Gaspillage alimentaire : quand le CESE communique sur un rapport que personne n’a lu
Abdelkader Amara, président du CESE. Création : Ezzoubair Elharchaoui / Le Desk
Le timing était parfait. Le 11 mars, en plein mois de ramadan, période où la question du gaspillage alimentaire acquiert une résonance particulière dans les foyers marocains, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) organisait à Rabat ce que son propre site internet qualifie de « rencontre de communication ». Son objet est de présenter les conclusions d'un avis intitulé « Pertes et gaspillage alimentaires au Maroc : ampleur du phénomène et enjeux pour une intervention efficace ». Son président, Abdelkader Amara, nommé par le Roi à la tête de l'institution en 2025, y a livré un plaidoyer appuyé en faveur d'un plan d'action national contre le gaspillage.
Les médias ont relayé, et les chiffres ont circulé : 4,2 millions de tonnes de nourriture jetées par les ménages chaque année, soit 113 kilogrammes par habitant, des pertes post-récolte de 20 à 40 % pour les fruits, légumes et céréales et 1,6 milliard de mètres cubes d'eau mobilisés pour produire des denrées qui ne seront jamais consommées. Des chiffres alarmants, assurément. Mais des chiffres qui posent une question de fond : d'où proviennent-ils exactement, et qu'apporte réellement cet avis du CESE ?
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