté)
- Part fixe non révisable : minimum 15 % du marché (imposée par l'arrêté)
- Partie fixe dans les formules de révision : ≥ 0,15 (selon l'étude académique)
Exemple de calcul illustratif :
- Part de la fourniture dans le marché : 60 %
- Hausse de la fourniture : 25 %
- Surcoût réel pour l'entreprise : 15 % du marché
- Indemnisation maximale possible : 5 %
- Reste à charge pour l'entreprise : 10 %
Retard de publication des index :
- Derniers index publiés : juin 2025 (à la date de rédaction, mars 2026)
- Décalage constaté : 9 mois
Ancienneté des index :
- Base 100 de la plupart des index : années 1970-1980
- Date de référence de l'index des salaires : 1977
Références chronologiques des textes :
- Décret n° 2-22-431 : 8 mars 2023
- Arrêté n° 3-302-15 : 15 safar 1437 (B.O. du 17 décembre 2015)
- Circulaire post-Covid : n° 09/2022 du 18 avril 2022
C’est une véritable bombe à retardement. Durant l’année 2025, les cours des matières premières ont connu une évolution majeure sur les principales bourses mondiales. Le Maroc, massivement importateur, encaisse le choc de plein fouet. Mais ce ne sont pas les finances de l’État qui trinquent en premier : ce sont les entreprises titulaires de marchés publics passés avec l’État et les établissements publics, prises en étau entre des contrats signés à des prix désormais obsolètes et un cadre réglementaire qui refuse de suivre la réalité économique. La question se pose avec acuité : comment sont supportés les coûts de cet impact dans le cadre des marchés publics ?
Des chiffres qui donnent le vertige
La fin d’année 2025 et le début 2026 ont été marqués par une augmentation significative des cours des principales matières premières entrant dans la composition des marchés publics, spécialement dans le BTP. Les données parlent d’elles-mêmes.
Entre janvier 2025 et janvier 2026, le cours du cuivre a bondi de 45 %. L’aluminium a progressé de 22 %. L’acier, pourtant réputé plus stable, affiche +6 %. Et ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Les courbes d’évolution des cours mensuels moyens du cuivre, de l’aluminium et de l’acier (en dollars/tonne) illustrent cette flambée (voir graphiques).
Abonnez-vous pour continuer la lecture
à partir de 40 dh par mois
(facturé annuellement)
Choisir une offreLe Desk a été le premier à révéler
©️ Copyright Pulse Media. Tous droits réservés.
Reproduction et diffusions interdites (photocopies, intranet, web, messageries, newsletters, outils de veille) sans autorisation écrite.
