S'abonner
Se connecter
logo du site ledesk
Grand angle
Enquêtes, reportages, récits et portfolios
Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée chargée de la Transition numérique, Christopher Yoshida, co-fondateur et chairman de Nexus Core Systems, Jaap Zuiderveld, CEO de Nexus Core Systems et Chalid Arrab, fondateur de Lloyds Capital
13.04.2026 à 17 H 25 • Mis à jour le 13.04.2026 à 20 H 58 • Temps de lecture : 28 minutes
Par

Nexus AI Factory: l’envers du décor d’un projet à 12 milliards de dirhams

ENQUÊTE EXCLUSIVE Un kickboxeur dont les mégaprojets n'ont jamais vu le jour, un ex-directeur de la CIA comme chairman, un cofondateur lié à une entreprise sous investigation criminelle, une société d'un an sans comptes publiés : enquête sur les promoteurs de la « première AI Factory souveraine d'Afrique », officialisée au GITEX Africa à Marrakech

Le 8 avril, dans les salons du GITEX Africa à Marrakech, Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée chargée de la Transition numérique, et Duke Buchan III, ambassadeur des États-Unis au Maroc, ont posé côte à côte pour la signature d'un protocole d'accord entre Nexus Core Systems, une société londonienne spécialisée dans l'infrastructure d'intelligence artificielle, et trois entités gouvernementales : le ministère de la Transition numérique, le ministère de l'Investissement et l'Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE).


Le diplomate américain n'a pas ménagé ses effets. « J'ai été témoin de quelque chose d'historique, a-t-il écrit sur le réseau social X quelques heures plus tard. Le Maroc a signé un accord historique pour construire la Nexus AI Factory, la première plateforme d'infrastructure IA souveraine de ce type en Afrique. 1,2 milliard de dollars d'investissement initial. 500 mégawatts de capacité prévue. Alimentée par la technologie américaine de confiance Nvidia.  »


Les chiffres annoncés ont fait le tour de la presse marocaine et internationale. Douze milliards de dirhams (MDH) d'investissement. Un datacenter de calcul haute performance à Nouaceur, en périphérie de Casablanca, adossé à un centre d'excellence et à un hub d'innovation. Des GPU Nvidia de dernière génération, les Blackwell GB200, parmi les processeurs les plus puissants du marché. Une alimentation en énergie 100 % renouvelable fournie par Taqa Morocco. Le géant coréen Naver Cloud comme opérateur de la plateforme. Maroc Telecom comme partenaire de distribution. Et, au bout du chemin, une capacité cible de 500 mégawatts (MW) qui ferait du Maroc un acteur majeur de l'IA mondiale.


Il a suffi de quelques jours pour que le projet soit présenté comme un fait accompli. « Le Maroc lance la première AI Factory d'Afrique  », titrent les médias, relayant le communiqué du ministère de la Transition numérique. Mais derrière le Memorandum of Understanding (MoU), quelle est la consistance de ce projet ? Et qui se trouve réellement derrière cette entreprise au nom inconnu du grand public il y a encore quelques mois ?


« De Tanger à Dakhla »

Le projet, tel que ses promoteurs le décrivent, est ambitieux. L'infrastructure doit combiner trois composantes : un datacenter de calcul haute performance capable de supporter l'entraînement de grands modèles d'IA, l'inférence multimodale et le traitement de données à grande échelle, équipé de systèmes de refroidissement liquide pouvant atteindre 400 kilowatts (kW) par rack  un centre d'excellence qui « servira les opérations mondiales de Nexus depuis le Royaume »  et un hub d'innovation destiné à incuber des solutions technologiques locales. L'ensemble s'inscrit dans les stratégies nationales Maroc Digital 2030 et Maroc IA 2030, cette dernière visant à ajouter 10 MM $ au PIB par l'intelligence artificielle et à former 200 000 personnes en compétences numériques.


Le déploiement est prévu en deux phases. La première, à Nouaceur, mobilisera 5 milliards de dirhams (MMDH) pour activer une capacité de 16 MW et créer 50 emplois directs. Le choix du site est dicté par la proximité du Maroc avec l'Europe et par l'accès direct à plusieurs câbles sous-marins de fibre optique, atout décisif pour les opérations à faible latence. La seconde phase, sur un site non encore précisé dans le nord du pays, ajoutera 20 MW pour 7 MMDH supplémentaires, portant l'effectif à 125 postes hautement qualifiés d'ici fin 2027.

Abonnez-vous pour continuer la lecture

à partir de 40 dh par mois

(facturé annuellement)

Choisir une offre

©️ Copyright Pulse Media. Tous droits réservés.
Reproduction et diffusions interdites (photocopies, intranet, web, messageries, newsletters, outils de veille) sans autorisation écrite.

De longs formats Enquêtes, reportages, récits et portfolios