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01.05.2026 à 15 H 09 • Mis à jour le 01.05.2026 à 15 H 09 • Temps de lecture : 5 minutes
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Exploration

Predator Oil & Gas intensifie son projet gazier au Maroc malgré un puits décevant

Tests de potentiel d'helium sur le puits MOU-5 de Predator Oil & Gas à Guercif

Le Britannique Predator Oil &  Gas Holdings intensifie ses efforts au Maroc après des résultats mitigés sur son puits MOU-5, tout en négociant un accord de partenariat qui pourrait rembourser 24,6 millions de dollars (M $) de coûts d'exploration passés, selon son rapport annuel 2025.


La société basée à Jersey (cotée à Londres sous PRD) a investi 4,13 millions de dirhams (MDH) au Maroc en 2025 pour des services liés au forage de MOU-5 près de Guercif et aux tests de MOU-3.


Le puits MOU-5, foré en mars 2025 à 1,137 mètres sous budget, n'a pas confirmé l'objectif carbonaté jurassique visé. La cible était située 233 mètres plus profonde que prévu, au-delà des limites de fermeture structurale. Mais le puits a révélé 58 mètres de sel et anhydrite d'âge triasique inattendu. « Le sel est interprété comme allochtone, probablement d'âge triasique  », précise le rapport annuel. Cette découverte redéfinit la géologie du bassin et ouvre la voie à de nouveaux objectifs plus profonds.


MOU-5 a également confirmé la présence d'hélium par chromatographie gazeuse dédiée, une première dans la région. Le rapport établit des analogies avec le champ gazier géant de Hassi R'Mel en Algérie pour le potentiel hélium des réservoirs TAGI triasiques. « La réinterprétation sismique post-MOU-5 indique la présence potentielle de sel triasique épais sous MOU-5. Une structure anticlinale faillée est comparable aux structures hébergeant les réservoirs TAGI gaziers connus de Tendrara et Meskala au Maroc  », analyse le rapport.


Parallèlement, les tests sans appareil de forage sur MOU-3 en 2025 ont confirmé l'endommagement de formation causé par le forage original avec des boues lourdes. Les perforateurs de 27/8 pouces, plus puissants, ont réussi à perforer la formation endommagée pour la première fois. Les ressources gazières contingentes (2C) restent évaluées à 61,95 milliards de pieds cubes nets dans la structure MOU-1/MOU-3, ciblant un développement pilote de gaz naturel comprimé (GNC) pour le marché industriel marocain.


Ces résultats ont poussé Predator à demander l'extension de sa licence Guercif du 5 mars au 5 novembre 2026 pour forer MOU-6 et soumettre une demande de concession d'exploitation avant octobre 2026. La société négocie simultanément avec un partenaire potentiel de joint-venture disposé à financer le forage MOU-6 et un développement pilote CNG. L'accord prévoit le remboursement de jusqu'à 24,6 M $ de coûts passés, incluant les puits MOU-1, MOU-2, MOU-3, MOU-4 et MOU-5. « La société s'engage pleinement à s'associer pour l'évaluation potentielle et le développement évolutif de son gaz découvert dans la structure MOU-1 et MOU-3  », confirme le président Dr. Stephen Boldy.


Le Maroc offre des conditions fiscales attractives avec seulement 5 % de redevances d'État pour le gaz (après les premiers 10,6 milliards de pieds cubes) et un impôt sur les sociétés à 31 % avec une « période de grâce » de 10 ans avant application. Les prix gaziers industriels au Maroc atteignent 10-12 $ par millier de pieds cubes, permettant de substituer les importations coûteuses de fuel lourd et réduire les émissions CO2 de 33 %.


L'investissement de Predator au Maroc en 2025 a bénéficié aux entrepreneurs en génie civil, services de soutien de terrain et mobilisation de cabines, personnel d'entrepôt de Guercif avec location d'entrepôt en ville, approvisionnement en eau et élimination des déchets, carburants, transport et chauffeurs, hébergement hôtelier local pour équipes de forage, services internet et équipement bureautique, ainsi qu'aux services comptables et d'administration douanière. « Cela a constitué un coup de pouce significatif pour l'économie locale », souligne le rapport.


L'hélium représente désormais un objectif prioritaire pour 2026. « 2026 sera initialement focalisée sur les exigences réglementaires pour explorer et exploiter une accumulation d'hélium », selon le rapport. L'hélium relève du département minier d'ONHYM et pourrait nécessiter une autorisation de licence différente. « La société mène la quête d'hélium au Maroc et sera en position de contribuer, si demandé, aux consultations sur la voie réglementaire », précise le document.

 

Le projet Guercif chevauche le pipeline Maghreb vers l'Europe et bénéficie d'un accès autoroutier vers les centres industriels marocains. Le Maroc recherche des expressions d'intérêt pour une unité flottante de stockage et regazéification (FSRU) au port de Nador, avec un pipeline de raccordement près du site MOU-5. « Le potentiel pour la zone autour des sites de puits MOU-3 et MOU-5 de devenir un hub pivot pour le développement gazier futur incluant GNC, micro-LNG, export par pipeline et stockage gazier est favorablement soutenu par la proximité des infrastructures de transport gazier actuelles et proposées  », conclut le rapport.


La monétisation du gaz découvert entre 2021-2023 constitue « un objectif absolu pour 2026  » alors que Predator cherche à transformer ses découvertes marocaines en revenus commerciaux. Avec des actions cotées à 3,47 livres sterling (£), la société mise sur son projet gazier marocain pour générer ses premiers revenus substantiels après des années d'exploration dans le bassin de Guercif.

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