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Mohamed Chaouki, président du RNI.
27.07.2026 à 19 H 06 • Mis à jour le 27.07.2026 à 19 H 06 • Temps de lecture : 21 minutes
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n°1272.Errachidia-Nador : le train du Sud-Est à l’épreuve des tonnes

Relancée en pleine campagne électorale par le RNI, l’idée d’une liaison ferroviaire Errachidia-Nador n'a jamais été chiffrée. L'étude logistique du principal projet minier du Sud-Est voit pourtant dans le rail vers Nador sa meilleure option d'évacuation, mais la ligne dont elle dépend n'est pas programmée. Décryptage

Le 18 juillet, à Zagora, le président du Rassemblement national des indépendants (RNI) a plaidé pour la création d'une ligne ferroviaire reliant Errachidia à la région de l'Oriental et, au-delà, au port de Nador West Med. La déclaration intervient à quelques semaines des législatives et quelques mois avant l'entrée en service du port, prévue au quatrième trimestre 2026. Elle a suffi à replacer dans le débat public un dossier dormant depuis la fin de la législature précédente.


Le tracé qu'elle suppose n'est pas neutre. Le corridor Errachidia-Missour-Guercif traverse sur près de 200 kilomètres la province de Boulemane, dont Missour est le chef-lieu et dont Outat El Haj, située sur le passage de l'ancienne voie ferrée qui remontait la Moulouya, constitue le second pôle urbain. C'est la circonscription de Mohamed Chaouki, élu député de Boulemane en 2021 et porté à la tête du parti le 7 février 2026.


La revendication n'est pas nouvelle pour autant : elle a été portée sous la législature précédente par l'opposition (Omar Balafrej), sur un tracé différent, orienté vers Meknès à travers le Moyen-Atlas. Ce qui n'a jamais été produit, en revanche, c'est le calcul.


Un train de minerai circule pourtant déjà entre le désert oriental et la Méditerranée. L'ONCF le décrit lui-même : extraite des montagnes des environs de Bouarfa, la barytine est transportée par wagons jusqu'au port de Nador, où elle est exportée vers les États-Unis ou encore la Suède, tandis que les wagons de charbon chargés au port repartent en sens inverse vers la centrale de l'ONEE à Jerada. La ligne qui porte ce trafic est l'une des plus anciennes du réseau, construite entre 1925 et 1931, et ses convois ne dépassent pas 55 kilomètres à l'heure.


La question posée par la revendication d'une liaison Errachidia-Nador n'est donc pas de savoir si le rail peut servir l'industrie minière du Sud-Est : il la sert déjà, sur le minerai qui domine en volume la production de la zone. Elle est de savoir ce que coûterait d'étendre ce dispositif de quelque 310 kilomètres vers le sud-ouest, et si un trafic existe pour le remplir.


Le chiffre qui circule dans le débat, 514 kilomètres, est la distance routière entre Errachidia et Nador. Elle ne correspond pas à ce qu'il faudrait construire. Le réseau national atteint déjà Guercif, sur l'axe Fès-Oujda, et il atteint déjà la Méditerranée par une ligne inaugurée le 1er juillet 2009 entre Taourirt et le port de Beni Ansar :110 kilomètres selon le communiqué officiel d'inauguration, 117 selon la fiche projet de l'Agence de l'Oriental. Sur le parcours complet, environ 175 kilomètres sont déjà couverts par un itinéraire ferroviaire en exploitation. Ce qui manque, c'est le segment Errachidia-Guercif, long d'environ 370 kilomètres par la route, à travers la haute Moulouya.

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