Aya Gold & Silver lance une nouvelle étude de faisabilité sur deux ans à Boumadine
La société minière canadienne Aya Gold & Silver a annoncé le lancement officiel d’un programme de travail destiné à soutenir une étude de faisabilité (Feasibility Study – FS) pour son projet polymétallique de Boumadine, situé au Maroc. Cette étape marque une nouvelle phase stratégique dans l’avancement du projet, après les résultats jugés positifs de l’étude économique préliminaire (PEA) publiée en novembre 2025.
L’objectif de cette nouvelle phase consiste à optimiser la conception du projet et à affiner les estimations des coûts d’investissement et d’exploitation. Pour mener ces travaux, Aya Gold & Silver s’appuie sur une équipe multidisciplinaire d’ingénierie et d’experts techniques, incluant notamment Lycopodium Minerals Canada, SRK Consulting, SGS Canada, Epoch Resources et SLR Consulting France.
Selon Benoit La Salle, PDG de la société, le projet Boumadine entre désormais dans une étape déterminante. Le permis minier étant déjà obtenu, l’entreprise avance plusieurs chantiers techniques en parallèle afin d’accélérer la transition vers la phase de développement, tout en respectant les standards techniques et environnementaux du secteur minier.
Le projet Boumadine, situé dans l’Anti-Atlas marocain, est conçu comme un projet minier de grande envergure combinant exploitation à ciel ouvert et exploitation souterraine. Le traitement du minerai reposera sur une usine de flottation conventionnelle capable de produire des concentrés séparés de zinc, de plomb et de pyrite. Les revenus attendus proviendront majoritairement des métaux précieux, avec une contribution estimée à environ 61 % pour l’or et 21 % pour l’argent, tandis que le zinc représenterait 13 % des revenus et le plomb environ 5 %.
L’étude économique préliminaire publiée en 2025 évoquait un potentiel plan d’exploitation sur onze ans, avec des possibilités d’extension si les ressources continuent de croître. L’étude de faisabilité actuellement lancée vise précisément à affiner ce scénario et à réduire les incertitudes techniques et économiques avant toute décision finale d’investissement.
Dans le cadre des travaux préparatoires, Aya a engagé un vaste programme de forage destiné à améliorer la connaissance géologique du gisement. Au 10 mars 2026, environ 38 000 mètres de forage avaient déjà été réalisés dans le cadre d’une campagne totale de 360 000 mètres. Pour l’année 2026 seule, l’objectif est de 180 000 mètres, afin de convertir les ressources minérales présumées en ressources indiquées et d’améliorer la fiabilité du futur modèle de réserves.
Parallèlement aux forages, plusieurs programmes techniques sont en cours. Les études métallurgiques menées par SGS doivent permettre d’optimiser les paramètres de traitement et de définir les spécifications des concentrés produits. De son côté, Lycopodium supervise les travaux d’ingénierie de procédé et la conception de l’usine, incluant l’optimisation du schéma de traitement, le dimensionnement des équipements et les estimations de coûts.
Les études géotechniques confiées à RockEng doivent affiner les paramètres de stabilité des six fosses à ciel ouvert prévues ainsi que les critères de conception des zones souterraines. Ces investigations incluent des forages géotechniques, des analyses structurales et des tests de laboratoire afin de sécuriser la conception minière à long terme.
Sur le plan environnemental et social, le cabinet SLR pilote l’étude d’impact environnemental et social (ESIA). Les travaux comprennent des campagnes de terrain et des programmes de suivi environnemental destinés à évaluer les impacts potentiels du projet et à définir les mesures d’atténuation nécessaires pour répondre aux exigences réglementaires.
La gestion de l’eau constitue également un axe central du projet. Des études hydrogéologiques sont menées afin de caractériser les aquifères et d’évaluer les besoins de dénoyage de la mine. L’approvisionnement en eau pourrait combiner plusieurs sources, notamment l’eau municipale, des puits locaux et la réutilisation d’eaux usées traitées provenant de stations régionales. La possibilité de raccorder le site à un barrage voisin via une conduite est également étudiée comme source complémentaire.
En parallèle, Aya développe les infrastructures nécessaires au projet, incluant la conception des routes d’accès, les installations de surface et les infrastructures électriques destinées à connecter la mine au réseau national. L’entreprise prévoit également le transport des concentrés par route vers des installations portuaires.
Le projet inclut aussi la conception d’une installation de stockage des résidus miniers (TSF) conforme aux standards internationaux GISTM. Cette installation, conçue comme une vallée étanchéifiée avec construction progressive, pourrait accueillir environ 18,5 millions de tonnes de résidus sur toute la durée de vie de la mine.
Dans le cadre de l’optimisation du projet, Aya étudie également l’option d’installer une unité de torréfaction (roaster) pour traiter le concentré de pyrite et améliorer la récupération des métaux précieux. Des essais supplémentaires sont prévus en 2026 afin de préciser la conception de ce circuit métallurgique.
Selon le calendrier actuel, la société vise la finalisation de l’étude de faisabilité au second semestre 2027. Cette étape constituera une décision clé pour le développement industriel du projet Boumadine, considéré comme l’un des projets polymétalliques les plus prometteurs du portefeuille d’Aya Gold & Silver au Maroc.
Par ailleurs, l’entreprise a annoncé qu’elle publiera ses résultats financiers du quatrième trimestre et de l’exercice 2025 le 31 mars, avant l’ouverture des marchés.
Ancrée au Maroc, Aya Gold & Silver exploite déjà la mine d’argent de Zgounder et poursuit une stratégie d’expansion fondée sur l’exploration et le développement de nouveaux gisements dans la région de l’Anti-Atlas, considérée comme l’une des zones géologiques les plus riches et encore sous-explorées du continent africain.
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