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17.06.2026 à 09 H 47 • Mis à jour le 17.06.2026 à 13 H 33
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Energie

Certificats d’origine d’électricité verte : plus de quinze candidats pour bâtir le futur registre national

Leila Benali, ministre de la Transition énergétique et du Développement durable. Leila Benali, ministre de la Transition énergétique et du Développement durable. Crédit : MTEDD
Le ministère de la Transition énergétique a reçu plus de quinze manifestations d'intérêt, marocaines et étrangères, pour concevoir et exploiter la plateforme qui certifiera l'électricité renouvelable du Royaume. Un chantier rendu urgent par l'entrée en vigueur du mécanisme carbone européen

Le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable (MTEDD) a annoncé, le 16 juin, avoir reçu plus de quinze candidatures en réponse à son appel à manifestation d'intérêt pour la mise en place du premier registre national des certificats d'origine de l'électricité renouvelable.


Selon le ministère, les dossiers émanent d'entreprises et de consortiums nationaux et internationaux : opérateurs du marché des certificats d'origine, fournisseurs de plateformes de registre, développeurs de solutions informatiques et bureaux d'ingénierie et de conseil. L'AMI, lancé le 1er avril, s'est clôturé au début du mois de juin. Les offres sont désormais examinées par un comité dédié, chargé d'identifier le modèle technique, financier et opérationnel le mieux adapté au contexte marocain. À l'issue de cette phase, le ministère lancera un appel d'offres formel portant sur l'acquisition, le déploiement et, le cas échéant, l'exploitation de la plateforme.


Un outil de traçabilité, pas une subvention

Le certificat d'origine (CO) est un document numérique attestant qu'un mégawattheure donné a effectivement été produit à partir d'une source renouvelable : solaire, éolien ou hydraulique. Sans lui, toute revendication d'approvisionnement en énergie propre demeure déclarative, invérifiable, et donc sans valeur sur les marchés internationaux. Le registre national centralisera l'émission, le transfert et l'annulation de ces certificats, en garantissant qu'un même mégawattheure vert ne puisse être valorisé deux fois.


Le dispositif s'inscrit dans le cadre réglementaire ouvert par le décret sur les certificats d'origine, adopté en novembre 2024, qui prévoit que les demandes soient soumises via une plateforme numérique placée sous l'autorité du département de l'Énergie. Il est étroitement lié à la relance de l'autoproduction électrique : pour un industriel, pouvoir certifier que l'électricité qu'il consomme provient de sources renouvelables permet de réduire l'empreinte carbone déclarée de sa production.


L'aiguillon européen

Si le calendrier s'accélère, c'est en grande partie sous la pression du Mécanisme d'ajustement carbone aux frontières de l'Union européenne (MACF, ou CBAM), pleinement applicable depuis le 1er janvier 2026. Ce dispositif impose aux importateurs européens de déclarer et, à terme, de payer le contenu carbone des biens entrant sur le marché communautaire. Pour les exportateurs marocains de ciment, d'engrais, d'aluminium ou d'acier, la capacité à justifier l'origine bas carbone de leur électricité devient un enjeu direct de compétitivité.


Encore faut-il que les certificats marocains soient reconnus de l'autre côté de la Méditerranée. La future plateforme devra pour cela être interopérable avec le marché européen des garanties d'origine et se conformer à plusieurs directives communautaires : énergies renouvelables (UE 2018/2001, modifiée par UE 2023/2413 puis UE 2024/1711), électricité (UE 2019/944) et efficacité énergétique (UE 2023/1791). C'est à cette condition que la traçabilité marocaine pourra peser dans les chaînes d'approvisionnement décarbonées et les négociations commerciales.


Reste à connaître le modèle qui sera retenu et le calendrier de l'appel d'offres. De leur issue dépendra la capacité du Royaume à convertir son avance dans les énergies renouvelables en avantage commercial tangible, à l'heure où la valeur d'un mégawattheure ne se mesure plus seulement en dirhams, mais aussi en grammes de CO2 évités.

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