Bank Al-Maghrib : la croissance de l’économie nationale attendue à 5,6% en 2026
L’économie marocaine devrait connaître une accélération notable en 2026, portée par un double moteur : rebond agricole et dynamisme des secteurs non agricoles. Selon Bank Al-Maghrib, la croissance de l’économie nationale aurait connu une nette amélioration à 4,8 % en 2025 et devrait se situer à 5,6 % en 2026, avant de ralentir à 3,5 % en 2027.
Cette évolution s’explique notamment par des conditions climatiques « très favorables » qui devraient se traduire par une production céréalière de 82 millions de quintaux et un rebond de 14,4 % de la valeur ajoutée agricole en 2026, avant un recul de 5,3 % en 2027, sous l’hypothèse d’un retour à une campagne moyenne. En parallèle, la croissance des activités non agricoles resterait « robuste », oscillant autour de 4,5 %, tirée par l’investissement dans les infrastructures économiques et sociales.
Cette performance s’accompagne toutefois de vulnérabilités. Le renchérissement des matières premières devrait entraîner « un creusement du déficit du compte courant », qui passerait de 2,3 % du PIB en 2025 à 3,1 % en 2026, avant de s’atténuer à 2,5 % en 2027. La facture énergétique, en particulier, devrait s’alourdir de 15,6 %, sous l’effet de la hausse des prix internationaux, pour atteindre 124,3 milliards de dirhams (MMDH) en 2026, après 107,6 MMDH en 2025.
En regard, les échanges extérieurs devraient rester dynamiques. Les exportations seraient tirées notamment par le secteur automobile, dont les expéditions progresseraient de 13,7 % en 2026 puis de 19,3 % en 2027, ainsi que par les phosphates et dérivés, en hausse de 19,4 % cette année, tandis que les recettes de voyages poursuivraient leur amélioration et que les transferts des Marocains résidant à l'étranger (MRE) se consolideraient autour de 129 MMDH à l’horizon 2027.
En parallèle, les indicateurs de financement de l’économie restent orientés à la hausse. Le crédit bancaire au secteur non financier devrait « s’accélérer davantage » pour atteindre 6 % en 2026, après 4,7 % en 2025, avant de revenir à 5,1 % en 2027, tiré notamment par la hausse des prêts à l’équipement aux entreprises privées. À fin janvier 2026, l’encours du crédit bancaire s’est établi à 1 228,6 MMDH, avec un ratio de créances en souffrance revenu à 8 %, souligne BAM.
Sur le plan budgétaire, la trajectoire demeure globalement maîtrisée. Après une progression de 15,3 % des recettes ordinaires en 2025, le déficit budgétaire devrait poursuivre sa trajectoire baissière, revenant à 3,5 % du PIB en 2026 puis à 3,4 % en 2027. Dans le même temps, l’endettement du Trésor devrait s’alléger graduellement, pour s’établir à 65,3 % du PIB à l’horizon 2027, reflétant notamment un recul de la dette intérieure et une légère hausse de la composante extérieure.
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