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29.05.2019 à 14 H 44 • Mis à jour le 29.05.2019 à 14 H 56
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Auctions Acquis par MBS pour 450 M$, un tableau attribué à Léonard De Vinci serait un faux

Oeuvre d'un copiste ou au mieux d'un disciple ? Acheté à prix d’or par le prince héritier d’Arabie Saoudite, le « Salvator Mundi » attribué à Leonardo de Vinci ne cesse d’alimenter la polémique. Son authenticité est sérieusement remise en question, à un moment où le Louvre s’apprête à organiser à Paris une exposition dédiée au grand maître de la Renaissance italienne

450,3 millions de dollars. C’est la somme record qu’avait déboursée le Louvre Abu Dhabi pour acquérir le Salvator Mundi, (le « Sauveur du monde », en latin), un tableau attribué à Leonard de Vinci. La peinture représente un portrait de Jésus Christ réalisé vers 1500 pour le roi de France Louis XII et son épouse la reine Anne de Bretagne. Longtemps ignoré, réapparu en 2005, restauré, et rendu public en 2011 lors d’une exposition à la National Gallery de Londres, le tableau devient la peinture la plus chère du monde en 2017, lors de son acquisition.


La même année, le Wall Street journal révélait que Mohammed ben Salmane en était l’heureux acquéreur. MBS avait eu recours, selon la même source, à un intermédiaire, le prince saoudien Badr ben Abdellah, pour acheter le tableau représentant le Christ. Le WSJ citant des rapports du renseignement américain qui s’intéressait à l’époque au jeune trentenaire qui prenait progressivement le pouvoir et symbolisait l’évolution récente du royaume ultraconservateur, selon plusieurs médias occidentaux.


Remise en question, l’œuvre la plus chère vendue n’a pas encore exposée au public. Quelques jours après l’annonce de l’acquisition, le Louvre Abu Dhabi annonçait que le tableau allait être exposé son musée inauguré en novembre 2017. Près d’une année après, le même musée annonçait le report de l’exposition, sans pour autant fournir d’explications. Depuis, le tableau est demeuré en réserve. La presse spécialisée, mais aussi généraliste, s’interroge depuis sur la disparition du « Salvator Mundi » que le Musée de Abu Dhabi présentait comme « un cadeau au monde ».


Une surenchère alimentée par une rivalité qatarie ?

Selon des révélations du Telegraph, le Louvre parisien aurait demandé au Louvre d’Abu Dhabi de lui emprunter le tableau pour une exposition dédiée à De Vinci à l’occasion du 500e anniversaire de la mort du maître de la Renaissance italienne. Mais selon des sources internes, citées par le média britannique, « peu de conservateurs au Louvre pensent qu’il s’agit d’une réalisation de Leonard de Vinci. S’il vient à être exposé, il le sera en tant qu’ œuvre d’atelier », précise-t-on. Selon d’autres sources, il pourrait éventuellement s’agir au mieux de l’œuvre  Bernardino Luini, un disciple de Leonard de Vinci.


Les hésitations du Louvre parisien pourraient donc refroidir l’illustre acquéreur du tableau à le montrer au public. Selon le Telegraph, si jamais l’œuvre est présentée comme une « œuvre d’atelier » de Léonard De Vinci, sa valeur pourrait s’effondrer à 1,5 millions de dollars. Une perte colossale pour MBS et son musée d’Abu Dhabi.


Vendu lors d’une vente aux enchères chez Christie’s à New York, c’est à l’initiative de Maison Al Saoud que le prix du « Salvator Mundi » a pu atteindre un prix aussi vertigineux. A en croire le Telegraph, citant le critique d’art Ben Lewis, les Saoudiens ont payé un prix si élevé parce qu’ils croyaient que l’autre partie engagée dans les enchères était représentative d’une famille royale rivale. Nous pouvons être à peu près sûrs qu’ils pensaient faire concurrence aux Qataris, explique-t-il. En réalité, le sous-soumissionnaire n’était autre qu’un milliardaire chinois, Liu Yiqian.


Actuellement, le tableau se trouverait en Suisse, dans un entrepôt. Selon des révélations du New York Times qui avait consacré au tableau une enquête en mars dernier, une personne avait été mobilisée pour examiner le tableau à Zurich, épaulée par une compagnie d’assurance. L’examen avait été finalement annulé à la dernière minute et l’expert zurichois, un certain Daniel Fabian, avait refusé de commenter cette volte-face…