Saad Lamjarred condamné à cinq ans de prison pour le viol d’une jeune femme à Saint-Tropez
À l'issue d'une semaine d'audience, la cour d'assises du Var (France) a prononcé une peine de cinq années d'emprisonnement à l'encontre de Saad Lamjarred, 41 ans, figure de la scène musicale arabophone. Le ministère public avait pourtant requis le double, soit dix ans de réclusion. La cour n'a pas assorti la condamnation d'un mandat de dépôt, ce qui permet au chanteur de demeurer libre à l'issue de l'audience. À l'énoncé de la décision, l'artiste a fondu en larmes avant d'étreindre son épouse et sa belle-mère, présentes dans la salle. Sur le volet civil, il devra s'acquitter de 30 000 euros au titre du préjudice subi par la plaignante, auxquels s'ajoutent 5 000 euros destinés à couvrir ses frais d'avocat.
Conformément à la règle applicable aux affaires de viol lorsque la victime en fait la demande, les débats se sont déroulés à l'abri du public depuis lundi matin. Initialement prévue en décembre 2025, l'audience avait dû être reportée pour raisons de santé de la présidente de la cour, allongeant encore un calendrier judiciaire déjà étiré sur plus de sept années.
L'affaire remonte à août 2018. La plaignante, alors employée comme barmaid à Saint-Tropez, aurait croisé le chanteur dans une discothèque de la station balnéaire. Selon ses déclarations aux enquêteurs, elle aurait accepté de partager un verre avec lui au bar de son hôtel, sans connaître son identité. D'après son récit, l'artiste l'aurait en réalité conduite directement dans sa chambre, où il l'aurait maintenue par les poignets pour la contraindre à un rapport sexuel. Une amie, contactée juste après les faits, a décrit aux enquêteurs une jeune femme bouleversée, le visage défait. Saad Lamjarred a toujours soutenu une version opposée : selon lui, le rapport était librement consenti, la plaignante s'étant elle-même partiellement dévêtue. Il avait passé trois mois en détention provisoire en 2018 dans le cadre de l'enquête. En 2021, alors même que le parquet ne s'opposait pas à un non-lieu, la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Aix-en-Provence avait choisi de renvoyer l'affaire devant les assises, soulignant qu'entrer dans la chambre d'hôtel d'un homme ne saurait à soi seul valoir accord à une relation sexuelle.
L'avocat du chanteur, Christian Saint-Palais, n'a pas souhaité réagir publiquement. Du côté de la partie civile, Me Dominique Lardans s'est dit satisfait du jugement et a regretté la stratégie de défense visant à mettre en cause la crédibilité de la plaignante.
Cette condamnation s'inscrit dans une série d'affaires visant le chanteur.En 2023, la cour d'assises de Paris l'avait déjà condamné à six années d'emprisonnement pour le viol présumé, en 2016, d'une jeune femme désignée sous le prénom de Laura P., rencontrée dans un établissement de nuit parisien. Le procès en appel, qui devait se tenir à Créteil en juin 2025, a été reporté en raison d'une procédure parallèle : cinq personnes, au nombre desquelles la mère de Laura P., une avocate et une influenceuse, ont été condamnées en mars dernier pour avoir tenté d'obtenir trois millions d'euros du chanteur en échange du retrait de la plainte et de l'absence de la jeune femme au procès en appel. Laura P. elle-même a été relaxée. Des accusations similaires avaient par ailleurs été portées contre l'artiste au Maroc en 2015, ainsi qu'aux États-Unis en 2010, cette dernière procédure ayant été close à la suite d'un arrangement financier conclu avec la plaignante.
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