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08.06.2026 à 18 H 34 • Mis à jour le 08.06.2026 à 18 H 34 • Temps de lecture : 4 minutes
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ONU

Maintien de la paix : Bourita reçoit Lacroix en pleine révision des opérations de l’ONU

Bourita reçoit le Secrétaire Général Adjoint aux Opérations de Paix de l’ONU, Jean-Pierre Lacroix

Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger, a reçu lundi à Rabat Jean-Pierre Lacroix, Secrétaire général adjoint des Nations unies aux opérations de paix, en visite officielle au Maroc pour la deuxième fois. L'entretien a porté sur la place du Royaume dans les opérations de maintien de la paix onusiennes, un domaine où Rabat revendique une présence ininterrompue depuis 1960.


Le Maroc figure aujourd'hui au neuvième rang des plus importants contributeurs en troupes aux opérations de maintien de la paix de l'ONU. À ce poids militaire s'ajoutent deux positions diplomatiques acquises cette année : la présidence de la Commission de consolidation de la paix (PBC) pour 2026, assurée par l'ambassadeur Omar Hilale, et le rôle de coordonnateur du Mouvement des non-alignés (NAM) sur les questions de maintien de la paix. Hilale, élu par acclamation fin janvier, doit présider en juin une session annuelle de la PBC consacrée aux partenariats, qui coïncidera avec la première Semaine internationale de la consolidation de la paix et le vingtième anniversaire de la Commission.


La rencontre survient toutefois à un moment où l'architecture onusienne de la paix est en pleine remise à plat, un contexte que la diplomatie marocaine évoque davantage qu'elle ne le détaille. Lancée en mars 2025 à l'occasion du 80e anniversaire de l'Organisation, l'initiative dite « ONU 80 » vise officiellement à simplifier et rationaliser le Secrétariat. Son moteur réel est financier : l'ONU traverse une crise de liquidités persistante, faute de paiement intégral et ponctuel des contributions par les États membres. En mars 2025, seuls 75 des 193 États avaient versé l'intégralité de leur quote-part au budget de 3,72 milliards de dollars de l'Organisation.


C'est dans ce cadre contraint qu'intervient la révision stratégique des opérations de maintien de la paix, attendue en juin 2026. Demandée par le Pacte pour l'avenir adopté lors du Sommet de l'avenir de septembre 2024, elle doit aboutir à une architecture jugée plus souple et mieux adaptée aux conflits actuels. Mais elle touche directement le département dirigé par Lacroix : António Guterres a évoqué une réorganisation du Département des opérations de paix (DPO) et du Département des affaires politiques et de la consolidation de la paix (DPPA), avec fusion d'unités, suppression des doublons et, selon ses propres chiffres, l'élimination d'environ 20 % des postes des deux entités.


Le communiqué des Affaires étrangères inscrit cette refonte sous l'objectif de « restaurer la primauté du politique dans la gestion des conflits », une formule qui recouvre, dans le langage onusien, la volonté de réduire la voilure militaire des missions au profit de solutions diplomatiques, dans un environnement budgétaire et géopolitique de plus en plus défavorable au multilatéralisme.


Le communiqué tait toutefois un point qui ne lui a pas échappé : la visite de Jean-Pierre Lacroix porte sur la contribution du Maroc aux opérations de paix « ailleurs » : Casques bleus, présidence de la PBC, coordination au sein du NAM, mais ne dit rien de la mission onusienne encore au Sahara, la Minurso. Or celle-ci relève précisément du département dirigé par Lacroix, qui en est, institutionnellement, le responsable hiérarchique.


Le Conseil de sécurité a prorogé le mandat de la Minurso jusqu'au 31 octobre 2026 par la résolution 2797 (2025), un texte qui consacre le plan d'autonomie marocain comme base des négociations et place le prochain renouvellement à l'automne. La révision stratégique de juin couvre l'ensemble des missions, la Minurso comprise, alors même que la résolution 2756 (2024) appelait déjà à « adapter l'action stratégique » de la mission et à y affecter des ressources, une formule qui prend tout son sens dans le contexte d'austérité actuel : une vingtaine de postes de cadres médicaux ont été clôturés et un centre de santé à Laâyoune a été fermé.

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