Ce 27 mars, la Bourse de Casablanca a suspendu la cotation de la Compagnie minière de Touissit (CMT) à la demande de l'Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC). Dans la foulée, le conseil d'administration de CMT annonçait la conclusion d'un accord entre Strategos Ventures Limited (SVL) et Ayrad Group Limited : Ayrad acquiert la totalité des parts d'OSEAD Fund, entité luxembourgeoise qui contrôle indirectement, via Osead Maroc Mining (OMM), 37,04 % du capital de CMT. Prix de l'opération : 130 millions de dollars (M $). À l'issue de la transaction, Ayrad détiendrait ce bloc aux côtés de la CIMR (16,12 %), déclenchant une offre publique d'achat obligatoire sur l'intégralité des actions, sous réserve du visa de l'AMMC. Finalisation attendue en avril 2026.
Pour comprendre ce qui se joue dans cette opération, il faut commencer par les hommes.
De Montessus : ascension, chute, reconstruction
La figure centrale d'Ayrad Group est Sébastien de Montessus, président de son conseil. Né en 1974, diplômé de l'ESCP, il débute dans la banque d'affaires avant de rejoindre Areva, où il dirige les activités minières. Il prend ensuite la tête de La Mancha, véhicule contrôlé par le tycoon égyptien Naguib Sawiris, avant d'être nommé en 2016 CEO d'Endeavour Mining, alors simple producteur d'or intermédiaire. Sous sa direction, le groupe se transforme profondément : acquisition de Semafo et Teranga, intégration au FTSE 100 en 2021, puis franchissement du million d'onces de production annuelle. Endeavour devient le premier producteur d'or d'Afrique de l'Ouest, avec des mines majeures au Burkina Faso, en Côte d'Ivoire et au Sénégal.
Sébastien de Montessus, président du conseil de Ayrad Group du temps où il officiait à Endeavour Mining. Crédit : Issouf Sanogo / AFP / Getty Images
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