Canicule précoce : ce que la science projette déjà pour le Maroc
Plutôt que d'aligner les records de stations, exercice qui sature l'actualité sans rien expliquer, la climatologie offre depuis une décennie deux questions plus utiles. Combien de degrés cet épisode doit-il au réchauffement d'origine humaine ? Et à quoi ressemblera, en 2050, une canicule de fin mai au Maroc ? Les réponses existent, elles sont chiffrées
Pendant que l’actualité compare les pointes à Khemisset, Smara ou Taroudant, une autre lecture de l'épisode de canicule que vit ce mois de mai au Maroc se construit en parallèle, dans les universités et les centres météorologiques européens. Elle s'appuie sur une discipline jeune mais désormais robuste : la science de l'attribution. Le principe est simple. On simule deux mondes : celui dans lequel nous vivons, avec 1,3 °C de réchauffement global par rapport à l'ère préindustrielle, et un monde contrefactuel où ce réchauffement n'aurait pas eu lieu. On y rejoue, des dizaines de milliers de fois, l'événement étudié. La comparaison statistique permet de répondre à deux questions précises : de combien le changement climatique a-t-il rendu cet épisode plus probable, et de combien l'a-t-il rendu plus intense. L'organisation de référence, World Weather Attribution, publie ces analyses en 8 à 15 jours. Pour le Maroc et son voisinage immédiat, trois études déjà parues balisent solidement la lecture de l'épisode actuel.
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