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Comprendre l’actualité par les données
27.05.2026 à 18 H 28 • Mis à jour le 27.05.2026 à 18 H 28

Canicule précoce : ce que la science projette déjà pour le Maroc

Plutôt que d'aligner les records de stations, exercice qui sature l'actualité sans rien expliquer, la climatologie offre depuis une décennie deux questions plus utiles. Combien de degrés cet épisode doit-il au réchauffement d'origine humaine ? Et à quoi ressemblera, en 2050, une canicule de fin mai au Maroc ? Les réponses existent, elles sont chiffrées












  • ≈ 0 °C : variabilité naturelle sans réchauffement (scénario préindustriel)

  • +8 à +10 °C : anomalie maximale observée sur le Maroc au 24 mai 2026

  • +10 à +12 °C : anomalie projetée à l’horizon 2050 selon un scénario médian du GIEC


Science d’attribution




  • Canicules méditerranéennes rendues jusqu’à ×100 plus probables (jusqu’à ×1000 selon certaines études)

  • Intensité accrue de +3 °C à +3,5 °C dans un climat réchauffé

  • La canicule de juillet 2024 en Méditerranée n’aurait pas été physiquement possible sans influence humaine


Réchauffement observé en Méditerranée


Écart aux normales 1961-1990 :




  • Températures diurnes : environ +1,4 °C en 2020

  • Températures nocturnes : environ +2,1 °C en 2020


Echelle de l’anomalie thermique


Palette de température :




  • de −12 °C à +12 °C


Sources mentionnées




  • World Weather Attribution (avril 2023, juillet 2024, juin 2025)

  • GIEC AR6, chapitre Afrique

  • MedECC

  • Climate and Environmental Change in the Mediterranean Basin (2020)

  • AIE

  • National Climate Resilience Assessment for Morocco (2023)

  • Copernicus Climate Change Service (C3S)

  • ERA5 du 24 mai 2026








Infographie version texte

Pendant que l’actualité compare les pointes à Khemisset, Smara ou Taroudant, une autre lecture de l'épisode de canicule que vit ce mois de mai au Maroc se construit en parallèle, dans les universités et les centres météorologiques européens. Elle s'appuie sur une discipline jeune mais désormais robuste : la science de l'attribution. Le principe est simple. On simule deux mondes : celui dans lequel nous vivons, avec 1,3 °C de réchauffement global par rapport à l'ère préindustrielle, et un monde contrefactuel où ce réchauffement n'aurait pas eu lieu. On y rejoue, des dizaines de milliers de fois, l'événement étudié. La comparaison statistique permet de répondre à deux questions précises : de combien le changement climatique a-t-il rendu cet épisode plus probable, et de combien l'a-t-il rendu plus intense. L'organisation de référence, World Weather Attribution, publie ces analyses en 8 à 15 jours. Pour le Maroc et son voisinage immédiat, trois études déjà parues balisent solidement la lecture de l'épisode actuel.


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