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25.08.2016 à 12 H 22 • Mis à jour le 02.09.2016 à 14 H 14

En carte : « Kandahar », le no man’s land entre le Maroc et la Mauritanie

Les autorités ont entamé des travaux de goudronnage à l’extrême sud du royaume, entre les postes-frontières marocain et mauritanien. Une zone surnommée « Kandahar » à cause des trafics en tout genre qui s’y déroulent. Où se trouve exactement cette zone ?



L’opération « d’assainissement » lancée le 14 août dernier par les forces de sécurité marocaines au niveau de Guerguerat, à la frontière sud avec la Mauritanie, a provoqué une levée de boucliers à Tindouf. Dans une lettre envoyée le 15 août au secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, le Polisario a accusé le Maroc de violer les accords militaires conclus avec la Minurso suite au cessez-le-feu de 1991, qui stipulent qu’aucune présence militaire n’est autorisée au sein de la « zone tampon », cette bande de 5 km de large située au sud et à l’est du mur de défense.


Le porte-parole adjoint du Secrétariat général de l’ONU a affirmé le 18 août dernier que la Minurso n’avait pas observé d’équipement ni de présence militaire marocaine dans la zone tampon, seulement des véhicules civils. Il expliquait alors que la Mission « maintient ses contacts avec chaque partie afin de vérifier les faits concernant l’incident supposé  ».


La nature de l’opération marocaine a finalement été dévoilée ce lundi par la wilaya de Dakhla : il s’agit de goudronner un tronçon de 3,8 km. Les autorités ne le précisent pas mais il s’agit du passage entre le poste de Guerguerat et la frontière mauritanienne, ouvert au public en 2002. Des photos et vidéos publiées par le site indépendantiste Futuro Sahara confirment le démarrage des travaux en présence de la gendarmerie royale militaire.


Situé dans la zone tampon, ce tronçon est constitué jusqu’à présent de simples pistes sur lesquelles les véhicules s’embourbent facilement. L’absence de forces de l’ordre a incité les trafics en tout genre et lui ont valu le surnom de « Kandahar ». Les ONG internationales témoignent également de cas de plusieurs migrants subsahariens qui y ont été refoulés par les autorités ces dernières années et que la Mauritanie refusait de laisser entrer sur son territoire.


L’Etat avait déjà tenté en 2001 d’entamer ces travaux de goudronnage, appuyés par une compagnie d’infanterie des FAR, mais la Minurso ainsi que « plusieurs états membres  » de l’ONU avaient à l’époque convaincu le Maroc de faire marche arrière, selon les rapports annuels du Secrétariat général. Quinze ans plus tard, le contexte sécuritaire et les rapports de force ont bien changé.


Les premiers bénéficiaires de ce nouveau tronçon seront les touristes et les transporteurs, de plus en plus nombreux à emprunter l’axe routier Tanger-Dakar, notamment depuis l’inauguration en 2006 de la nouvelle route entre Nouakchott et Nouadhibou.