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10.03.2026 à 20 H 13 • Mis à jour le 11.03.2026 à 11 H 01 • Temps de lecture : 5 minutes
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Moyen-Orient

Guerre contre l’Iran : cacophonie à Washington sur le détroit d’Ormuz et l’issue du conflit

Trump laisse planer l’incertitude sur l’issue et la durée de la guerre avec l’Iran.

L’escalade militaire entre les États-Unis, Israël et l’Iran se poursuit au Moyen-Orient, dans un climat de grande confusion stratégique et de fortes tensions régionales, alors que les affrontements entrent dans leur onzième jour.


Au cœur des incertitudes figure la situation dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite près d’un cinquième du pétrole mondial. Washington a d’abord affirmé avoir escorté un premier pétrolier à travers ce couloir maritime avant de revenir sur cette déclaration. La Maison Blanche a finalement confirmé que la marine américaine n’avait escorté aucun navire. De leur côté, les Gardiens de la révolution iraniens ont affirmé qu’« aucun navire de guerre américain n’a osé s’approcher de la mer d’Oman, du Golfe persique ou du détroit d’Ormuz durant ce conflit ». Dans ce contexte de forte incertitude, plusieurs pays dépendants des importations énergétiques ont pris leurs propres mesures : le Pakistan a ainsi annoncé le déploiement de navires de guerre pour escorter ses cargos dans la région afin de sécuriser ses approvisionnements en pétrole.


Sur le plan militaire, l’Iran a annoncé une nouvelle salve de missiles visant Israël, notamment Tel-Aviv, ainsi que des cibles américaines au Moyen-Orient. Selon les Gardiens de la révolution, l’opération a mobilisé certains des missiles « stratégiques » les plus puissants de l’arsenal iranien, dont les Fateh, Emad et Kheibar. L’armée iranienne affirme également avoir frappé, à l’aide de drones, un centre militaire à Haïfa ainsi qu’un centre de réception de renseignements liés aux satellites-espions. Les autorités iraniennes maintiennent une ligne de riposte ferme : le président du Parlement a prévenu que toute attaque contre les infrastructures iraniennes entraînerait une réponse « œil pour œil, dent pour dent », promettant une riposte « proportionnée et immédiate  ».


La guerre s’étend progressivement à l’ensemble du Moyen-Orient. Les Émirats arabes unis ont indiqué répondre à des frappes iraniennes, tandis que l’Arabie saoudite et le Koweït ont affirmé avoir intercepté des drones. À Bahreïn, une attaque iranienne a frappé un immeuble résidentiel dans la capitale Manama, faisant au moins un mort. La Turquie a également signalé qu’un système de défense de l’OTAN avait abattu un missile balistique lancé depuis l’Iran, près de la base aérienne d’Incirlik.


La crise humanitaire s’aggrave parallèlement. Au Liban, près de 760 000 personnes ont été déplacées par les frappes israéliennes, selon le ministère de la Santé, alors que l’ONU évoquait plus tôt 667 000 déplacés, soit une augmentation de près de 100 000 personnes en seulement 24 heures. Les bombardements israéliens ont fait près de 500 morts dans le pays. En Iran, les frappes américaines et israéliennes ont causé environ 1 300 morts. Les attaques iraniennes à travers la région ont fait plus de 30 victimes. L’armée israélienne affirme pour sa part avoir tué plus de 1 900 Iraniens. Un nouvel élément controversé est également apparu avec la diffusion d’une vidéo suggérant qu’un missile américain aurait frappé une école primaire iranienne, causant la mort de 175 personnes, dont une majorité d'enfants, ce qui contredit les déclarations de Donald Trump imputant cette frappe à l’Iran.


Les tensions se répercutent fortement sur les marchés énergétiques. Le prix du Brent, qui se situait sous les 70 dollars le baril le mois dernier, a brièvement approché les 120 dollars avant de redescendre sous les 90 dollars après que le G7 a évoqué une possible intervention pour stabiliser les marchés et à la suite de déclarations de Donald Trump laissant entendre que la guerre pourrait se terminer prochainement.


Le président américain envoie toutefois des signaux contradictoires sur l’issue du conflit. Dans un entretien accordé à CBS, il a affirmé que la guerre était « presque terminée  » et « très en avance sur le calendrier », ce qui a contribué à calmer temporairement les marchés. Mais quelques heures plus tard, devant des élus républicains en Floride, il a adopté un ton nettement plus offensif, affirmant que les États-Unis avaient « gagné de nombreuses batailles, mais pas assez » et promettant de poursuivre l’effort militaire jusqu’à une « victoire finale ». Interrogé sur la possibilité d’une fin rapide du conflit, il a simplement répondu : « bientôt, très bientôt  », tout en excluant une conclusion dès cette semaine.


Sur le plan diplomatique, des interrogations persistent autour du rôle de la Russie. L’émissaire spécial américain Steve Witkoff a déclaré que Vladimir Poutine avait assuré Donald Trump, lors d’un entretien téléphonique lundi, que Moscou ne partageait pas de renseignements militaires avec l’Iran. Le Kremlin a toutefois refusé de commenter les accusations de certains médias américains affirmant que des données russes auraient pu aider Téhéran à cibler des bases américaines dans la région.


Face à la détérioration rapide de la situation sécuritaire, les États-Unis ont ordonné l’évacuation obligatoire de leurs diplomates et de leurs familles du consulat d’Adana, en Turquie, situé à proximité de la base aérienne d’Incirlik utilisée par l’US Air Force et les forces de l’OTAN.


Enfin, la guerre produit aussi des effets inattendus sur le plan humain et politique. L’Australie a annoncé l’octroi de visas humanitaires à cinq joueuses de l’équipe nationale féminine iranienne de football, accusées de « trahison » par les médias d’État iraniens après avoir refusé de chanter l’hymne national lors d’un tournoi. Canberra a indiqué que cette offre de protection était étendue à l’ensemble de l’équipe.


Dans ce contexte d’escalade militaire, de perturbations énergétiques et de crise humanitaire croissante, la région reste suspendue à l’évolution d’un conflit dont l’issue demeure incertaine malgré les déclarations contradictoires de Washington.

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